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Vaccination des enfants contre la COVID-19: la décision revient aux parents

Par Marie-Eve Shaffer
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Plus de 20 mois après le début de la pandémie de COVID-19, c’est au tour des enfants de 5 à 11 ans d’être vaccinés. Si vous êtes parent d’un jeune de cet âge, vous devez décider s’il lèvera sa manche ou non.

«C’est un choix personnel. Il faut prendre le temps qu’il faut pour [poser des] questions et se sentir à l’aise», a affirmé le premier ministre François Legault, au cours d’un point de presse organisé pour lancer cette nouvelle étape dans la campagne de vaccination contre la COVID-19.

M. Legault a dit vouloir éviter que des enfants soient montrés du doigt parce qu’ils ne sont pas vaccinés. Il a précisé que ces derniers n’auront pas à présenter le passeport vaccinal pour manger dans un restaurant ou assister à un spectacle.

Si vous décidez de faire vacciner votre progéniture, vous pourrez l’accompagner dans un centre de vaccination en prenant rendez-vous dans le portail Clic Santé. Vous pouvez aussi la laisser rencontrer un vaccinateur en compagnie de ses camarades de classe dès le 29 novembre. Selon les écoles, les élèves se feront vacciner sur place ou ils seront conduits à un centre de vaccination.

Le gouvernement du Québec a bon espoir que tous les enfants de 5 à 11 ans qui ne présentent pas de contre-indication pourront obtenir une première dose avant le temps des Fêtes, si leurs parents donnent leur accord. Ils sont 650 000 dans cette tranche d’âge au Québec.

Le tiers de la dose des plus âgés

Deux doses de 10 microgrammes du vaccin de Pfizer-BioNTech, qui a récemment été autorisé par Santé Canada, seront données à ces enfants. Cela représente le tiers de la dose offerte aux personnes âgées de 12 ans et plus. Ceux qui ont déjà été infectés par la COVID-19 pourront en recevoir une seule.

À l’instar du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI), le Comité d’immunisation du Québec (CIQ) a recommandé qu’un intervalle de huit semaines s’écoule entre les deux doses. «Un tel intervalle pourrait améliorer tant l’efficacité que l’innocuité de la vaccination», indique-t-il dans un avis transmis au gouvernement du Québec.

L’efficacité du vaccin conçu par le consortium germano-américain pour les jeunes de moins de 12 ans atteint 90,7 %, d’après les résultats des essais cliniques.

Les effets secondaires

Les effets secondaires ressentis par les enfants au cours des essais cliniques s’apparentent à ceux observés chez les autres personnes vaccinées: de la fatigue, des maux de tête, des douleurs musculaires, des frissons, de la fièvre et des douleurs articulaires. Ces désagréments temporaires, qui apparaissent généralement dans les quatre jours suivant l’injection, sont plus nombreux après la deuxième dose. Aucun cas d’allergie n’a été signalé et aucun décès n’est survenu.

«On suit de très près les cas de myocardite et d’inflammation du cœur, souligne le Dr Nicholas Brousseau, médecin-conseil de l’Institut national de santé publique (INSPQ) et président du CIQ. La bonne nouvelle, c’est que, dans les études cliniques, il n’y a eu aucun cas chez les 5 à 11 ans.»

Si l’INSPQ demeure à l’affût, c’est que des cas de myocardite et de péricardite ont été rapportés parmi les adolescents et les jeunes adultes, majoritairement de la gent masculine. Dans la semaine suivant la vaccination contre la COVID-19, ils ont ressenti des douleurs à la poitrine et ont éprouvé des difficultés respiratoires. Si vous constatez que votre enfant ressent ces effets secondaires, consultez rapidement un médecin.

Vaccination justifiée?

À peine 1,1 % des enfants de moins de 10 ans ont été hospitalisés après avoir contracté la COVID-19 depuis le début de la pandémie. Dans les circonstances, est-il justifié de les vacciner?

