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L’industrie échoue à diminuer le sel dans les aliments transformés

Par Catherine Crépeau Mise en ligne : 18 Janvier 2018 Shutterstock.com

Shutterstock.com

À peine 14 % des catégories d’aliments évalués par Santé Canada ont atteint les cibles fixées en 2012.

Les efforts de l’industrie pour réduire la quantité de sodium dans les aliments transformés n’ont pas donné les résultats escomptés.

Cinq ans après avoir demandé à l’industrie de diminuer la teneur en sodium des aliments transformés, Santé Canada constate que les progrès sont minces. Près de la moitié (48 %) des quelque 10 500 produits alimentaires évalués sont toujours aussi salés.

Pire: la teneur en sodium a augmenté dans six catégories d’aliments, comme les condiments et les mélanges d’assaisonnements déshydratés.

Seulement 13 catégories d’aliments sont moins salées aujourd’hui. Parmi elles, les fromages cottage et à pâte ferme râpés, les poissons fumés et salés, les similifruits de mer et les miettes de bacon.

Des cibles ambitieuses, mais réalistes

En 2012, Santé Canada a suggéré des cibles de réduction de sodium à l’industrie alimentaire pour diminuer l’apport en sodium des Canadiens de 3 400 milligrammes par jour à moins de 2 300.

Les fabricants et des spécialistes de la santé ont été consultés pour définir des cibles à atteindre dans 94 catégories d’aliments transformés. Santé Canada proposait un processus en trois étapes à atteindre avant la fin de 2016.

Les baisses moyennes attendues étaient de 25 à 30 % dans la plupart des catégories d’aliments. Par exemple, les réductions cibles pour le fromage cottage, les miettes de bacon et les céréales à déjeuner prêtes à manger étaient de 25, 28 et 36 % respectivement.

Pour les produits où le sodium joue un rôle important, comme le pain ou le cheddar fort, les cibles étaient moins élevées. Par contre, pour les légumes en conserve où le sel est utilisé surtout pour donner du goût, la réduction attendue était de 60 %.

Des objectifs ambitieux, mais réalistes, selon Christine Jean, vice-présidente, service technique et réglementaire, du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, qui s’explique mal pourquoi les résultats sont si décevants. «Nous savions que les cibles seraient difficiles à atteindre dans certaines catégories, mais je m’attendais à un pourcentage plus élevé de réduction. Il faut voir maintenant quels ont été les obstacles», souligne-t-elle en mentionnant, entre autres choses, la difficulté de reformuler certaines recettes sans se mettre le consommateur à dos.

Un suivi plus rigoureux

Devant ce succès limité, Santé Canada estime qu’une démarche volontaire mieux structurée permettrait d’accroître les chances de succès. Déjà, une nouvelle règlementation obligera les fabricants à apposer, d’ici 2022, un logo sur le devant des emballages des aliments trop riches en sel, en sucre et en gras.

Une mesure qui pourrait inciter les fabricants à modifier leurs recettes plus rapidement pour éviter cette mention négative, selon Christine Jean.

Parallèlement, Santé Canada propose d’introduire des règlements visant à restreindre l’exposition des enfants de moins de 13 ans à la publicité de boissons et d’aliments malsains. La définition de «malsain» tiendra compte de la teneur en sodium des aliments.

Risque pour la santé

Le sel est essentiel au maintien d’une bonne santé; il est notamment au cœur de l’activité musculaire et nerveuse et préserve l’équilibre des fluides de l’organisme. Mais consommé en trop grande quantité, il peut mener à l’hypertension artérielle, un facteur de risque important de maladies cardiaques et d’accident vasculaire cérébral.

Santé Canada considère qu’un apport de 1 500 mg de sodium par jour est suffisant. Or, huit adultes sur dix et 93 % des enfants de 4 à 8 ans consomment trop de sel. Le Canadien moyen consomme environ 3 400 mg de sodium par jour, souvent sans même s’en rendre compte puisque 77 % du sodium qui entre dans son assiette se «cache» dans les aliments transformés.

Les principaux aliments qui contribuent à l’apport en sodium comprennent les pains, les viandes transformées, les soupes, les fromages, les mets combinés et les sauces.

>> À lire aussi: Le point sur les allégations sans sodium, réduit en sel et faible teneur en sodium

table

Cible atteinte

Nombre de catégories

Exemples de catégories d’aliments

Étape I

26

Muffins anglais, craquelins, mousses et trempettes de poisson, soupes en conserve, légumes et légumineuses en conserve, sauces à salade et vinaigrettes

Étape II

10

Tortillas et wraps, biscuits sucrés fourrés, céréales prêtes à manger, charcuteries emballées, jus et cocktails de légumes

Étape III

13 (14 %)

Fromage cottage, similifruits de mer, miettes de bacon et bacon précuit, tempeh assaisonné, pesto

Pas de progression significative

39

Pâtes et croûtes à tarte, barres de céréales, thon en conserve, bâtonnets de viande, légumes marinés sucrés, pizza

Augmentation de la teneur en sodium

6

Fromages sans produits laitiers, pommes de terre déshydratées, sauces orientales sucrées, condiments, mélanges d’assaisonnement déshydratés

Pour en savoir plus

Réduction de la teneur en sodium dans les aliments transformés au Canada: une évaluation des progrès effectués à l’égard des objectifs volontaires entre 2012 et 2016 (Santé Canada)

 

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