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Dentifrices, crèmes et shampoings menacent vos hormones

Par Catherine Mainville-M.
Dentifrices cremes et shampoings menacent vos hormones

Votre routine beauté n’a apparemment pas que des vertus… Des produits d’hygiène et des cosmétiques contiennent des substances susceptibles de perturber votre système hormonal.

Selon une enquête menée par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir (le Protégez-Vous français), des produits d’hygiène et de beauté contiennent des composés chimiques nocifs pour le système hormonal: les perturbateurs endocriniens (PE).

Au total, l’UFC-Que Choisir a analysé la composition de 66 produits qui se trouvent couramment dans une salle de bains: savon, gel douche, shampoing, lait corporel, maquillage, etc.

Une vingtaine de PE ont été détectés sous forme d’émollients, d’antioxydants, de filtres solaires, etc. Par exemple, le propylparaben, un agent de conservation pouvant causer des réactions cutanées et des allergies, a été trouvé dans 28 produits. De plus, dans certains cas, la liste d’ingrédients ne faisait pas mention de ces éléments ou indiquait la présence de substances qui ne s’y trouvaient pas, déplore l’Association.

Bien qu’il s’agisse d’une étude européenne, plusieurs des produits analysés sont vendus sur Internet et, par conséquent, sont accessibles aux consommateurs québécois.

>> À lire aussi: Évaluation de 387 crèmes hydratantes pour le  visage

Des ennemis sournois

Les PE comme les phtalates (produits chimiques dérivés de l’acide phtalique), le bisphénol A (composé chimique), le mercure et le plomb se retrouvent dans les cosmétiques, mais également dans les vêtements de sport, les contenants de plastique, les ordinateurs, les téléphones cellulaires, les poêlons antiadhésifs, les ustensiles, les pesticides, etc.

Identifiés sous divers synonymes sur les étiquettes, les PE ne sont pas toujours évidents à détecter.

«Bien que l’étendue de leur nocivité ne soit pas connue à ce jour, les PE sont de plus en plus associés à des problèmes de santé comme l’infertilité, l’obésité et le diabète de type 2, les difficultés d’apprentissage, de même que les cancers hormonodépendants [sein, prostate, thyroïde, etc.]», rapporte Lise Parent, écotoxicologue, professeure à la TÉLUQ et vice-présidente du Réseau des femmes en environnement.

Elle explique que les PE ont à peu près la même configuration moléculaire que les hormones sécrétées par les glandes du corps humain. C’est pourquoi ils parviennent à usurper leur identité. Usant de différentes tactiques, ils perturbent le fonctionnement normal du système endocrinien entraînant des effets indésirables comme la puberté précoce, par exemple.» En effet, les embryons, les nourrissons et les enfants sont plus sensibles aux effets des PE.

>> À lire aussi: Fabriquer ses cosmétiques à la maison, une bonne idée?

Protégez-vous des dangers liés aux perturbateurs endocriniens

Diminuez votre consommation générale afin de réduire votre exposition aux perturbateurs endocriniens. Avez-vous besoin de mettre du «sent-bon» dans votre maison ou de porter du vernis à ongles?

Optez idéalement pour des aliments et des produits biologiques. Choisissez les produits les plus purs. Plus la liste de leurs ingrédients est courte, mieux c’est!

Exit les conserves et les repas surgelés. Le revêtement intérieur de ces contenants renferme des PE. Les plats de plastique pour aliments en contiennent aussi: évitez surtout de les chauffer au four à micro-ondes pour ne pas contaminer les aliments.

Diminuez votre consommation de viande qui peut contenir des BHA et des BHT: ces PE peuvent augmenter le risque de cancer, entre autres.

Consommez les poissons les moins contaminés par des PE comme le mercure.

Gare à l’effet «cocktail»

Selon l’un des experts ayant participé à l’enquête, «au vu des résultats du test, il n’y a pas de raison d’être alarmiste», d’autant plus qu’il existe aussi des produits exempts de PE. Néanmoins, les conclusions soulèvent des inquiétudes.

