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Médicaments: nouveaux pouvoirs pour les pharmaciens

Par Rémi Maillard
Médicaments: nouveaux pouvoirs pour les pharmaciens

Les pharmaciens québécois proposeront bientôt de nouveaux services. Le but? Désengorger le système de santé. Reste à savoir qui y aura réellement accès…

À compter du 3 septembre 2013, les quelque 8 300 pharmaciens du Québec auront le droit d’exercer de nouvelles activités professionnelles en vertu de la Loi 41.

Sept nouveaux services

Un pharmacien pourra désormais:

Prolonger une ordonnance
Prescrire des médicaments quand aucun diagnostic n’est requis
Prescrire et interpréter des analyses de laboratoire
Ajuster une ordonnance
Substituer un médicament en cas de rupture d’approvisionnement
Prescrire des médicaments pour certaines affections mineures lorsque le diagnostic et le traitement sont connus
Administrer un médicament afin d’en démontrer l’usage approprié au patient

Meilleur accès aux soins

«Ces nouveaux services donneront aux patients un accès plus rapide à des soins de santé de première ligne tout en permettant une meilleure continuité de leurs traitements, assure Jean Thiffault, président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP). Les pharmacies sont en effet souvent plus proches que les cliniques de l’endroit où ils habitent, et elles sont ouvertes plus longtemps.»

À noter que, pour effectuer certaines de ces tâches, un pharmacien devra avoir suivi une formation spéciale dispensée par l’Ordre des pharmaciens du Québec. Et comme il y a un grand nombre de professionnels à former, certains pourraient ne pas être immédiatement opérationnels, prévient l’OPQ.

Combien cela coûtera-t-il?

Après avoir étudié l’impact économique de ces nouveaux services, l’AQPP a établi une grille d’honoraires suggérés (PDF) pour ses membres; l’Association estime que ces actes valent de 12 à 30 $. Toutefois, chaque pharmacien propriétaire restera libre d’ajuster ses tarifs en fonction de sa réalité économique, de sa localisation et de sa clientèle.

«En plus de représenter une charge de travail supplémentaire, la mise en place de cette nouvelle pratique entraînera une hausse des frais d’exploitation pour les pharmaciens propriétaires qui devront employer davantage de personnel pour éviter l’allongement du temps d’attente des patients. Dans ces conditions, il est normal qu’ils perçoivent une rémunération», justifie Jean Thiffault.

Qui paiera?

Tous ces actes seront-ils couverts par le régime public d’assurance médicaments et par les assureurs privés? La question fait actuellement l’objet de négociations entre les représentants de l’AQPP et ceux du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

«Nous espérons que le gouvernement optera pour la plus grande accessibilité possible à ces nouveaux services pour l’ensemble des citoyens. Malheureusement, pour l’instant, il semble que seuls les assurés du régime public, c’est-à-dire 40 % des Québécois, seront couverts. Si cela est confirmé, les autres devront négocier avec leur assureur privé», note Jean Thiffault.

Par ailleurs, selon des informations publiées le 14 août par Le Devoir, le gouvernement envisagerait de n’assurer que trois des sept nouveaux actes que les pharmaciens pourront pratiquer. Il n’est donc pas exclu que même les assurés du public doivent eux aussi mettre la main à la poche.

«Fouillis total!»

«C’est une mauvaise décision, déplore Jean Thiffault. De toute façon, il est irréaliste de penser que tout pourra être réglé d’ici 15 jours. Il faudra des semaines ou des mois avant qu’employeurs et assurés en arrivent à une entente avec leurs compagnies d’assurance. Ce qui risque de se passer, c’est que, le 3 septembre, ça va être le fouillis total dans les pharmacies! On se retrouvera dans une situation impossible, avec des patients qui ont un plan privé et qui devront payer, tandis que ceux qui bénéficient d’un régime public n’auront rien à débourser.»

Le président de l’AQPP réfute néanmoins l’idée que s’instaurera un régime à deux vitesses. «Un patient non couvert pourra toujours continuer à obtenir des services ailleurs dans le système de santé. On ne fait qu’ajouter une option que nous souhaitons aussi accessible et universelle que possible parce que la demande au sein de la population est très forte.»

