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Produits de santé naturels: démêler le vrai du faux

Par Protégez-Vous Mise à jour : 04 août 2015

Millepertuis, valériane, ginseng, ginkgo biloba… le fait qu’un produit soit «naturel» ne signifie pas qu’il est inoffensif pour la santé. Si vous faites partie des 71 % de Canadiens qui en utilisent, lisez ce qui suit!

Photo: Shutterstock

Les produits de santé naturels (PSN) dont la vente a été autorisée par Santé Canada doivent obligatoirement porter un numéro de produit naturel (NPN) ou un numéro de médicament homéopathique (DIN-HM) sur l'étiquette. Cette catégorie de produits inclut notamment les vitamines et minéraux, les plantes médicinales, les remèdes homéopathiques, les remèdes traditionnels, les probiotiques, les acides aminés et les acides gras essentiels. Les NPN et DIN-HM indiquent qu’ils sont classifiés à titre de produit de santé naturel et qu'ils sont régis par Santé Canada, mais cela ne signifie pas pour autant qu'ils sont sans danger. Parmi ces dix affirmations, saurez-vous repérer celles qui méritent certaines précisions... et celles qui sont carrément erronées ?


1. Les produits naturels sont sécuritaires et sans effets secondaires parce qu’ils sont… naturels.


Voilà un mythe tenace, même si, ces dernières années, bien des organismes et des professionnels de la santé ont mis le public en garde contre les risques associés à la consommation de produits naturels. Qu’on se le dise et se le répète, les plantes et les suppléments ne sont pas inoffensifs : ils doivent être consommés selon des indications et des dosages précis. Parfois, ils comportent des contre-indications importantes. De plus, certains peuvent provoquer des effets indésirables et leurs interactions avec des médicaments ou d’autres produits naturels peuvent entraîner des conséquences néfastes.

2. Les produits naturels sont fabriqués selon des standards de qualité très variables.

Tisanes, teintures et autres préparations : la plupart des produits de santé naturels s’inspirent bien sûr d’un savoir-faire ancestral. Cela dit, aujourd’hui, plusieurs sont fabriqués suivant un procédé rigoureusement contrôlé en laboratoire. Cet encadrement s’est intensifié avec la mise en place du Règlement sur les PSN de Santé Canada qui exige de « bonnes pratiques de fabrication ». Par exemple, dans le cas des extraits normalisés, les procédés employés permettent de garantir une teneur uniforme en ingrédients actifs d’un lot à l’autre.

3. Le NPN indiqué sur l’étiquette signifie que le produit est sécuritaire.

La présence du NPN ne dispense pas le consommateur d’utiliser son gros bon sens. Avant de prendre un supplément, on doit tenir compte de son état de santé personnel : prédispositions allergiques, consommation de médicaments, habitudes de vie (alcool, alimentation), présence de troubles ou de maladies, etc. Dans certains cas (si on est atteint d’une maladie cardiovasculaire, par exemple), il est impératif de consulter un professionnel de la santé.

4. Il n’y a pas de preuves scientifiques ayant démontré l’efficacité des produits naturels.

Certaines plantes demeurent, du point de vue scientifique, de grandes inconnues, bien qu’elles soient utilisées de façon traditionnelle depuis fort longtemps, parfois des millénaires. D’autres produits de santé naturels ont fait l’objet de nombreuses recherches, et leur efficacité repose donc sur une importante documentation. Les produits qui reçoivent leur NPN ont été jugés raisonnablement sécuritaires par Santé Canada. Le ministère accepte comme preuve plusieurs types de documentation, suivant la nature du produit et le niveau des allégations thérapeutiques qui y sont associées. Dans certains cas, il peut exiger des essais cliniques.

5. Les combinaisons de plantes sont plus efficaces que les plantes seules.

Difficile d’évaluer l’efficacité d’une combinaison de plantes parce que, justement, c’est une combinaison ! Chacun des ingrédients possède ses propres propriétés et mécanismes d’action, lesquels demeurent, dans bien des cas, encore mal connus. De plus, ces différents composants interagissent les uns avec les autres. Bien que la recherche sur le sujet ait quelque peu avancé ces dernières années, il reste encore beaucoup à faire. Cela dit, les combinaisons de plantes homologuées par Santé Canada sont reconnues comme étant efficaces. Par ailleurs, les différentes médecines traditionnelles (chinoise, indienne, etc.) travaillent généralement avec des complexes de plantes, cherchant à créer une synergie entre les différents ingrédients. Cette complémentarité permettrait de traiter les problèmes de santé de façon plus globale.

