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L’hypersensibilité environnementale, une condition médicale méconnue

Shutterstock

L’hypersensibilité environnementale est une condition médicale reconnue en Ontario… mais pas au Québec. Le point sur cette affection controversée.

«Mon épouse peut difficilement sortir de chez nous, raconte Michel Gaudet, vice-président de l'Association pour la santé environnementale du Québec (ASEQ). Les gaz d’autos, les parfums dans les magasins, les fragrances utilisées dans les lessives des vêtements… tous ces facteurs provoquent chez elle des problèmes neurologiques, tels que la confusion ou de la fatigue.» Des symptômes qui auraient pour cause l’hypersensibilité environnementale, une condition médicale encore peu connue au Québec.

Ce terme générique désigne en réalité plusieurs types d’affections, tels que la «polysensibilité chimique», l’«intolérance aux phénomènes électromagnétiques» ou encore le «syndrome des bâtiments malsains». Leur point commun: les personnes atteintes réagissent fortement lorsqu’elles entrent en contact avec certains facteurs environnementaux, à des niveaux d’exposition habituellement tolérés par la plupart des personnes. Les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre: problèmes de mémoire, maux de tête, toux, larmoiement, nausées, éruptions cutanées… Ils apparaissent dès que le facteur environnemental se présente et disparaissent aussitôt celui-ci écarté.

Le Québec à la traîne?

Selon Statistiques Canada, l’hypersensibilité environnementale concernerait 3 % des Canadiens. Si elle est considérée comme une invalidité par la Commission canadienne des droits de la personne, elle n’est en revanche pas reconnue par le gouvernement du Québec, ni par le collège des médecins. «Du fait de cette non-reconnaissance, les personnes souffrant d’hypersensibilité environnementale se sont pas remboursées par la RAMQ ni par les assurances, regrette Michel Gaudet. Se faire diagnostiquer et traiter est d’ailleurs impossible au Québec car les médecins québécois ne peuvent pratiquer en dehors du code de déontologie.» Résultat: les Québécois concernés n’ont pas d’autre choix que d’aller consulter en Ontario ou en Nouvelle-Écosse, où cette pathologie est reconnue.

Un diagnostic qui fait débat

Il faut dire que l’hypersensibilité environnementale ne fait pas encore l’unanimité du côté du monde scientifique. Selon ses détracteurs, les causes seraient plus psychologiques que physiologiques. «Les lobbies industriels poussent dans ce sens, inquiets des poursuites que pourrait entrainer la reconnaissance de cette pathologie, affirme Amir Khadir, docteur en microbiologie-infectiologie. L’hypersensibilité environnementale me parait vraisemblable. Notre système immunitaire est en effet issu de plusieurs millions d’années d’évolution. Or, en moins de 100 ans, le nombre d’antigènes a été démultiplié du fait de l’industrialisation. Pour autant, ce domaine doit à présent passer l’épreuve de la science. C’est maintenant à l’Organisation Mondiale de la Santé de mener les études nécessaires au niveau international.»
En savoir plus: la politique concernant l'hypersensibilité environnementale de la Commission canadienne des droits de la personne.

Une marche à Montréal le 28 mai 2011

Afin de faire pression sur le gouvernement, l'Association pour la santé environnementale du Québec organise une marche à Montréal le 28 mai 2011, précédée d’une conférence à l'Université Concordia. L’association, qui compte 1 200 membres, espère ainsi faire reconnaître l’hypersensibilité environnementale comme une «condition médicale - ou à tout le moins comme une préoccupation de santé publique - nécessitant l'éducation du public ainsi que des soins médicaux et des services sociaux appropriés».

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