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L’acide folique peut-il prévenir l’autisme?

Par Françoise Ruby
L acide folique peut il prevenir l autisme

Prendre de l’acide folique pendant la grossesse permettrait de prévenir l’autisme. Vrai ou faux? La réponse est plus complexe que l’ont laissé croire plusieurs médias.

Selon une étude récente, les femmes qui prennent suffisamment d’acide folique avant et pendant leur grossesse réduiraient leur risque d’avoir un enfant atteint de troubles autistiques. Les résultats de cette recherche menée en Californie ont été largement médiatisés, mais restent préliminaires, car il s’agit d’une étude d’observation et non d’un essai clinique.

Les chercheurs de la Davis School of Medicine de l’Université de Californie suivent depuis 2003 une cohorte d’enfants autistes afin de mieux cerner les causes environnementales et les facteurs de risque de cette maladie. Dans cette étude parue en juillet dans l’American Journal of Nutrition, ils ont comparé 429 familles ayant un enfant autiste, 130 ayant un enfant souffrant d’un retard de développement et 278 ayant un rejeton dont le développement est normal.

Premier mois de grossesse

À l’aide d’un questionnaire détaillé, les chercheurs ont mesuré la consommation d’acide folique des femmes avant et pendant leur grossesse en se basant sur leur consommation de céréales à déjeuner enrichies et de suppléments (acide folique ou multivitamine). Résultat: c’est pendant le premier mois de grossesse que l’acide folique semble avoir exercé son effet préventif le plus significatif. Un apport de 0,6 mg ou plus d’acide folique durant cette période a été associé à une réduction de 38 % de mettre au monde un enfant atteint de troubles autistiques, comparativement à un apport inférieur à 0,6 mg.

Quelques aspects limitent la portée des résultats de cette recherche rétrospective. Par exemple, les femmes interrogées ont dû se souvenir de leur consommation de céréales à déjeuner et de suppléments datant de plusieurs années. Et le questionnaire ne tenait pas compte des autres sources alimentaires d’acide folique comme les lentilles, les épinards ou le jus d’orange. «D’autres chercheurs mènent actuellement des études prospectives dans lesquelles la consommation d’acide folique est notée tout au long de la grossesse, ce qui fournira des données plus précises, souligne Rebecca J. Schmidt, Ph.D, auteure principale de cette recherche. Nous avons bon espoir que nos résultats seront confirmés par ces travaux.»

Résultats peu convaincants

Cependant, des experts québécois se sont montrés moins optimistes. «L’hypothèse d’un effet préventif de l’acide folique sur certains troubles neuro-développementaux a déjà été démontrée. Or la prévalence de l'autisme est plus importante dans ces troubles, quels qu'ils soient. Toutefois, l'autisme est tellement défini de manière imprécise que la diminution du risque rapportée dans cette étude est en fait faible, explique le Dr Laurent Mottron, titulaire de la Chaire de recherche Marcel et Rolande Gosselin en neurosciences cognitives fondamentales et appliquées du spectre autistique de l’Université de Montréal. La preuve que l'acide folique joue un rôle important dans cette maladie reste donc à faire», conclut-il.

«D’une part, la portée statistique des résultats de cette étude est marginale, confirme le Dr Guy Rouleau, directeur du Centre de recherche de l’Hôpital Sainte-Justine. D’autre part, si l’effet de l’acide folique était important pour prévenir l’autisme, sa prise plus régulière par les femmes enceintes au cours des dernières décennies aurait diminué la fréquence de cette maladie, ce qui n’est pas le cas.»

Un excellent allié

En attendant que les causes de l’autisme soient mieux cernées, l’acide folique en supplément demeure un excellent allié des femmes enceintes. En effet, il est déjà prouvé que cette vitamine joue un rôle déterminant pour prévenir plusieurs malformations congénitales graves qui surviennent très tôt dans la grossesse, dont le spina bifida et des anomalies urinaires.

Voilà pourquoi Santé Canada recommande de prendre 0,4 mg d’acide folique sous forme de supplément au moins trois mois avant la conception ainsi que tout au long de la grossesse. La plupart des multivitamines prénatales sur le marché en contiennent 1 mg, une dose sécuritaire et recommandée par les experts.

À lire bientôt sur Protégez-Vous.ca: dossier Grossesse et suppléments

Quels autres suppléments sont sécuritaires et recommandés durant la grossesse? En plus de faire le point sur l’acide folique, notre dossier «Un plus pour maman et bébé» abordera les points suivants: le fer, les oméga-3 marins et la vitamine D, ainsi que les médicaments et les plantes à éviter durant  la grossesse. Ce dossier sera mis en ligne sur Protégez-Vous.ca dès le 12 juillet 2012.

CORRECTION 09/07/2012: Dans la version précédente de cet article on pouvait lire: «cette protection a été constatée seulement lorsque la mère ou l’enfant (ou les deux) présentaient une mutation génétique particulière (polymorphisme C677T du gène de la MTHFR)», cette information était inexacte.

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  • Par Michel Madore
    07 Février 2015

    La Neurodiversité - L'autisme, une autre forme d'intelligence
    On tend encore à croire aujourd'hui que les autistes sont des déficients intellectuels ou du moins, des personnes sans grand potentiel intellectuel.

    Cette croyance est totalement fausse.

    Cette fausse croyance résulte probablement du fait qu'un large groupe de personnes sur le spectre autistique ont également un diagnostic de déficience intellectuel. Il s'agit d'une comorbidité, c'est-à-dire qu'une personne reçoit deux diagnostics distincts. Mais ces deux diagnostics ne vont pas systématiquement ensemble.

    Cette fausse croyance peut également résulter du fait que les autistes ont des difficultés de communication sociale. Elle font souvent preuve d'une naïveté sociale dans leur propos ou encore elles ont du mal à s'exprimer en présence d'un groupe.

    Également, les tests d'intelligence ne sont souvent pas adaptés pour les autistes et ne sont pas révélateur de leur véritable potentiel intellectuel.

    Le fait d'être autiste de haut niveau reflète à la fois des talents et des failles. Seul, les personnes autistes de haut niveau sont douées, pleine d'esprit et intelligentes. Les failles sont bien souvent d'ordre social et émotionnel.

    En ce qui a trait aux autistes avec déficience intellectuelle, les scientifiques ne s'entendent toujours pas. Certains estiment encore que 75% des autistes ont une déficience intellectuelle alors que d'autres, affirment qu'il y aurait environ 25%. Tout serait dans la manière d'évaluer et de mesurer le quotient intellectuel, qui semble de plus en plus sous-estimé.

    L'important à retenir est que les personnes autistes sont intelligentes. Vous avez un enfant autiste de haut niveau? Il est intelligent. Il le sait et vous le savez aussi. Mais il est probable que ses professeurs, ses camarades et ses conseillers ne s'en aperçoivent pas toujours.

    Il n'y a pas de déficit intellectuel pour les Aspergers ni pour les autistes de haut niveau. Il nous suffit simplement de croire en eux et de leur faire confiance. Leur methode d'apprentissage, de raisonnement et de logique est bien propre à eux.

    Mélanie Ouimet Parents Éclairés

    L'Asperger au féminin, Rudy Simone

    L'autisme: Une autre d'intelligence, Laurent Mottron

  • Par Diane Lafrenière
    05 Juillet 2012

    Plus de recherches sont nécessaires à ce sujet afin de confirmer ces bienfaits. De toute façon, les mères enceintes n'ont rien à risquer de consommer l'acide folique si elles présentent une mutation génétique particulière (polymorphisme C677T du gène de la MTHFR).