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Des OGM dans le sang

Par Lise Bergeron
Des OGM dans le sang

Une étude récente décèle des traces de pesticides d’OGM dans le sang d’une soixantaine de femmes. Inquiétant?

Photo: iStockphoto

Sommes-nous exposés aux herbicides par l’intermédiaire des plantes génétiquement modifiées (GM) pour leur résister? Absorbons-nous les toxines produites par les plantes GM pour lutter contre les insectes ravageurs? Les femmes enceintes et leur fœtus y sont-ils exposés?

Il semble bien que oui, à la lumière de l’étude du Pr Aziz Aris, parue dans la revue Reproductive Toxicology en avril 2011, du Département d'obstétrique et gynécologie de l’Université de Sherbrooke.

Des résultats inquiétants

L'étude, la première à démontrer la présence de pesticides associés aux OGM dans l’organisme humain, regroupait 69 femmes de Sherbrooke, dont 30 étaient enceintes et 39 ne l'étaient pas.

Les résultats révèlent la présence de résidus de glufosinate, un herbicide largement utilisé en agriculture, dans le sang de 100 % des femmes enceintes et des cordons ombilicaux étudiés.

Le chercheur a aussi trouvé la toxine Bt, un insecticide produit par les plantes GM, dans le sang de 93 % des femmes enceintes et de 80 % des cordons ombilicaux analysés. Chez les femmes non enceintes, les résidus de glufosinate et la toxine Bt ont été détectés dans 67 et 69 % des cas respectivement.

Les chercheurs avaient pris soin de choisir des citadines, peu susceptibles d’être exposées aux pesticides utilisés en milieu agricole. La présence de ces produits dans leur sang serait donc essentiellement liée à leur alimentation, typique des zones urbaines du Canada.

Conclusion des auteurs de l’étude : des résidus de pesticides associés aux OGM sont clairement détectables et semblent franchir la barrière placentaire. Vu leur toxicité potentielle et la vulnérabilité du fœtus, plus d’études sont nécessaires afin de déterminer le réel impact des OGM sur l’organisme humain.

Sommes-nous des cobayes?

Pour Greenpeace, qui est farouchement opposé aux OGM en agriculture, cette étude jette un nouveau pavé dans la mare des biotechnologies. «Ça montre encore une fois que les études faites par les entreprises de biotechnologies, et dont les données sont gardées secrètes par le gouvernement, ne sont pas rigoureuses. Nous sommes traités comme des cobayes par le fédéral», observe Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec.

Surtout que, comme le note Greenpeace, les autorités gouvernementales refusent toujours d'appliquer le principe de précaution et les 58 recommandations du rapport d'experts de 2001 de la Société royale du Canada (voir la section Groupe d'experts sur l'avenir de la biotechnologie alimentaire).

OGM: pas assez d'études indépendantes

Rappelons que l’une de ces recommandations consiste à financer des études indépendantes sur les OGM. À l’heure actuelle, les tests de toxicité (à court terme) et d’allergénicité sont confiés à l’industrie elle-même, ce qui inquiète plusieurs observateurs de la scène biotechnologique comme Équiterre, les Amis de la Terre, l’Union paysanne, l’Union des consommateurs et Option consommateurs, qui se sont regroupés au sein du Réseau québécois contre les OGM.

Au Québec, environ 70 % du maïs est génétiquement modifié et produit la toxine Bt (extraite de la bactérie Bacillus thuringiensis, qu’on trouve couramment dans le sol). La part du canola GM se situe à 85 % et celle du soya GM à près de 50 %.

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  • Par Marc Bergeron
    05 Janvier 2012

    Quand es-ce que le Gouvernement vas exiger l'étiquettage oubligatoire???

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  • Par DIANE Croteau
    27 Avril 2012

    Une façon peut-être efficace de faire avancer ce dossier sur l'affichage obligatoire des OGM contenus dans nos produits, est d'en parler, de se plaindre etc. Par exemple, j'ai envoyé un courriel au marché d'alimentation Métro pour les remercier de contribuer enfin à la sélection de vente des poissons qui ne sont pas sur la liste rouge. J'en ai profité pour leur demander une plus grande sélection de produits bios dans leur marché. Et on m'a répondu qu'ils y travailleraient. Si des centaines de personnes faisaient comme moi, ils verraient sans doute qu'il y a un marché à développer dans ce domaine.
    Ce serait peut-être pareil pour le cas des OGM. N'oublions pas que c'est l'union qui fait la force !

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  • Par Rachelle Berthelet
    05 Janvier 2012

    Ahhhhhhhhhhhhh!!! J'en ai long à dire, mais qu'est-ce ça changerais?

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