«Les pharmaciens ne joueront pas au médecin»

Certaines des nouvelles prérogatives des pharmaciens suscitent l’inquiétude des médecins de famille. S’ils se disent favorables à ce que les pharmaciens puissent prolonger ou ajuster les ordonnances, ils jugent cependant qu’ils n’ont pas l’expertise nécessaire pour examiner un patient, poser un diagnostic ou même prescrire un médicament.

«Nous travaillons depuis le début avec le Collège des médecins du Québec et tout est très encadré, assure Jean Thiffault. Les pharmaciens ne joueront pas au médecin, ils ne feront ni examen physique ni diagnostic. Par contre, ils peuvent analyser les signes et les symptômes d’un patient, et prendre sa tension artérielle. Ils sont capables de lui poser des questions pour voir s’il y a eu des changements dans son état de santé. Et, en cas de doute, ils le dirigeront immédiatement vers son médecin. Dans ces conditions, le risque qu’il y ait un problème est minime.»

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  • Par CYNTHIA LYNCH
    08 Octobre 2015

    Quand on attend 12h à "l'urgence" pour se faire examiner la gorge avec une loupe et un bâton ... je me dis que c'est pas une mauvaise idée que les pharmaciens puissent faire ça. Et parfois c'est à se demander c'est qui le plus compétent des deux!!!

    Et puis quand tu dois aller te faire prescrire des tites pilules pour des infections vaginales récurrentes alors que tu sais exactement ce que tu as; c'est assez frustrant!

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  • Par RICHARD BOURGON
    19 Août 2013

    Donner aux vendeurs de pilules, le droit de prescrire les pilules qu'ils nous faut, c'est comme donner aux vendeurs d'autos le droit de nous dire qu'elle auto on doit acheter.

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  • Par Reine Lemerise
    30 Août 2013

    J'aurais bien payé un honoraire au pharmacien cette semaine quand j'ai dû me lever à 6 h du matin pour faire la queue dans une clinique sans rendez-vous afin de voir un médecin seulement pour me faire prescrire des somnifères pour quelques jours pour un voyage en Chine en septembre. Toutes ces heures perdues valent bien quelques dollars.

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    Par Claire Godin
    10 Septembre 2013

    Les somnifères n'ont pas à être prescrits.... corrigez-moi si c'est faux

  • Par Maxime Larivière
    08 Octobre 2015

    Malheureusement je crains que vous ayez bien mal comprises les mesures visées par la loi 41. Les pharmaciens ne pouvaient pas faire de diagnostics auparavant et ne le pourront pas plus après l'entrée en vigueur de la loi 41 puisqu'ils n'ont pas été formés pour le faire. Il pourront cependant, DANS CERTAINS CAS ET SOUS CERTAINES CONDITIONS, prescrire un médicament lorsqu'AUCUN diagnostic n'est requis (par exemple des timbres pour cesser de fumer, un supplément d'acide folique lors d'une grossesse, etc.). Aussi, après avoir reçu une formation à cet effet (formation que la plupart des pharmaciens n'ont pas suivis à l'heure actuelle en raison des places limitées à ces dites formations), ils pourront prescrire CERTAINS MÉDICAMENTS ET SOUS CERTAINES CONTDITIONS lorsque LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT SONT DÉJÀ CONNUS (entre autres ; feux sauvages, muguet, allergies saisonnières, etc.). Ces nouvelles activités ne sont pas obligatoires et doivent bien entendu se faire dans le respect des capacités et des limites de chacun (un pharmacien qui n'est pas "à l'aise" avec un cas en particulier ou qui croît qu'il serait dans l'intérêt du patient de consulter un médecin ne sera en aucun cas "obligé" de prescrire quoi que ce soit!).

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  • Par GERARD LESSARD
    22 Août 2013

    Je suis plutôt d,accord avec le commentaire de Richard Bourgoin mais à une différence près........

    C'est que les pharmaciens ont un code de déontologie qu'ils sont tenus de respecter au contraire de nos toutnus de vendeurs d'auto :)

    Jusqu'à maintenant, les pharmaciens avec qui j'ai eu affaire, ont toujours été honnête en ce qui concerne ma médicamentation, me proposant d'ailleurs souvent des génériques par exemple.

    Et,je présume qu'ils feront preuve de professionnalisme car ils savent que les organismes de protection du consommateur et même les simples citoyens les autont à l'oeil !

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