6. Certaines plantes et certains suppléments peuvent guérir des personnes atteintes de maladies graves comme le cancer et les maladies cardiovasculaires.

Gare aux guérisons miraculeuses ! Des plantes et des suppléments peuvent aider à prévenir l’apparition de ces maladies, mais jamais guérir une personne gravement malade. De la même façon, plusieurs produits de santé naturels peuvent contribuer à soulager les symptômes ou freiner la progression de certaines maladies et affections chroniques (l’arthrose, par exemple).

7. Les plantes et les suppléments sont «purs» parce que… naturels.

Pas toujours ! Les plantes et les suppléments peuvent être contaminés, bien que le risque soit désormais mieux contrôlé au Canada. Il vaut mieux éviter d’acheter des produits de santé naturels sans NPN et de commander sur Internet des produits en provenance de l’étranger. Une enquête du magazine Consumer Reports publiée en septembre 2010 démontrait que plusieurs produits de santé naturels vendus aux États-Unis contenaient des ingrédients dangereux pour la santé, dont des métaux lourds et des pesticides. Certains produits de santé naturels importés d’Asie font aussi régulièrement l’objet de sérieuses mises en garde en ce sens.

8. Multivamines pour femmes, sportifs, aînés... que du marketing?


Les suppléments qui s’adressent à des populations ciblées sont de plus en plus nombreux sur les tablettes. Dans certains cas, le marketing joue pour beaucoup : il faut donc se montrer plus critique lorsqu’un produit de santé naturel est vendu ainsi, alors que des produits comparables (et peut-être moins chers) à l’approche marketing plus large sont aussi offerts sur le marché. Néanmoins, il n’est pas faux de dire que selon notre âge, notre sexe et notre niveau d’activité physique, nos besoins nutritionnels et certains de nos besoins thérapeutiques sont différents. On pense par exemple aux suppléments de lycopène, utilisés pour la prévention du cancer de la prostate, ou aux phytoestrogènes, qui peuvent atténuer chez certaines femmes les symptômes liés à la ménopause. De plus, dans le cas des multivitamines, le ciblage peut tout à fait être pertinent : par exemple, il y a du fer dans les multivitamines pour femmes mais pas dans celles destinées spécifiquement aux femmes ménopausées ni dans celles destinées aux hommes, ce qui est une bonne chose.

9. Les meilleurs produits de santé naturels sont les plus chers.

Pas nécessairement ! La qualité du procédé de transformation et la concentration en ingrédients actifs peuvent justifier le coût élevé de certains produits de santé naturels. Mais bien d’autres facteurs entrent en ligne de compte, par exemple un important investissement en publicité, dont le coût doit être amorti. La vente à paliers multiples crée aussi une surenchère sur le prix des produits, sans garantie de qualité supérieure. Le règlement de Santé Canada aide désormais les consommateurs à faire leur choix : tous les produits ayant un NPN ont été évalués par Santé Canada et sont considérés «sécuritaires, de haute qualité et comme faisant ce que l’étiquette dit qu’ils font».

10. Aliments enrichis et produits de santé naturels... c’est trop.

Bien qu’il soit possible de consommer certains nutriments en trop grande quantité, la politique canadienne sur l’enrichissement des aliments fixe des limites afin de nous éviter ce problème. Ainsi, les doses qui sont ajoutées aux aliments correspondent à nos besoins physiologiques quotidiens et permettent de consommer ces aliments en quantités relativement importantes sans que cela présente de risque pour notre santé. Santé Canada établit également des limites pour le dosage des ingrédients médicinaux des
produits de santé naturels et exige que le dosage recommandé soit inscrit sur l’étiquette. En cas de doute, on demande conseil à un professionnel de la santé.

Pour en savoir plus sur un produit en particulier

La Base de données des produits de santé naturels homologués comprend plusieurs renseignements pour chacun des produits qui s'y trouvent, notamment le nom des ingrédients médicinaux et non médicinaux, la forme posologique du produit, les usages recommandés et les risques associés à son utilisation.

Précision: nous avons modifié un passage de l'article qui pouvait laisser entendre que le NPN représente une preuve d’efficacité, alors que l'attribution du NPN concerne surtout la sécurité et le processus de fabrication.

 
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