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La grippe pourrait revenir en force cet automne

Par Catherine Crépeau
grippe

La grippe a fait une pause durant l’hiver 2020-2021, mais plusieurs experts s’attendent à ce qu’elle soit de retour pour la prochaine saison. Elle pourrait même pointer son nez à l’avance. Déjà, les virus respiratoires autres que le coronavirus sont beaucoup plus présents au Québec depuis le relâchement des mesures sanitaires.

Au plus fort de la saison de la grippe 2019-2020, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) enregistrait 2 000 nouveaux cas de grippe par semaine. Le confinement décrété en mars 2020 a cependant provoqué une baisse radicale de l’activité grippale, qui comprend l’influenza et les infections respiratoires virales. Cela a ainsi entraîné la fin prématurée de la saison, qui s’étend généralement de la mi-novembre à la mi-avril. Elle s’est terminée un mois plus tôt en 2020, selon une étude publiée dans la revue Frontiers in Public Health, alors que la campagne de vaccination annuelle a été interrompue dès janvier.

Les cas de grippe se maintiennent depuis à un niveau pratiquement nul, tandis que la COVID-19, bien plus contagieuse, a eu les résurgences que l’on connaît. Pour la saison 2020-2021, seulement quatre cas positifs d’influenza ont été détectés au Québec entre la fin août et le 5 décembre 2020, selon les chiffres de l’INSPQ. Cette faible circulation s’expliquerait, en partie, par les habitudes prises par les Québécois de se laver les mains régulièrement, de porter un masque, de diminuer les contacts physiques et de maintenir leur distance avec les autres pour lutter contre la propagation de la COVID-19.

Au Canada, 32 cas de grippe ont été recensés entre la fin août et le 28 novembre 2020, comparativement à une moyenne de 2 170 pour la même période des six saisons précédentes.

La grippe n’est pas la seule infection des voies respiratoires qui a pratiquement disparu en 2020-2021. Aucun cas de parainfluenza ou de virus respiratoire syncytial (VRS) chez l’enfant n’a été signalé entre la fin août et le 5 décembre 2020. Des diminutions du nombre de cas de plusieurs infections des voies respiratoires saisonnières ont aussi été observées dans l’hémisphère Sud de mai à septembre, période qui correspond à l’hiver là-bas et qui permet aux experts de prédire les souches d’influenza qui composeront le vaccin contre la grippe de l’hiver 2021-2022 ici.

Cette baisse pourrait s’expliquer par les mesures sanitaires et le confinement, mais aussi par l’interférence virale, un phénomène connu en virologie, indiquait en mai dernier le Dr Guy Boivin, microbiologiste et infectiologue au CHU de Québec-Université Laval, dans une entrevue accordée au site spécialisé Profession Santé. « L’interférence virale s’expli­que par le fait que des cellules infectées à un virus stimulent leur système immunitaire inné, ce qui empêche la réplication d’autres virus », précisait le Dr Boivin.

L’INSPQ prévient pour sa part que la comparaison du nombre de cas de grippe pour la période du 28 mars à la mi-septembre 2020 avec ceux d’autres saisons pourrait être biaisée puisque le nombre de tests effectués pour détecter l’influenza a fortement diminué en raison des efforts déployés pour freiner la pandémie de COVID-19. On peut toutefois affirmer que la grippe a très peu circulé, l’indice d’activité grippale étant demeuré nul tout au long de cette saison, souligne la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Un retour prématuré des virus respiratoires

Le répit sera toutefois de courte durée. La période d’activité de la grippe saisonnière pourrait être devancée. À la fin du mois de mars 2021, le coronavirus de la COVID-19 représentait 99,7 % des virus isolés en laboratoire. Le 20 juillet, le rapport du Laboratoire de santé publique du Québec révélait que les virus respiratoires autres que celui de la COVID représentaient 25 % des détections. Ces virus incluent notamment le parainfluenza et le virus respiratoire syncytial, qui ne circulent habituellement pas pendant l’été.

Dans une lettre publiée le 26 juillet 2021 dans le Journal de l’Association médicale canadienne, des pédiatres de l’Institut de recherche du BC Children’s Hospital mettent en garde contre une hausse du nombre des cas de VRS chez les poupons et les jeunes enfants, comme celle vécue en Australie et aux États-Unis à la levée des restrictions sanitaires. Ils soulignent que les mesures mises en place pour lutter contre la COVID-19 ont aidé à réduire la circulation du VRS et de la grippe l’hiver dernier, mais que ces derniers pourraient resurgir dès cet été.

Les parents n’ont toutefois pas à s’inquiéter. Pour la majorité des bébés en santé nés à terme, une infection au VRS se présente comme un rhume.

Co-infection grippe et COVID-19

En plus de la grippe, les Québécois devront composer avec la COVID-19, qui ne disparaîtra pas avec la vaccination. L’Agence de la santé publique du Canada indique qu’une quatrième vague pourrait survenir dès le mois d’août si chaque personne augmentait de 25 % le nombre de personnes rencontrées chaque jour sans que la couverture vaccinale atteigne 80 % dans tous les groupes d’âge.

La COVID-19 pourrait faire partie des virus respiratoires qui resurgiront chaque année, mais elle sera moins contagieuse et moins létale en raison de la vaccination de masse.

Des personnes pourraient alors être atteintes à la fois de la COVID-19 et de la grippe. Des cas de co-infection ont été recensés entre janvier et mars 2020, à la fin de la saison de la grippe, lorsque les premiers cas du coronavirus sont apparus. Une méta-analyse menée auprès de plus de 3 000 patients a montré que de 1 à 3 % des personnes atteintes de la COVID-19 avaient aussi la grippe. Elle a aussi révélé que ces patients évoluent moins favorablement que ceux qui ont seulement la COVID-19.

Le Dr Boivin estime que la vaccination contre la grippe permettrait de se prémunir contre une co-infection. Le défi pour la santé publique sera alors de mener deux campagnes de vaccination de front, soit celle contre la COVID-19 et celle contre l’influenza, et de déterminer le vaccin à donner en premier et le temps d’attente entre les injections.

>> À lire aussi : Votre patron peut-il vous obliger à vous faire vacciner contre la COVID-19?

 

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  • Par PASCAL CHAGNON
    05 Août 2021

    Donc il n'y aurait eu que 4 cas d'influenza en 2020, j'aimerais comprendre parce que ma sœur en novembre 2020, a été diagnostiqué à hôpital avec sa fille ayant l'influenza et j'ai plusieurs clients qui ayant été hospitalisé en 2020 pour la grippe.... Donc les 4 cas sont déjà dépassés...???
    Ou bien les hôpitaux n'ont pas déclaré tous les cas....

    Mes petits-enfants, les 3 ont eu la coqueluche, les 3 et à Hôpital que je ne nommerai pas, le médecin n'a pas voulu déclarer les cas, car la coqueluche est une maladie a déclaration obligatoire ??? Ma fille a fait 2 autres hôpitaux et ce fut le même discours, trop de paperasse ?