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Tout ce que vous devez savoir sur le nouveau vaccin bivalent BA.1

Par Lyes Mahouche
vaccin-bivalent LookerStudio/Shutterstock.com

Le Canada a approuvé un premier vaccin bivalent adapté au variant BA.1 qui a frappé le monde entier en début d’année. Il est administré en dose de rappel au Québec depuis le début du mois de septembre. Voici ce que vous devez savoir sur ce nouveau vaccin, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) laisse entrevoir la fin de la pandémie.

C’est quoi, un vaccin bivalent?

Un vaccin bivalent est un vaccin qui agit en stimulant une réponse immunitaire contre deux antigènes différents plutôt qu’un seul. Ainsi, le vaccin Spikevax bivalent original-Omicron de Moderna récemment approuvé est conçu pour faire face au virus original SARS-CoV-2 ainsi qu’au sous-variant BA.1 du variant Omicron. Le variant Omicron a subi une cinquantaine de mutations par rapport à la souche originale pour laquelle les vaccins sont conçus. Ainsi, en théorie, ce nouveau vaccin serait plus adapté aux moutures plus récentes du virus.

Qui y a droit?

Le nouveau vaccin est offert d’emblée à toute personne âgée de plus de 30 ans qui se présente pour obtenir une dose de rappel. Comme le vaccin Moderna original, il n’est pas directement offert aux moins de 30 ans à cause de rares occurrences de myocardites et de péricardites survenues à la suite de la seconde dose. Même si le Comité d’immunisation du Québec (CIQ) recommande le vaccin Comirnaty original de Pfizer-BioNTech, les personnes âgées de 12 à 29 ans peuvent demander à avoir accès au vaccin bivalent lors de leur rendez-vous.

Le vaccin bivalent n’étant pas autorisé pour les enfants, le CIQ recommande d’utiliser le Comirnaty pédiatrique pour la primovaccination et les doses de rappel pour les enfants âgés de 5 à 11 ans. Pour ceux de 6 mois à 4 ans, le Spikevax doit être utilisé.

Le vaccin bivalent est-il plus efficace?

Selon les premiers résultats, ce nouveau vaccin permettrait de produire environ 1,6 fois plus d’anticorps qu’une dose de rappel du vaccin régulier. À noter que ça ne signifie pas qu’il est 1,6 fois plus efficace que le vaccin actuel puisqu’un très grand nombre de facteurs doivent être pris en compte pour évaluer l’efficacité d’un vaccin. Les bénéfices réels restent donc à déterminer, surtout dans la situation épidémiologique actuelle. En effet, le variant BA.1 n’est plus le variant dominant. Il a été supplanté par les variants BA.4 et BA.5, qui représentent plus de 99 % des infections, selon les dernières données de l’INSPQ. Néanmoins, selon Santé Canada, le vaccin bivalent génère une bonne réponse immunitaire contre les sous-variants Omicron BA.4 et BA.5.

Comme l’explique Nicholas Brousseau, médecin en santé publique à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), «la réponse immunitaire est la seule donnée disponible. On ne sait pas encore vraiment quelle différence il y aura réellement par rapport au vaccin régulier». Ainsi, même si l’arrivée d’un nouveau vaccin plus à jour est une bonne nouvelle, on ne s’attend pas à une révolution. «Le plus important, c’est d’avoir une vaccination complète à temps pour l’automne», insiste le Dr Brousseau.

Faut-il plutôt attendre un nouveau vaccin adapté aux variants BA.4 et BA.5?

La question est légitime, alors que ce sont ces variants qui circulent et que les autorités sanitaires européennes et américaines ont déjà approuvé les vaccins conçus pour les contrer. Pfizer a fait parvenir sa demande d’approbation pour son vaccin BA.4 et BA.5 à Santé Canada le 2 septembre. Le géant pharmaceutique avait aussi envoyé une demande pour son vaccin BA.1 le 25 juillet dernier (environ un mois après Moderna). Tous deux sont en cours d’évaluation.

Ces vaccins de type BA.4 et BA.5 n’ont cependant pas encore été testés sur des humains. Ainsi, même s’ils finissaient par être approuvés par Santé Canada, il serait difficile de savoir quand ils seraient disponibles.

Aussi, à l’approche de la saison froide, qui rime bien souvent avec une recrudescence des cas, les experts sont unanimes: si vous êtes éligible, prenez votre dose de rappel sans attendre, surtout si vous faites partie d’une population à risque. La protection vaccinale diminue graduellement et il est important d’avoir une vaccination à jour. La Santé publique recommande à tous les adultes d’aller chercher une dose de rappel si leur dernière vaccination remonte à plus de cinq mois ou que leur dernière infection à la COVID-19 remonte à plus de trois mois.

«La troisième dose est conseillée pour tous depuis Omicron. Elle rafraîchit l’immunité, ce qui aide à réduire les symptômes», indique le Dr Brousseau. C’est encore plus vrai pour les populations vulnérables. Il est recommandé aux personnes de 60 ans et plus, aux travailleurs de la santé et à ceux qui sont aux prises avec une maladie chronique d’être à jour dans leur vaccination à temps pour l’automne.

Doit-on s’attendre à voir de nouveaux vaccins régulièrement?

Selon le Dr Brousseau, cela dépendra de l’évolution de la maladie et de la vitesse de mutation du virus. Les vaccins ARN sont relativement facile à mettre à jour, mais le virus de la COVID s’est montré très imprévisible jusqu’à maintenant.

En date du 16 septembre, seulement 22 % de la population avait une vaccination à jour, soit datant de moins de cinq mois. Chez les plus de 70 ans, qui représentent la grande majorité des hospitalisations (71 % selon les données de VaccineTracker), c’est 62 %. Ce nouveau vaccin pourrait donner un petit coup de pouce à la campagne vaccinale qui tourne au ralenti depuis les sommets atteints en ce début d’année.

>> À lire aussi: COVID-19: ce qu’il faut savoir sur les doses de rappel et Dès octobre, vous pourrez vous faire vacciner contre la grippe et la COVID-19 en même temps

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