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Retour à la cabane à sucre

Par Florence Dujoux
cabane-a-sucre-2 Shutterstock.com

Bonne nouvelle pour les acériculteurs et les becs sucrés: dès le 12 mars, les cabanes à sucre pourront ouvrir leur salle à manger à 100 % de leur capacité, sans passeport vaccinal. Une bouffée d’air frais après deux années difficiles pour l’industrie.

Dans certains établissements, l’enthousiasme était si grand que les portes ont été rouvertes avant même que l’eau d’érable ne commence à couler. La Tablée des Pionniers, relocalisée au bas des pistes de ski du Mont Blanc, dans les Laurentides, offre ainsi une nouvelle formule de tablée à volonté depuis le 25 février.

«Dès que les assouplissements sanitaires ont été annoncés, les réservations sont parties en flèche: tous les weekends sont déjà complets, on refuse du monde!, se réjouit Marie-Claude Laverdière, gérante de la cabane Au Bec Sucré, à Valcourt, en Estrie. Mais on va opérer à 80-90 %, on va se garder une petite gêne...»

D’autres érablières conserveront leur salle à manger fermée pour la saison. Le manque de personnel, l’incertitude liée au contexte sanitaire, la difficulté à gérer simultanément l’organisation des repas en salle, la confection de boîtes-repas à emporter et la production de sirop d’érable constituent les raisons les plus fréquemment évoquées.

«Nous avons pris la décision de garder les salles à manger de nos cabanes à sucre fermées afin d’unir nos énergies à l’élaboration de notre menu en ligne», lit-on sur les réseaux sociaux de la cabane à sucre Au pied de Cochon et de sa petite sœur, La Cabane d’à Côté. Les solutions de rechange: se rendre au restaurant Au pied de Cochon à Montréal ou commander en ligne.

Un passage difficile

La pandémie n’a pas été sans conséquence sur le modèle d’affaires des cabanes à sucre. Selon les chiffres de l’Association des salles de réception et érablières commerciales du Québec (ASEQC), sur les 140 cabanes à sucre offrant des repas, pas moins de 75 % ont vu leur existence menacée par la crise sanitaire. Mais une seule a fermé ses portes, selon les chiffres de l’Association.

Plusieurs ont survécu grâce à l’initiative Ma cabane à la maison (MCAM), lancée en février 2021 par l’ASEQC. Cette plateforme propose de sélectionner la cabane à sucre de son choix, puis de commander des boîtes-repas, ramassées à l’érablière ou dans une épicerie Metro, ou livrées à domicile. Avec 70 cabanes à sucre participantes et 110 000 boîtes vendues en 2021, le projet a connu un énorme succès.

D’après un sondage réalisé par l’ASEQC en 2021, 75 % des clients de Ma cabane à la maison se disaient prêts à rééditer l’expérience, même si les salles à manger étaient à nouveau ouvertes.

Pérennité des boîtes-repas à emporter

Ma cabane à la maison se poursuit cette année, mais fait face au désistement d’une vingtaine d’érablières, qui critiquent le fait que la marque de commerce appartienne aux deux instigateurs du projet, Stéphanie Laurin, présidente et fondatrice de l’ASEQC, et Sylvain Arsenault, président de l’agence de communication marketing Prospek. Ainsi, elles disent contribuer à la réputation d’une marque qui pourrait être reprise par les propriétaires et leur faire concurrence.

Stéphanie Laurin répond que l’initiative assure de nouveaux revenus aux propriétaires d’érablière. Plusieurs milliers de commandes ont été passées depuis le 16 février 2022. «Ouvrir les salles à manger et commercialiser les boîtes-repas en parallèle donne une sécurité financière aux cabanes à sucre», fait-elle valoir. Selon elle, la formule permet de rejoindre une nouvelle clientèle et de prolonger le temps des sucres.

Christina Majeau, copropriétaire de la Cabane à sucre des Sportifs, à Saint-Esprit, dans Lanaudière, s’est retirée de Ma cabane à la maison cette année. «Je continue à proposer les boîtes-repas à mes clients parce que certains aiment rester chez eux, mais la plupart ont hâte au party du samedi soir, à l’orchestre et à la danse», précise-t-elle. Sans compter que les glissades et la tire d’érable attendent les enfants!

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