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Suspension du passeport vaccinal: délivrance ou source de stress?

Par Marie-Eve Shaffer
passeport-vaccinal-fin Shutterstock.com

Dès le 14 mars, le passeport vaccinal sera chose du passé au Québec… jusqu’au prochain soubresaut de la pandémie de COVID-19. D’ici là, serez-vous à l’aise de manger au restaurant, de vous entraîner au gym ou d’assister à un spectacle sans savoir si vos voisins sont vaccinés?

Depuis le 16 février, vous n’avez plus à montrer votre code QR à l’entrée des commerces de grande surface ni dans les succursales de la SAQ et de la Société québécoise du cannabis (SQDC). Les lieux de culte seront dispensés de la corvée de validation des preuves vaccinales dès le 21 février et, à partir du 14 mars, s’ajouteront les restaurants, salles de spectacle, cinémas, gyms et résidences pour aînés.

Les voyageurs internationaux devront toutefois conserver leur passeport vaccinal pour prouver qu’ils sont adéquatement vaccinés contre la COVID-19.

Des assouplissements qui sont accueillis avec satisfaction par certains et inquiétude par d’autre.

Fini, la validation des codes QR

Sophie, 46 ans, qui dirige un commerce de grande surface dans le Bas-Saint-Laurent, était très heureuse lorsqu’elle a appris que le passeport vaccinal ne serait plus exigé pour entrer dans les magasins. Elle-même a dû vérifier des codes QR. «Ça scrape une journée!» lance-t-elle, en évoquant les clients en colère contre cette mesure sanitaire.

D’un point de vue plus personnel, la suspension du passeport vaccinal ne signifiera pas pour elle un retour à la normale. Même en ne sachant pas si ses voisins sont vaccinés, elle fréquentera les salles de spectacle, mais en portant un masque. Par contre, elle ne se voit pas fréquenter un centre d’entraînement physique. «Est-ce que les appareils sont vraiment nettoyés après chaque usage? Tout le monde sue et respire fort. Je ne serais pas à l’aise», laisse-t-elle tomber.

En mode vigilance

Étant immunosupprimé, Yves, 59 ans, sera pour sa part plus vigilant lorsque le passeport vaccinal sera suspendu. Déjà, il a l’habitude de rentrer dans un restaurant seulement si la salle à manger est peu occupée. Même chose dans les salles de spectacle. À l’automne, il s’y présentait seulement s’il pouvait trouver une place isolée, «avec sept ou huit sièges libres à côté», précise-t-il. Aujourd’hui, il envisage, quand la preuve vaccinale ne sera plus exigée, de s’adonner à d’autres loisirs, comme le cinéma à la maison et la lecture.

«Omicron n’est pas disparu»

Josée, 56 ans, a déjà comme habitude de fréquenter les lieux où seulement les personnes vaccinées sont admises, et elle entendait continuer ainsi, au moins jusqu’à l’été, ce qui sera impossible avec la suspension du passeport.

«Passeport, pas passeport, Omicron n’est pas disparu», souligne l’informaticienne. Elle pense toutefois déroger de sa ligne de conduite si son fils lui en fait la demande. «S’il veut aller au cinéma, je vais y aller, mais je ne pousserai pas pour y aller. Et je vais garder mon masque», mentionne-t-elle.

Yves, qui travaille dans le milieu de l’éducation, juge que le gouvernement du Québec met de côté trop rapidement le passeport vaccinal. «Il change d’idée selon les sondages», avance-t-il, tout en évoquant les nombreuses volte-face dans les mesures sanitaires instaurées dans les écoles, notamment concernant le port du masque et les risques de transmission entre les enfants.

Josée, elle, se demande pourquoi le passeport vaccinal est suspendu si rapidement. «J’ai l’impression que ce n’est pas réfléchi et qu’il y a des considérations qui ne touchent pas le système de la santé», dit-elle. Elle comprend qu’il y a un sentiment d’exaspération généralisé dans la population. «Mais ça ne veut pas dire que c’est free-for-all, ajoute-t-elle. C’est à chacun de prendre ses responsabilités.»

La donne a changé avec Omicron


Le directeur de la santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau, a souligné en point de presse que le passeport vaccinal a été d’une grande utilité pour lutter contre le variant Delta, mais que la donne a changé depuis l’apparition du variant Omicron.


«Les données médicales cliniques nous montrent clairement que deux doses de vaccin ne permettent pas de réduire de beaucoup la contagion [du variant Omicron], a-t-il expliqué. On parle d’à peu près 50 %. Ce n’était pas suffisant pour générer la protection qu’il offrait il y a quelques semaines ou mois à peine avec le Delta.»


«Mais on pourrait avoir encore besoin [du passeport vaccinal]», a avisé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, tout en vous recommandant de conserver l’application VaxiCode sur votre téléphone intelligent.

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  • Par NATHALIE THIBAULT
    17 Février 2022

    Apres deux ans a vivre avec le Covid, est-ce qu'on peut arreter de voir des articles sur ce sujet? je pense qu'on en a assez entendu parler . Ce serait interessant de voir et lire du positif en rapport avec tout autres sujets que le covid. Assez c'est assez. Donnez-nous du contenu plus joyeux a lire et des test sur plus d'articles ou produits menagers ou nourriture et on va etre bien content avec ca.

  • Par PIERRE MARTIN
    17 Février 2022

    Le gouvernement de la CAQ gouverne par sondages, il avance et recule selon la crainte des opposants aux mesures sanitaires. D’ailleurs, sur la majorité des enjeux, il a lâchement abandonné! Pourquoi ne pas exiger la 3e dose pour le passeport vaccinal? Recommander celle-ci pour ne plus en tenir compte par la suite. Quelle incohérence!!

  • Par RAYMOND LECLERC
    17 Février 2022

    Il semble que votre journaliste ne soit pas neutre; les témoignages présentés sont tous en faveur du passeport vaccinal.

  • Par RICHARD FALARDEAU
    16 Février 2022

    Je suis abasourdi par les propos de vos lecteurs qui auraient gardé ce faux sentiment de sécurité qu'est le passe sanitaire sachant que l'ont soit vacciné ou non vacciné nous pouvons attrapé ou transmettre le virus! Gérons notre risque en fonction de notre âge, notre condition de santé et nos proches et ça va bien aller! Le sanitarisme est néfaste pour la santé mental, le développement des enfants et l'économie!