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Hausse fulgurante des prescriptions d’antidépresseurs en 2020

Par Alexandre D’Astous
antidepresseurs

La prescription d’antidépresseurs a augmenté de 7 % en 2020, soit deux fois plus vite que pendant les 15 dernières années, selon les données fournies par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

Le nombre de personnes prenant des antidépresseurs est en hausse de 7 % depuis le début de la pandémie par rapport à 2019. En analysant les chiffres de la RAMQ, on se rend compte que les derniers mois de 2020 ont été particulièrement difficiles, avec des hausses de plus de 8 % pour les mois de septembre, octobre et novembre. En comparaison, la hausse annuelle est de 4 % en moyenne depuis 15 ans.

La tendance à la hausse se remarque aussi chez les assureurs privés. «La tendance est relativement stable quand on l’étale sur 12 mois, mais on constate qu’il y a réellement eu une hausse des prescriptions d’antidépresseurs en 2020. On l’évalue à 10 % au Canada et à 8 % au Québec. Ça varie entre 8 et 20 % selon les provinces», analyse la pharmacienne Farah Belayadi, d’Express Scripts Canada (ESC), une entreprise qui gère les réclamations de plusieurs assureurs privés. 

Selon la RAMQ, c’est en octobre que le nombre de prescriptions d’antidépresseurs a été le plus élevé, avec 402 835 personnes ayant obtenu une ordonnance, suivi du mois de novembre avec 400 240.

Cette période correspond au resserrement des mesures de lutte contre la pandémie, mais également à la dépression saisonnière, dont il faut tenir compte. À l’inverse, les deux plus petits mois ont été février et janvier, avant le début de la pandémie et le premier confinement, avec respectivement 362 233 et 373 478 prescriptions.

L’année a été particulièrement difficile pour les 65 ans et plus, qui sont près de 10 % plus nombreux à avoir utilisé ces médicaments par rapport à 2019.

La porte-parole de la RAMQ, Caroline Dupont, précise toutefois que l’organisme ne dispose que des données brutes. «Nous ne sommes pas en mesure d’isoler le facteur pandémie des autres facteurs qui pourraient causer une hausse ou une baisse des prescriptions. Des tendances annuelles, comme la dépression saisonnière, sont également à prendre en considération sur la consommation en cours d’année.»

Les impacts de la pandémie

Pour les spécialistes, il est évident que les effets du confinement, notamment la perte des liens sociaux et l’incertitude face à l’avenir, ont joué un rôle sur la santé mentale des Québécois, ce qui explique cette hausse plus importante qu’à l’habitude du recours aux antidépresseurs.

«La présence d’un virus aussi contagieux est déjà une source d’anxiété pour plusieurs personnes. À cela s’ajoutent les conséquences du confinement: l’isolement, l’insécurité et l’absence de socialisation. La pandémie est dure pour le moral de plusieurs personnes. Elle peut causer de l’insécurité financière et créer un découragement, surtout en télétravail où on doit travailler tout en gérant les enfants», explique la pharmacienne Farah Belayadi, chargée de compte chez ESC. 

Les bienfaits de la vaccination attendus

Mme Belayadi indique que son analyse porte sur l’année 2020 au complet, mais qu’il est clair qu’il y a eu des hausses au printemps, lors de la première vague de la pandémie, et à l’automne, à la seconde vague. Elle pense que la situation se poursuivra au moins jusqu’à l’été.

«Je n’ai pas de boule de cristal, mais, avant que les bienfaits de la vaccination se fassent sentir, ça devrait prendre un bon six mois. J’espère que ça va s’améliorer et revenir graduellement à la normale», évalue la pharmacienne.

Farah Belayadi ajoute que la maladie mentale peut mener à une invalidité et à un arrêt de travail. «C’est pourquoi j’invite les employeurs à bien surveiller leurs employés et à leur proposer des programmes d’aide et de gestion du stress», conclut-elle.

>> À lire aussi: Comment soigner une dépression et remonter la pente

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  • Par MARTIN DE LA BOISSIERE
    15 Janvier 2021

    Plusieurs stabilisateurs de l’humeur Utilisés dans le traitement de la dépression ou de l’anxiété anciennement appelés antidépresseurs, sont maintenant utilisés pour d’autres raisons que des problèmes de santé mentale (ex: elavil pour lombalgie ou migraine, ou douleur post zona, cymbalta ou effexor pour des douleurs chroniques lombaires ou post amputation, (et il y en a d’autres) jusqu’à qu’elle point les données de la RAMQ arrivent elles à distinguer les véritables indications lors des prescriptions des médicaments par les médecins prescripteurs? On peut aussi parler du wellbutrin pour la dépression ou arrêter de fumer...