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Tampons hygiéniques: les femmes mieux protégées au Canada?

Par Rémi Leroux
Tampons hygiéniques: les femmes mieux protégées au Canada?

En France, une pétition réclamant l’affichage de la composition des protections hygiéniques a reçu plus de 56 000 signatures depuis le mois d’août.

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Photo: Shutterstock

Coton, viscose, polyéthylène, polyester, parfum, colorants… Mais de quoi sont donc fabriqués les tampons et les serviettes hygiéniques? En France, une pétition a été lancée au mois d’août pour réclamer plus de transparence de la part des fabricants de protections périodiques qui n’ont pas l’obligation d’en afficher la composition. L’affaire fait grand bruit et la pétition a recueilli plus de 56 000 signatures en quelques semaines.


La rumeur de présence d’amiante

Autre pays, autre affaire reliée à l’utilisation des tampons. En mai 2015, aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA), homologue américain de Santé Canada, a été contrainte de publier une alerte pour démentir une rumeur persistante relayée par les réseaux sociaux. Selon la FDA, la rumeur suggérait que les fabricants américains de protections périodiques – les Tampax, Playtex et autres Kotex de ce monde – ajoutaient de l’amiante dans la composition des tampons pour provoquer des règles plus abondantes et, ainsi, inciter les consommatrices à acheter davantage de tampons.

Tout en affirmant qu’aucun composant du type «amiante» n’était utilisé dans la fabrication des tampons, la FDA a rappelé à cette occasion que les tampons sont majoritairement faits de coton, de rayonne ou d’un mélange des deux tissus (la rayonne est un produit synthétique constitué de cellulose, un produit dérivé de la pulpe de bois). Les fabricants ont l’obligation d’afficher la composition matérielle des tampons.

Allergènes?

Mais la présence de certains composés de synthèse qui entrent dans la composition des tampons peut provoquer d’autres inconvénients, notamment des réactions allergiques. Aux États-Unis toujours, une élue new-yorkaise, Carolyn Maloney, se bat depuis plus de 15 ans pour faire passer une proposition de loi (en anglais) qui établirait «un programme de recherche sur les risques induits par la présence de dioxine, de fibres synthétiques, de parfums chimiques et d’autres composants dans les produits destinés à l’hygiène féminine». Son texte doit de nouveau être présenté devant le Congrès américain cet automne.

Et au Canada?

Santé Canada rappelle sur son site Internet que les tampons menstruels sont réglementés «à titre de dispositifs médicaux», contrairement à la France, où ils sont considérés comme des articles d’hygiène, de la même manière que les mouchoirs en papier ou le papier essuie-tout.

Au pays, «les fabricants doivent fournir des renseignements précis sur leur pouvoir absorbant et les afficher sur l’étiquette du produit. L’étiquette doit fournir des informations sur les risques et les symptômes du syndrome de choc toxique, de même que sur les mesures à prendre en présence de ces symptômes».

Mais, surtout, les fabricants sont contraints d’afficher sur l’emballage des renseignements sur «la composition matérielle du tampon en énumérant les matériaux de fabrication, y compris les additifs, les désodorisants, les agents mouillants et les agents conservateurs».

Choc toxique: attention danger!

En France, la jeune femme à l’origine de la pétition réclamant plus de transparence sur la composition des produits d’hygiène féminine a expliqué avoir entrepris sa démarche après avoir découvert l’histoire de la jeune mannequin américaine et joueuse de basket, Lauren Wasser.

En 2012, la jeune femme a été victime d’un choc toxique provoqué par l’utilisation d’un tampon à la suite duquel elle a perdu une jambe. Le Toxique Shock Syndrome (TSS), en anglais, est provoqué par des toxines libérées par certaines souches de bactéries courantes présentes dans l’organisme, en particulier sur les membranes muqueuses. L’utilisation de tampons est susceptible de favoriser le développement de la toxine TSST-1, la bactérie dont a été victime Lauren Wasser.

Le TSS est plutôt rare aujourd’hui et les cas ne sont pas toujours liés aux menstruations; la FDA souligne qu’environ la moitié sont associés à l’utilisation de tampons.

Santé Canada rappelle par ailleurs sur son site Internet que les scientifiques n’ont pu déterminer le lien exact entre l’utilisation des tampons et le syndrome de choc toxique: «Plusieurs facteurs peuvent intervenir, notamment les pratiques d’hygiène et la période pendant laquelle le tampon est laissé en place. Le pouvoir absorbant semble jouer un rôle, car on note un nombre accru de cas chez les femmes utilisant des tampons au pouvoir absorbant plus élevé.»

Protections périodiques: des produits essentiels

Depuis le 1er juillet 2015, le gouvernement canadien a supprimé la taxe fédérale sur les protections périodiques. La taxe sur les produits et services (5 %) ne s’applique donc plus aux serviettes et ceintures hygiéniques, tampons, coupelles menstruelles, etc. Tous ces produits restent cependant assujettis à la taxe de vente du Québec (TVQ), dont le taux est fixé à 9,975 %.