Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Pourquoi aime-t-on autant la malbouffe?

Par Benoîte Labrosse
Pourquoi aime-t-on autant la malbouffe?

Vous avez beau vous conditionner, rien à faire, vous craquez pour les croustilles et la pizza. Cessez de culpabiliser, c’est la faute à votre cerveau!

ALT

Photo: Shutterstock

Au moment d’acheter un aliment, votre cerveau vous incite à choisir celui qui contient le plus de calories, démontre une étude de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal et du Centre universitaire de santé McGill.

«Notre cerveau détecte le nombre de calories contenues dans les aliments que nous consommons souvent et nous pousse à désirer ceux qui en contiennent le plus», résume le Dr Alain Dagher, neurologue à l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal et auteur principal de cette recherche publiée dans la revue Psychological Science.

Un bon sac de chips...
Pour arriver à cette conclusion, le neurologue et son équipe ont invité des volontaires à regarder les photos de 50 aliments. Les participants devaient ensuite évaluer le nombre de calories contenues dans chacun et proposer un prix allant de 0 à 5 $ dans une enchère destinée à gagner l’aliment le plus désiré. Sans surprise, le sac de croustilles et les biscuits l’ont emporté haut la main sur les pommes et les carottes, qui valaient moins cher aux yeux des participants.

Peu de participants ont su évaluer le nombre de calories de chacun des produits avec précision, mais il est clair qu’ils désiraient les produits les plus riches en calories.

«Quand il y a un choix à faire, certaines parties du cerveau, dont le cortex préfrontal ventromédian, calculent la valeur des options», explique le Dr Dagher. Plus le nombre de calories est élevé dans un aliment, plus ce cortex est actif, et plus le prix qu’une personne est prête à payer grimpe, résume-t-il.

Se faire des réserves
L’étude ne s’est pas penchée sur les causes de cette réaction du cerveau, mais le Dr Dagher avance quelques hypothèses.

«Consommer des calories est important pour tous les animaux, dont les humains, car, s’ils en manquent, ils meurent; c’est pourquoi ils en recherchent constamment, fait-il remarquer. Également, les sociétés humaines se nourrissent depuis longtemps grâce à l’agriculture et, selon les saisons, la disponibilité de la nourriture varie. Consommer davantage de calories permet d’emmagasiner un excédent de graisse qui devient utile pour le corps lorsqu’il y a moins de nourriture.»

L’obésité, un phénomène neurologique
Est-il possible de déterminer pourquoi certains individus sont davantage portés à choisir des aliments riches? «C’est compliqué, admet le Dr Dagher, mais nous commençons à comprendre ce qui, dans le cerveau, provoque une vulnérabilité à l’obésité, et cela inclut une importante composante génétique.»

Chose certaine, il est d’avis que les conclusions de ses travaux appuient celles d’autres études démontrant des liens entre l’obésité et le fonctionnement du cerveau. «C’est dans le cerveau que l’obésité commence: nous devrions donc voir cette maladie comme un phénomène neurologique, comme c’est le cas pour la dépendance aux drogues, par exemple.»

Une recherche de la Dre Susan B. Roberts, publiée en septembre dans la revue Nature & Diabetes, abonde d’ailleurs dans ce sens. Cette étude de l’Université Tufts, au Massachusetts, conclut qu’il est possible de «déprogrammer» son cerveau pour l’entraîner à préférer les aliments sains à la malbouffe.

Trois conseils pour résister à la malbouffe

1. N’achetez pas de nourriture le ventre vide.
Plus vous avez faim, plus l’attrait pour les aliments caloriques est fort.

2. Déjouez votre cerveau. À l’épicerie, prenez l’habitude d’acheter des aliments sains. Parce que le cerveau désire les aliments qu’il connaît, avoir constamment sous la main de la nourriture faible en calories fera en sorte que vous en mangerez plus souvent, et que vous voudrez en consommer davantage.

3. Évitez d’être affamé. Mangez à des heures régulières et ne sautez pas de repas. Vous éviterez ainsi d’avoir trop faim et de compenser avec des collations riches en calories.

Source: Dr Alain Dagher, neurologue à l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

  • Par mario larouche
    24 Octobre 2014

    Ah ben !!!! C'est vraiment bon à savoir, je suis très très heureux d'apprendre ça: je vais parler à mon cerveau !!!! ;-)

    Par GERARD LESSARD
    04 Novembre 2014

    .et il t'a répondu quoi ???

    À moins qu'il aie mis en ligne un répondeur genre'' Votre appel est important pour nous .......:)et t'a fais attendre pendant un bon 45 minutes ou plus ) LOL

  • Par GERARD LESSARD
    02 Novembre 2014

    Très intéressant comme étude !
    Le parallèle avec les animaux est exact vu que notre corps est bâti sur le même modèle ( avec intelligence en prime......bien que des fois je me pose des questions !! )

    Ça explique bien pourquoi certaines gens sont gros car ils ne maîtrisent pas assez leurs neurones( envies ).