À l’heure actuelle, pendant cette quatrième vague, les petits âgés de neuf ans et moins forment le groupe de la population le plus infecté par la COVID-19. Ils représentent 20 % des cas, d’après les données de l’INSPQ. Dès qu’ils reçoivent un résultat positif ou s’ils ont côtoyé une personne contaminée, ils doivent s’isoler pendant 10 jours, ce qui les empêche de fréquenter l’école.

«[Ces enfants] sont aussi des vecteurs importants de transmission, souligne le Dr Brousseau. On s’attend à ce que cette vaccination aide à ralentir la transmission de la maladie.»

Même s’ils ne sont pas très malades pendant qu’ils sont infectés, ces jeunes peuvent développer des complications dans les semaines suivantes. Environ 6 enfants sur 100 000 sont frappés par le syndrome inflammatoire multisystémique (SIM) au Canada, d’après le CIQ. «[Ces jeunes] font une forte réaction qui peut toucher certains organes, le cœur notamment, précise le médecin-conseil de l’INSPQ. Ce syndrome peut occasionner des problèmes de santé très graves.»

Des enfants souffrent également de la COVID longue. De 0,7 à 4,6 % des mineurs en sont atteints, mentionne le CIQ dans son avis. Ils ressentent de la fatigue, des douleurs musculaires, des maux de tête, de l’insomnie et des difficultés respiratoires jusqu’à 12 semaines après avoir été infectés, et même 8 mois plus tard dans certains cas.

Consentement libre et éclairé

En tant que parent, c’est donc à vous que revient la décision de faire vacciner ou non votre enfant. Si vous allez de l’avant, vous devez donner un consentement libre et éclairé, de façon verbale ou par écrit.

Votre partenaire et vous ne partagez pas le même point de vue? Si vous n’êtes pas en mesure de vous entendre, c’est le tribunal qui tranchera, précise le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le point sur les troisièmes doses

Les résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHLSD) ont tous reçu une troisième dose du vaccin contre la COVID-19. Les équipes de vaccination sont actuellement à pied d’œuvre pour donner une nouvelle dose aux personnes qui vivent dans les résidences privées pour aînés (RPA) ainsi qu’à celles âgées de 70 ans et plus qui ont reçu la deuxième dose il y a plus de six mois. Pour le moment, le CIQ ne recommande pas d’administrer une troisième dose au reste de la population admissible à la vaccination, à l’exception des personnes immunosupprimées.

>> À lire aussi : Québec se prépare pour la saison de la grippe et Vaccination scolaire : l’heure est au rattrapage

 

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  • Par MARCEL LAURIN
    25 Novembre 2021

    Aucun décès rapporté ? Pourquoi ne pas publier les résultats dans les autres pays ! Après tout, votre travail est de protéger et d'informer !
    Q- Est-ce que santé Canada font des tests où se fie aux rapports remis par les pharmas ?

    journalist
    Par CéLINE MONTPETIT de Protégez-Vous
    26 Novembre 2021

    Bonjour Monsieur Laurin,

    Voici la réponse de la journaliste Marie-Eve Shaffer à votre commentaire:

    "Avant d’approuver le vaccin de Pfizer-BioNTech pour les enfants âgés de 5 à 11 ans, Santé Canada a examiné les résultats des essais cliniques. Plus de 3000 enfants venant des États-Unis, de la Finlande, de la Pologne et de l’Espagne y ont participé. Au terme de ces essais cliniques, aucun décès n’a été rapporté, comme je le mentionne dans mon article. Comme pour les autres vaccins contre la COVID-19, Santé Canada demeure à l’affût des effets secondaires graves, comme vous pouvez le voir ici: https://sante-infobase.canada.ca/covid-19/securite-vaccins/sommaire.html.

    La santé publique suit également les données qui pourraient provenir d’autres pays, comme Israël ou les États-Unis. Ce suivi a par exemple poussé le Comité d’immunisation du Québec à recommander que le vaccin de Pfizer-BioNTech soit administré aux jeunes de 12 à 17 ans plutôt que celui de Moderna en raison des risques de péricardite et de myocardite.