Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

COVID-19 : test rapide et vie privée font-ils bon ménage?

Par Rémi Leroux
test-rapide-covid Shutterstock.com

Le gouvernement a autorisé l’utilisation des tests antigéniques rapides dans les entreprises et évalue la possibilité d’implanter un tel dispositif dans les écoles. Toutefois, certains enjeux de protection de la vie privée se posent.

En mettant les tests rapides à la disposition des entreprises, le gouvernement du Québec souhaite accélérer le dépistage des cas – et en particulier des variants – en milieu de travail.

Contrairement au test d’amplification des acides nucléiques (TAAN) et au test polymerase chain reaction (PCR) analysés en laboratoire, les tests antigéniques rapides (Panbio et BD Veritor) sont réalisés et analysés sur place.

Depuis novembre dernier, quelque 4000 milieux de travail québécois ont connu une éclosion de COVID-19, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), et plus de 20 000 travailleurs ont été infectés par le virus entre novembre 2020 et janvier 2021.

Bien que le nombre de cas diminue depuis plusieurs semaines, comme ailleurs au Québec, certains secteurs professionnels restent des milieux de propagation du virus. C’est le cas par exemple des industries manufacturières.

Mais l’utilisation de ces tests pose toujours de nombreuses questions.

Risques de faux…

S’ils rendent les résultats après quelques minutes seulement et sont utiles pour identifier rapidement des personnes infectées, les tests antigéniques ont « une fiabilité moindre par rapport aux tests habituellement utilisés en laboratoire », rappelle le gouvernement du Québec.

Ces tests peuvent également « ne pas détecter une partie non négligeable des personnes infectées en leur donnant un résultat négatif alors qu’elles sont infectées et contagieuses (faux négatif) et créer un faux sentiment de sécurité ». Non seulement ça, mais, dans un document publié à la mi-février, l’INSPQ confirme que « les projets d’implantation [de tests rapides antigéniques] actuellement en cours rapportent un taux de résultats faussement positifs élevé ».

Des situations qui nécessitent que les personnes qui obtiennent un résultat positif à un test rapide antigénique fassent confirmer leur résultat par un test de laboratoire.

Et la vie privée?

Outre des risques de faux, l’implantation en entreprises du dispositif soulève des enjeux de protection de la vie privée.

Comment le consentement des salariés est-il recueilli? Un employé qui refuse un test antigénique rapide s’expose-t-il à des sanctions? La confidentialité des résultats est-elle préservée?

Sur le site du gouvernement, il est expliqué qu’une entreprise a plusieurs exigences à respecter si elle souhaite utiliser les tests rapides. Elle doit :

  • Avoir accès à un professionnel de la santé ;
  • Mettre en place des mesures de protection et de contrôle des infections ;
  • Obtenir le consentement libre et éclairé du personnel ;
  • Gérer les résultats des tests et les suivis.

Pour obtenir le consentement, l’employeur doit s’engager auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) à informer son employé des avantages et des limites du test, à s’assurer que le dépistage reste volontaire et non obligatoire, et à ce qu’une personne qui refuse de passer un test ne puisse en aucun cas subir un préjudice.

« Nous serons attentifs aux plaintes qui pourraient survenir et réagirons en conséquence », fait valoir Noémie Vanheuverzwijn, chargée des relations avec les médias au MSSS.

Par ailleurs, « le résultat du test ne sera divulgué qu’à l’employé, précise-t-elle. La personne qui fait le prélèvement et celle qui fait la saisie des informations dans le système d’information sont des professionnels de la santé liés par le secret professionnel ». La confidentialité fait aussi partie de l’engagement pris par l’entreprise pour obtenir des tests rapides.

Finalement, les résultats de tests sont transmis aux autorités de santé publique en vertu des pouvoirs liés aux enquêtes épidémiologiques, poursuit Noémie Vanheuverzwijn : « Un résultat positif à un test antigénique rapide doit absolument être validé par un test réalisé en laboratoire. Si le test était confirmé positif, la direction de la santé publique régionale commencerait une enquête de cas. »

Et à l’école?

Autre contexte où l’utilisation des tests rapides a été évoquée : l’école. L’objectif serait de retirer plus rapidement des classes les enfants positifs à la COVID-19 et d’intervenir plus rapidement auprès des familles. Le gouvernement n’a pas encore décidé s’il allait de l’avant avec ce projet. Mais la question a été soulevée ces dernières semaines et pose en outre une interrogation sur la protection de la vie privée, puisqu’il s’agit ici d’enfants mineurs.

« Nous sommes en attente des résultats d’un projet pilote dans deux écoles de la région de Montréal pour valider l’utilité des tests rapides dans le contexte scolaire », précise Noémie Vanheuverzwijn. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a confié ce mandat à l’équipe de la Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine.

En entrevue à ICI RDI à la fin de février, la Dre Quach expliquait que des tests rapides réalisés de façon aléatoire auprès d’élèves et de professeurs sans symptômes et qui n’étaient pas en contact les uns avec les autres n’avaient jusqu’à présent recensé aucun cas de COVID-19.

Ces tests semblent donc plus intéressants pour confirmer des cas dans les classes où des enfants sont symptomatiques, faisait remarquer la chercheuse.

Christian Dubé a toutefois reconnu que certains parents n’étaient pas à l’aise à l’idée que les tests antigéniques soient utilisés à l’école. Sans compter l’obligation d’obtenir le consentement des parents : « Si nous parlons d’enfants de moins de 14 ans, il faudrait obtenir le consentement au test d’un de leurs parents et c’est ce dernier qui recevra le résultat », explique Noémie Vanheuverzwijn. Ce qui ne serait pas le cas pour les enfants de 14 ans et plus, qui « peuvent consentir eux-mêmes au test et recevoir les résultats directement ».

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

  • Par BRUNO CHAPDELAINE
    09 Mars 2021

    Vous devriez aller voir cher rio tinto à Sorel tracy c obligatoire le test il n’y a pas de test volontaire tu passe pas de test tu ne r’entre pas ! Et si tu est positif tu est 2 semaine minimum à la maison toi et toute ta famille sans salaire

  • Par DANY CôTé
    10 Mars 2021

    La vie privée ? Est-ce que j'ai vraiment lu ça ? Mais ou s'en va le Québec ? Si quelqu'un a le SIDA elle ne peut légalement coucher avec quelqu'un s'en l'en informer au préalable, mais quand on parle de COVID -qui peut tuer aussi bien que le SIDA et même plus rapidement- là par contre faudrait avoir le consentement ? La sécurité publique surpasse les caprices d'un individus à mon avis.