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De nouvelles responsabilités pour les diététistes

Par Carole Côté
dietetistes Roman Chazov/Shutterstock.com

Les diététistes-nutritionnistes peuvent désormais vous prescrire certaines analyses et ajuster votre insuline ou vos antidiabétiques, un élargissement de leur champ de pratique qui vise à désengorger le système de santé.

Ces nouvelles activités autorisées pour les diététistes-nutritionnistes sont le résultat d’une étroite collaboration entre le Collège des médecins du Québec (CMQ) et l’Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec (ODNQ). Elles s’ajoutent aux différentes initiatives mises en place au cours des dernières années pour désengorger le système de santé. Pensons aux lignes téléphoniques comme Info-Social, au Guichet d’accès aux soins de première ligne ou à l’ajout de physiothérapeutes dans quelques urgences de la province.

«On est content! Ce fut un travail de longue haleine, mais c’est une belle avancée», lance la présidente de l’ODNQ, Paule Bernier, au cours d’une entrevue téléphonique, en soulignant la grande ouverture du CMQ dans la mise en place de ces changements.

Quels nouveaux actes, exactement?

Depuis le 28 juillet, les diététistes-nutritionnistes peuvent prescrire des analyses de laboratoire et certains macronutriments, c’est-à-dire les éléments provenant de l’alimentation qui fournissent de l’énergie au corps et assurent le bon fonctionnement de ses fonctions vitales, comme les glucides (sucre), les protéines et les lipides (gras). Ils ont aussi l’autorisation d’ajuster l’insuline ainsi que les antidiabétiques de leurs patients, lorsque leur état le requiert.

De manière détaillée, les diététistes-nutritionnistes peuvent entreprendre un traitement, ajuster une médication déjà prescrite ou décider de cesser l’usage d’un médicament.

«Par exemple, si je crois qu’un patient est à risque de perdre des micronutriments et que j’aimerais suivre l’évolution de la perte de zinc ou autres, je peux désormais demander les analyses pour suivre son état», illustre Mme Bernier. Et si elle veut mesurer l’hémoglobine glyquée d’un patient, elle pourra constater s’il a bien contrôlé son diabète ces 6 ou 12 derniers mois.

Un intermédiaire en moins

Les ordonnances des diététistes-nutritionnistes seront traitées par le pharmacien au même titre que celles des médecins.

Auparavant, le diététiste qui constatait une baisse de sucre chez un patient ne pouvait pas ajuster sa médication. Il rédigeait l’ordonnance, qu’il allait faire signer par le médecin. Dorénavant, il pourra lui-même rédiger l’ordonnance; ce sera plus rapide pour le patient, car une étape a été supprimée.

Un champ de pratique qui s’élargit

Ces activités s’ajoutent à celles autorisées depuis 2018, soit la prescription de formules nutritives, de micronutriments, de matériel d’alimentation entérale ou d’une solution d’enzymes pancréatiques, l’administration de médicaments par voie orale ou entérale ainsi que le retrait des tubes d’alimentation.

«On parle de plus du décloisonnement des actes professionnels. Nous, c’est depuis 2015 qu’on veut en avoir plus sur les épaules, en faire davantage», indique Paule Bernier, qui souhaite miser sur toutes les collaborations interprofessionnelles possibles.

C’est aussi l’avis du Collège des médecins qui estime qu’il faut inclure d’autres professionnels de la santé aux côtés des médecins pour améliorer l’accessibilité aux soins de santé, notamment en première ligne.

Formation sur la forme, pas sur le contenu

Ces nouveaux pouvoirs s’appliquent tant en milieu hospitalier que pour les soins à domicile, tant qu’ils sont prodigués par un membre de l’Ordre des nutritionnistes-diététistes qui a suivi la formation nécessaire pour ce nouveau champ de compétences.

Cette formation supplémentaire ne concerne pas les soins, selon Mme Bernier, mais l’arrimage des nouveaux actes. Elle parle de formation «sur la forme, et non sur le contenu». Signe de l’engouement des membres de l’ODNQ, certains ont déjà suivi la formation nécessaire à la réalisation des nouvelles activités.

Avec ce nouveau volet, on vise vraiment à rendre la vie plus simple pour les patients, d’après la présidente de l’Ordre.

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