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Doit-on emballer ou non les aliments?

Par Alexandre D’Astous
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L’emballage des aliments permet d’éviter les pertes et le gaspillage, mais augmente aussi la production de gaz à effet de serre. Alors, qu’est-ce qui est le mieux sur le plan environnemental? Une étude a tenté de répondre à la question.

En collaboration avec RECYC-QUÉBEC, Éco Entreprises Québec et PAC Packaging Consortium, le Conseil national zéro déchet a voulu, dans une étude publiée récemment, donner l’heure juste en comparant l’empreinte carbone de 12 aliments courants emballés ou non.

Il en ressort que, pour certains produits, l’empreinte carbone de l’emballage est négligeable comparée à celle qui serait engendrée par un éventuel gaspillage des aliments non emballés, qui se conserveraient moins longtemps. C’est le cas, par exemple, du pain tranché, du yogourt, du lait, des crevettes surgelées et des filets de poisson.

À l’inverse, la laitue et les pâtes sèches ont une empreinte carbone moindre lorsqu’elles sont vendues en vrac ou sans emballage.

Obtenir un équilibre

Les auteurs du rapport Moins de pertes et de gaspillage alimentaires, moins de déchets d’emballage concluent qu’il faut établir un équilibre entre les pertes et le gaspillage alimentaire (PGA) et les emballages. Au Canada seulement, 11,2 millions de tonnes métriques (tm) de PGA évitables se produisent chaque année. Une grande partie de ces PGA évitables est comestible et pourrait être redirigée pour aider les collectivités se trouvant en situation d’insécurité alimentaire. La valeur économique totale de cette nourriture potentiellement récupérable est de 49,46 milliards de dollars.

La prévention des PGA, par la récupération et la redistribution des surplus alimentaires comestibles, est le moyen le plus efficace de réduire les émissions d’équivalent dioxyde de carbone.

Une hiérarchie des priorités

Les responsables de l’étude ont établi une hiérarchie des priorités qui découle de l’analyse de scénarios pour en venir à des réductions mesurables des émissions d’équivalent dioxyde de carbone provenant des aliments et des emballages.

Il faut d’abord réduire les pertes et le gaspillage alimentaires. Ensuite, réduire les emballages, augmenter la recyclabilité et augmenter le compostage et la digestion anaérobie. Parmi les moyens de réduire les pertes et le gaspillage à la maison, mentionnons le fait d’encourager les consommateurs à ne pas acheter plus que ce dont ils ont besoin et à optimiser la manipulation, l’entreposage et la préparation des aliments.

>> À lire aussi: Gaspillage alimentaire: ce que cachent vos poubelles

Aliments en vrac

L’une des solutions proposées pour atteindre l’équilibre entre la prévention des PGA et l’utilisation d’emballages est d’offrir aux clients la possibilité d’acheter des aliments en vrac et de réutiliser leurs propres contenants. Les aliments les plus adaptés à la vente en vrac sont généralement plus secs, plus résistants et ont une plus longue durée de conservation, ce qui permet une réduction des risques au niveau de la salubrité alimentaire et la prévention des pertes.

Les pâtes sèches constituent un exemple d’aliment adapté à la vente en vrac. Leur emballage représente 60 % de l’empreinte totale d’émission de gaz de ce produit. Cela signifie que si les consommateurs achetaient leurs pâtes en vrac, il y aurait une réduction des PGA parce qu’ils n’achèteraient qu’en fonction de leurs besoins immédiats.

L’emballage peut prolonger la durée de conservation des aliments frais de deux à dix fois plus par rapport aux aliments non emballés. C’est l’un des facteurs qui ont permis aux détaillants à eux seuls de réduire de 20 % des PGA d’articles périssables, comme les raisins.

Une conjugaison essentielle

La réduction des émissions, des pertes et du gaspillage entraînée par un comportement responsable de l’industrie et des consommateurs, combinée à l’innovation des emballages, est essentielle pour réduire au minimum les émissions. Une réduction de 50 % des PGA, conjuguée à l’utilisation d’emballages entièrement recyclés et au compostage de tous les PGA restants, conduit à des émissions nettes qui sont près de la moitié du niveau de référence estimé.

Pour des raisons similaires, certains légumes en feuilles, comme les pommes de laitue entières, sont d’autres aliments pour lesquels les émissions globales pourraient être réduites s’ils étaient vendus non emballés plutôt que préemballés. Pour la plupart des aliments étudiés, la réduction des émissions d’équivalent dioxyde de carbone obtenue par l’absence de préemballage n’est pas suffisante pour compenser ne serait-ce qu’une légère augmentation des PGA. Ces aliments comprennent le sucre et les pommes, qui sont tous deux adaptés à la vente sans emballage ou en vrac.

>> À lire aussi: Les 7 familles de plastique

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  • Par CHRISTOPHE HORGUELIN
    13 Octobre 2020

    Il n'y a pas que le carbone. Les dommages causés par les plastiques non recyclés et/ou non recyclables qui persistent (et se propagent) indéfiniment dans l'environnement doit aussi être prise en compte. La seule empreinte carbone ne suffit plus.

    Par MARC LEVESQUE
    15 Octobre 2020

    Vous avez absolument raison. Les effets toxiques des plastiques sur la santé et environnement ne sont pas pris en compte.

    Il me semble que l'étude est un bon exemple de manipulation du public avec le but général de semer le doute sur les mauvais côtés de l'emballage.