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Pourquoi le risque de crise cardiaque augmente en hiver

Par Johanne David
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Les crises cardiaques sont plus nombreuses en hiver, et ce n’est pas dû qu’au pelletage de la neige, indiquent certaines études épidémiologiques. Et bien que le froid ait une incidence sur le taux d’infarctus du myocarde, la relation de cause à effet reste à établir.

Vasoconstriction

Comment expliquer l’effet du froid sur l’infarctus du myocarde (crise cardiaque)? L’un des mécanismes mis de l’avant est la vasoconstriction des vaisseaux sanguins. À mesure que la température baisse, les vaisseaux sanguins se resserrent, leur diamètre diminue et la circulation sanguine s’accélère pour aider l’organisme à rester au chaud. Cette adaptation naturelle au froid se traduit par un ajustement de la tension artérielle à la hausse.

«Il y a eu une légère augmentation de crises cardiaques cet hiver, mais ce n’est pas seulement le froid qui est en cause, c’est plutôt dû à un ensemble de facteurs», souligne le Dr Martin Juneau, cardiologue et directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal.

Une chambre environnementale

Pour y voir plus clair, l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM) a mené ses propres recherches dans sa «chambre environnementale», une chambre à environnement contrôlé (une installation unique au Canada) où il est possible de recréer un environnement arctique (ou tropical, notamment en y contrôlant le taux d’humidité). Les recherches sont effectuées à des températures pouvant varier de -18 à 70° Celsius.

Les résultats des tests d’effort réalisés sur des patients de l’ICM ont indiqué qu’à -8°, 70 % des personnes disaient n’avoir senti aucun effet dû au froid durant l’épreuve, tandis que les 30 % restants ont dit ressentir des douleurs dans la poitrine – rien d’étonnant puisqu’il s’agissait de patients souffrant d’angine. En revanche, à -20°, tous ont indiqué avoir ressenti un inconfort, voire des douleurs thoraciques à l’effort. Malgré tout, il reste difficile d’établir une relation de cause à effet entre le froid et l’infarctus du myocarde.

La saison de la grippe

En revanche, pour le Dr Juneau, il n’y a pas de doute: l’influenza (la grippe) est l’un des principaux facteurs de risque de l’infarctus du myocarde durant l’hiver. «La grippe est une infection virale des voies respiratoires qui provoque l’inflammation des poumons, et ce foyer inflammatoire peut se transmettre au cœur», explique-t-il.

Cette inflammation participe à la formation et à la progression des plaques qui se forment sur la paroi des artères coronaires de même qu’au risque de coagulation. Ces deux phénomènes peuvent favoriser la rupture des plaques; or, si ces plaques se déchirent, des caillots vont se former et obstruer les artères, ce qui pourra mener à des accidents cardiovasculaires comme l’infarctus du myocarde.

Autres facteurs

À l’instar des infections respiratoires, le cholestérol, le diabète, le tabagisme, le stress et la pollution induisent de telles inflammations qui «agressent» la paroi des coronaires. D’autres facteurs pourraient également contribuer à l’augmentation de l’incidence d’infarctus du myocarde durant l’hiver, par exemple la réduction de l’activité physique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la sédentarité est en effet associée à plusieurs maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires.

«Chaque hiver, nous traitons deux ou trois cas d’infarctus qui sont directement liés au pelletage de la neige. Il faut savoir que la fréquence cardiaque atteint son maximum en moins d’une minute et demie lorsque vous pelletez!, prévient le Dr Juneau. Cette activité sollicite de façon disproportionnée les muscles des bras plutôt que ceux des jambes, causant l’augmentation de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle et de la demande en oxygène pour alimenter les muscles.» Pour les personnes sédentaires, cette activité pourrait avoir des conséquences graves sur la santé.

Pas de doute, pelleter est une activité qui met le système cardiovasculaire à rude épreuve. «Un conseil: si vous n’arrivez pas à parler, à tenir une conversation pendant que vous pelletez, arrêtez ou ralentissez», ajoute le cardiologue.

Habillez-vous!

«Je dis à mes patients de ne pas s’inquiéter. C’est certain qu’à -20°, ceux qui souffrent d’angine feraient mieux de rester à la maison! Mais si vous êtes en bonne santé, sortez, habillez-vous chaudement et allez jouer dehors!», insiste le cardiologue.

Au final, bien manger, ne pas fumer, être actif physiquement, éviter le surpoids et limiter votre consommation d’alcool, voilà de bonnes résolutions santé pour 2021!

Pour en savoir plus: Observatoire de la prévention de l’Institut de cardiologie de Montréal

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