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La COVID-19 a-t-elle un impact sur les prix en épicerie?

Par Marie-Eve Shaffer
prix-epicerie

Depuis le début de la crise sanitaire, vous constatez que les prix à l’épicerie ont augmenté? La pandémie de la COVID-19 n’en est pas nécessairement la cause.

Avant même que l’année 2020 ne commence, le Laboratoire en science analytique agroalimentaire de l’Université Dalhousie et l’Institut alimentaire Arrell de l’Université de Guelph avaient déjà prévu que les prix augmenteraient de 2 à 4 % dans les supermarchés en raison de l’inflation. Le bond atteindrait même jusqu’à 6 % pour les viandes.

«C’est ce qui se passe en ce moment», rapporte le directeur principal du Laboratoire en science analytique agroalimentaire de l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois.

L’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ) abonde dans le même sens. «Il n’y a pas de hausse significative [depuis le début de la pandémie]», indique son directeur Affaires publiques et gouvernementales, Stéphane Lacasse. Ce dernier souligne qu’il y a eu des cas isolés de prix exorbitants, mais qu’ils ont rapidement été régularisés.

Les épiceries proposent néanmoins moins de promotions dans les circulaires depuis le début de la crise, note l’ADAQ.

 

Les fruits et les légumes

Les fruits et les légumes représentent une exception, d’après le professeur Charlebois. Avec la diminution de la valeur du dollar canadien, ceux-ci coûtent plus cher, et ce, même si le prix du pétrole diminue.

«La devise a un impact plus rapide que les coûts de transport parce que les contrats de camionnage sont négociés des mois à l’avance, explique Sylvain Charlebois. Ça va prendre des mois avant que les épiceries puissent bénéficier de la baisse du pétrole.»

Si le dollar poursuit sa chute, des aliments importés pourraient aussi coûter plus cher, selon l’universitaire. L’ADAQ soutient pour sa part que la faiblesse du huard n’a pas encore eu d’effet sur le prix des denrées.

Le distributeur alimentaire Québec Fruits & Légumes a déjà constaté que le coût des légumes feuillus – laitue, salade, épinard, roquette – a «légèrement» augmenté depuis la mi-mars. Son propriétaire, Olivier Drolet, s’attend à ce que le prix des légumes qui devront être importés au cours du printemps, les carottes et les pommes de terre par exemple, grimpe en raison des nombreux contrôles qui ont été instaurés depuis le début de la pandémie.

En principe, les prix des fruits et des légumes diminuent lorsque le marché québécois prend la relève au cours de l’été. Encore faut-il que les agriculteurs puissent trouver les travailleurs nécessaires pour faire les récoltes.

«Près de 80 % des cultivateurs dépendent de la main-d’œuvre qui vient du Guatemala et du Mexique, mentionne Olivier Drolet. Est-ce que ces personnes seront capables de rentrer [au Québec]? Il y a beaucoup d’inconnu.»

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Viande

Le prix de la viande, pour sa part, est basé sur l’offre et la demande. Le Conseil des viandes du Canada avance que la donne n’a pas changé depuis le début de la crise.

 «Il est trop tôt pour savoir quel sera l’impact de la COVID-19 sur les prix de détail du côté de la viande», indique Marie-France MacKinnon, responsable des affaires publiques du Conseil des viandes du Canada.

La fermeture de l’usine d’abattage d’Olymel, à Yamachiche, en raison de la propagation de la COVID-19 chez les travailleurs, pourrait influencer l’offre de viande, d’après Sylvain Charlebois. «Ce n’est pas impossible, dit-il. Deux semaines [de fermeture], c’est long.»

Si les producteurs doivent envoyer leurs bêtes aux États-Unis pour les faire abattre, le transport supplémentaire aura nécessairement un effet sur le prix de la viande, fait valoir l’ADAQ.

En raison du ralentissement économique, le professeur Charlebois s’attend à une diminution de la consommation de viande, ce qui ferait en sorte que les épiceries prendront davantage de temps pour écouler leur inventaire.

Le Conseil des viandes du Canada évoque aussi cette possibilité, mais il souligne que la saison du barbecue est sur le point de commencer. «Les Canadiens seront à la recherche de moyens pour étirer le dollar alimentaire et ils chercheront des choix de protéines animales ainsi que des méthodes de préparation pour nourrir leur famille avec des budgets alimentaires réduits», analyse Marie-France MacKinnon.

Produits laitiers

Le prix du lait est contrôlé par la Régie des marchés agricoles et alimentaires, qui fixe des valeurs minimales et maximales.

«C’est sûr que certains marchands ne suivent pas les règles, mais la très grande majorité d’entre eux [le font]», soutient Sylvain Charlebois.

Qui plus est, un système de quotas fait en sorte d’encadrer la production afin que celle-ci corresponde à la consommation.

Coûts d’exploitation

Depuis le début de la pandémie, les épiceries subissent une très grande pression. Leurs employés doivent redoubler d’efforts pour nettoyer les établissements, tout en remplissant les tablettes et en assurant les services réguliers. Les salaires de ces travailleurs considérés «essentiels» ont été majorés par plusieurs bannières pendant la crise sanitaire, mais aussi par le gouvernement du Québec, qui leur a offert 100 $ de plus par semaine.

Par ailleurs, les commandes en ligne explosent. «Il y a une nouvelle infrastructure qui se bâtit, souligne Sylvain Charlebois. C’est certain qu’il va falloir que ça se paye.» L’ADAQ juge pour sa part que le développement des services en ligne n’a pas d’impact sur les prix en magasin, du moins pour le moment.

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