Même si les concentrations élevées en PE trouvés dans certains produits ne dépassaient pas les quantités maximales imposées par les autorités européennes, l’UFC-Que Choisir s’inquiète de l’effet «cocktail» pouvant découler de l’utilisation simultanée de produits contenant ces substances, comme un lait corporel et une crème solaire. Car comme les hormones, les PE peuvent avoir des effets à très faible dose.

L’enquête a notamment relevé que le dentifrice Colgate Total contenait du triclosan – un PE également présent dans des savons, des démaquillants et des lotions. La quantité trouvée était suffisante pour représenter un «risque significatif» pour la glande thyroïde, si le consommateur utilisait aussi un déodorant contenant du triclosan, affirme l’enquête intitulée Des perturbateurs dans la salle de bains.

Des expositions variables

Les produits qui demeurent longtemps sur la peau présenteraient davantage de risques que les produits que l’on doit rincer, indique l’enquête. Toutefois, un expert précise que les mesures sont basées sur des hypothèses d’absorption cutanée et de consommation moyenne, qui ne permettent pas d’évaluer les risques pour chaque individu. De plus, les produits à rincer se retrouvent dans les eaux usées et, donc, «représentent un risque important, notamment pour la faune», lit-on.

À la lumière de son enquête, l’UFC-Que Choisir demande aux fabricants d’éliminer les PE de leurs produits et de s’assurer de la justesse de leur liste d’ingrédients. Elle prie également les autorités de considérer l’effet «cocktail» lors de l’évaluation de la toxicité des produits et des risques encourus.

Quelques bémols

«La méthodologie de cette enquête n’est pas claire, souligne l’écotoxicologue Lise Parent. On en sait peu sur les bases sur lesquelles ils ont choisi ces 66 produits et sur l’identification des 20 PE. De plus, ils disent évaluer l’effet “cocktail”, mais ne le font pas. Aussi, ils ne tiennent pas compte des autres formes d’exposition comme l’ingestion au moyen d’un rouge à lèvres ou l’inhalation de vapeurs de shampoing dans la douche.»

Les conclusions de cette étude auraient pu être plus prudentes, constate Lise Parent. Par exemple, l’UFC-Que Choisir explique que les experts se sont référés à un seuil de risque pour évaluer la dangerosité des produits. Or, elle précise aussi que pour nombre de PE, ce seuil est inconnu…

Chose certaine, dans un rapport publié en février, l’Organisation mondiale de la Santé et le Programme des Nations Unies pour l’environnement ont qualifié les PE de menace mondiale pour la santé humaine et l’environnement.

Pour en savoir plus
Comment des produits d’usage courant nuisent à notre santé - Sabotage hormonal - Le réseau des femmes en environnement
Base de données américaine sur le contenu de produits cosmétiques - Environmental Working Group
Fruits et légumes contenant le plus de résidus de pesticides- Environmental Working Group

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  • Par lucile pariat
    20 Mai 2013

    Je suggère à vos lecteurs de consulter le site québécois de Cornelia Dum (corneliadum.com)qui constitue, je cite, "une référence pour les personnes qui désirent arrêter de polluer leur corps et l’environnement". Comme le soutient Madame Dum, "il existe des solutions qui nous permettent de rester autant en santé qu’en beauté!". Ce site est un véritable mine d'or, à la fois rigoureux et fort bien documenté.

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  • Par Louis Versailles
    20 Mai 2013

    Cet article ne donne pas une appréciation claire ni pratique au problèmes qu'il soulève. J'en retiens que je ne dois plus me brosser les dents avec du Colgate Total, utiliser de la soie dentaire, me mettre du déodorant, ou prendre une douche (le rideau contient des PE !). Heureusement que je ne me maquille pas !

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  • Par Rosanne Bolisvert
    16 Juin 2013

    c'est bien beau d'informer le public des dangers cachés dans les aliments et les cosmétiques.
    Mais comment réagir devant le fait que le gouvernement veut traiter l'eau potable au fluor alors qu'il existe des preuves que ce produit n'est pas propre à la consommation, c'est même toxique. et, pire, les gens n'ont pas leur mot à dire!!!! Aberrant!!!!

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