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Les ordonnances non conformes répandues au Québec

Par Rémi Leroux
Les ordonnances non conformes répandues au Québec

Prescrire des médicaments pour un usage qui n’est pas prévu sur l’étiquette est une pratique courante chez les médecins québécois.

Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université McGill et publiée dans la revue scientifique Archives of Internal Medicine révèle que la prescription non conforme de médicaments («off-label use») est fréquente au Québec.

L’étude a porté sur 113 médecins de premier recours de Montréal et de Québec qui ont rédigé plus de 250 000 ordonnances électroniques entre 2005 et 2009. Résultat: 11 % des médicaments étaient prescrits pour une indication non approuvée, c’est-à-dire «un usage qui n’est pas prévu dans les conditions d’autorisation de mise en marché», indique Santé Canada.

On a le plus souvent recours à la prescription non conforme pour des médicaments qui permettent de traiter le système nerveux: anticonvulsifs, antidépresseurs, antipsychotiques. La gabapentine, par exemple, n’est approuvée au Canada que pour traiter l’épilepsie.

«Or, elle est parfois prescrite pour des troubles bipolaires», précise le Dr Tewordos Eguale, auteur principal de cette étude. Certaines pathologies particulières font également l’objet d’ordonnances non conformes: douleur nocturne aux jambes, douleur chronique, trouble d’anxiété généralisée ou encore vertige positionnel bénin.

«Au Canada, avance Gary Holub, agent des relations avec les médias à Santé Canada, la décision d’un médecin de prescrire un médicament homologué particulier à un patient, à des fins prévues ou non sur l’étiquette du produit, fait partie de la pratique de la médecine.»

Cependant, indique le Dr Eguale, la fréquence de la prescription non conforme varie selon plusieurs facteurs: la classe et l’âge du médicament, le nombre d’indications approuvées ou encore le sexe du patient. L’auteur fait par exemple remarquer que l’augmentation du nombre d’antidépresseurs prescrits suggère que le taux de dépression serait lui-même en hausse.

«Or, nuance-t-il, tous les antidépresseurs ne sont pas prescrits pour la dépression. Il est important de connaître la raison de l’ordonnance.»

Une pratique risquée?

Santé Canada rappelle que «tous les produits de santé comportent des risques d’effets indésirables pour les patients», qu’ils respectent ou non les indications imprimées sur l’étiquette.

«L’important, insiste le Dr Eguale, est de favoriser la communication entre le médecin et son patient afin d’informer le professionnel des avantages potentiels que peut représenter un médicament non conforme par rapport aux risques associés.»

L’auteur de l’étude estime par ailleurs que les dossiers de santé électroniques pourraient jouer un rôle positif en alertant les médecins lorsqu’un médicament non conforme peut représenter un risque pour le patient.

>> À lire aussi: Tester des médicaments, est-ce sécuritaire?

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  • Par RINO BIER
    02 Janvier 2013

    encore un exemple d'article scientofoque reproduit dans votre magazine sans regard global ni discussion scientifique...ce à quoi il aurait droit.
    Vous devriez vous en tenir à des produits de consommation usuels. Ce que vous publiez de ''scientifique''dans le domaine de la recherche médicale dans le contexte de votre revue est toujours incomplet, donc mauvais et n'informe pas correctement le ''consommateur''; ce que vous dénoncez habituellement.!!!

     10
  • Par JEAN-CHARLES PERRON
    18 Mai 2012

    Personnellement je trouve très positives vos critiques du domaine de la santé. Votre présence anime le débat est questionne la pratique et naturellement dérange, mais c’est comme cela qu’on avance. Pas besoin d’être un expert les gens comprennent les enjeux, quand on prend le temps d’expliquer. Bravo, pour votre ténacité!

    En ce qui concerne l’utilisation hors de ce qui approuvée c’est une pratique répandue pas juste ici. Le professionnel n’est pas un chercheur, mais un praticien qui tente d’aider le patient devant lui.

    However, in 1999, almost 70% of prescriptions concerned an off-label use of antipsychotics. K. N. Fountoulakis, I. Nimatoudis, A. Iacovides, and G. Kaprinis. Off-label indications for atypical antipsychotics: A systematic review. Ann.Gen.Hosp.Psychiatry 3 (1):4, 2004.

     3
  • Par JACQUES PELLETIER
    11 Mai 2012

    Expérience personnelle. Plusieurs crises d'arythmie sur une période de deux semaines. Trois cardiologues différents m'ont examiné. On a augmenté ma dose d'Amiodarone de 50mg. à 800 mg. On m'a fait une opération:L'Ablation. Crises par la suite, celui qui m'a opéré fait faire une simple prise de sang et on découvre que je fais une hyperthiroïdie causée par l'Amiodarone.
    Sur le site de la compagnie pharmaceutique, on mentionne en lettres majuscules que:"SI UNE PERSONNE NE FAISAIT PAS D'ARYHTMIE SOUS AMIODARONE ET SE MET À EN FAIRE À NOUVEAU, SOUPÇONNEZ IMMÉDIATEMENT LA GLANDE THYROÏDE".
    Ceci démontre que même dans les cas d'ordonnance conforme, les médecins ne connaissent pas réellement l'impact des médicaments prescrits.
    Qu'un cardiologue ne soit pas au courant, c'est possible. Mais dans mon cas il semble que 3 cardiologues différents n'étaient pas au courant.
    Heureusement, aujourd'hui, on peut se renseigner grace à Internet et ainsi confirmer les conclusions qui nous sont proposées.
    Jacques Pelletier

     2
  • Par GUY BEDARD
    12 Novembre 2020

    Pendant ma pratique en urologie,à l’Hotel Dieu de Québec,j’ai eu l’occasion de tester des médicaments et des appareils utilisés dans notre pratique