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Doit-on s’inquiéter de la variole simienne?

Par Karl Rettino-Parazelli
variole-simienne Tatiana Buzmakova/Shutterstock.com

La variole simienne attire plus que jamais l’attention depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lui a attribué, le 23 juillet, le statut d’«urgence de santé publique de portée internationale», soit le plus haut niveau d’alerte possible. Doit-on s’en inquiéter? Voici cinq clés pour comprendre cette maladie, ses répercussions et les moyens déployés pour stopper sa transmission.

1. Qu’est-ce que la variole simienne?

La variole simienne, aussi appelée «variole du singe», est une maladie causée par le virus du même nom. On l’appelle ainsi parce qu’elle a été observée pour la première fois en 1958 au Danemark sur des singes en captivité.

Ce nom est toutefois contesté, puisque les singes n’ont pratiquement rien à voir avec la propagation de la maladie. Le 27 juillet, la Ville de New York a demandé à l’OMS de rebaptiser la maladie, disant craindre que son nom actuel stigmatise notamment la communauté noire et freine certaines personnes pour se faire soigner.

Il existe deux souches de variole simienne, celle de l’Afrique centrale et celle de l’Afrique de l’Ouest. Les cas rapportés au Québec jusqu’à maintenant proviennent de la seconde souche, et c’est une bonne nouvelle: la souche ouest-africaine est moins virulente que celle de l’Afrique centrale, son taux de mortalité est moins élevé et la transmission entre humains est plus faible.

2. Comment se transmet la maladie et quels sont ses symptômes?

La variole du singe peut se transmettre de trois façons: de personne à personne, par objets contaminés ou d’animaux à personne. L’OMS indique que la transmission de personne à personne se fait «par un contact étroit avec des lésions, des liquides organiques, des gouttelettes respiratoires et des matériaux contaminés, comme la literie».

Les premiers symptômes incluent de la fièvre, des sueurs nocturnes, des maux de tête et des douleurs articulaires ou musculaires. Des lésions cutanées apparaissent ensuite, surtout sur le visage, les mains et les pieds. Les symptômes durent de 2 à 4 semaines et la maladie se guérit généralement d’elle-même.

3. Combien de personnes ont été contaminées?

Selon l’OMS, plus de 18 000 cas de variole simienne ont été rapportés sur la planète en date du 27 juillet. Soixante-dix-huit pays sont touchés, mais 70 % des cas viennent d’Europe et 25 % des Amériques. L’organisation rapporte également 5 décès et indique qu’environ 1 personne infectée sur 10 a été admise à l’hôpital pour traiter la douleur causée par la maladie.

Toujours en date du 27 juillet, le Canada comptait 745 cas confirmés, dont 346 au Québec. Le lendemain, la Direction régionale de santé publique de Montréal dénombrait 299 cas dans la métropole.

Selon le virologue et professeur à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, le Dr Hugues Loemba, la décision de l’OMS de faire passer la variole simienne au plus haut niveau d’alerte constitue un appel à l’action. «Ça devrait motiver les autorités de différents pays à mobiliser davantage de ressources financières, humaines et techniques pour juguler la maladie», affirme-t-il en évoquant à la fois la prévention, le dépistage et la vaccination.

4. Qui peut contracter la variole simienne?

En principe, n’importe qui peut contracter et propager la maladie, mais la vaste majorité des cas rapportés jusqu’à maintenant au Canada et ailleurs dans le monde concernait des hommes qui ont déclaré avoir eu des contacts sexuels intimes avec d’autres hommes.

La variole du singe n’est cependant pas une maladie transmise sexuellement. Selon les connaissances actuelles, la transmission se fait par des contacts étroits, et non par voie sexuelle. «Des cas ont été rapportés en dehors de la communauté homosexuelle, il ne faut donc pas la stigmatiser», insiste le Dr Loemba.

«Ce n’est pas une maladie qui est dangereuse pour tout le monde. C’est dangereux pour certaines personnes. Et ce sont ces personnes à risque qu’on doit cibler», ajoute-t-il.

5. Doit-on se faire vacciner?

Au Québec, un vaccin contre la variole simienne – efficace à 85 % – est offert aux personnes qui ont été en contact direct de la peau, des muqueuses avec lésions ou des fluides corporelles d'une personne infectée ou des objets contaminés, comme des vêtements ou de la literie, au cours des 14 derniers jours, mais qui n’ont pas encore développé de symptômes de la maladie.

Le vaccin est également offert aux hommes (cis ou trans) qui ont ou qui auront des relations sexuelles avec un autre homme (cis ou trans) à Montréal, s’il ne s’agit pas d’un partenaire sexuel unique et régulier.

Jusqu’à maintenant, plus de 13 000 personnes ont reçu le vaccin dans la région de Montréal, mais la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, a déclaré le 28 juillet qu’elle espérait vacciner 25 000 personnes.

«On ne part pas de zéro, comme c’était le cas avec la COVID», fait remarquer le Dr Loemba, puisqu’un vaccin existe déjà, même s’il est disponible en quantité limitée. Le défi, à son avis, consiste plutôt à interpeller les personnes à risque. «L’information ne passe pas, dit-il. On doit mieux communiquer au sujet de cette maladie.»

Pour en savoir plus, consultez le site de l’OMS (en français), les recommandations de vaccination de l’INSPQ et le site du gouvernement du Québec.

 

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