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COVID-19: comment faire son épicerie avec précaution

Par Marie-Eve Shaffer Mise en ligne : 29 mars 2020 Shutterstock.com

shutterstock_1679264395 Shutterstock.com

En raison des risques de propagation du coronavirus, faire son épicerie n’a jamais été aussi anxiogène. Pour autant, difficile de laisser le frigo se vider sans rien faire. Des experts expliquent à Protégez-vous comment faire ses provisions de la façon la plus sécuritaire possible.

PRÉCISION 01/04/2020: suite à une publication sur sa page Facebook, nous avons ajouté une précision aux propos de Normand Voyer.

D’après la Dre Hélène Carabin, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche en santé publique, les magasins d’alimentation n’auraient pas été jusqu’à maintenant des foyers de transmission importants de la maladie.

«De façon épidémiologique, personne ne peut cibler la source la plus importante d’infection, explique-t-elle. Ce qui semble se dégager, c’est que les évènements entraînant beaucoup d’infections sont survenus dans des lieux où plusieurs personnes se connaissaient et se rassemblaient. Je n’ai pas vu d’agrégat de cas dont la source était une épicerie.»

Malgré tout, il ne faut pas baisser la garde à l’épicerie, insiste-t-elle, en rappelant l’importance de garder une distance de deux mètres avec les gens que l’on croise, de se laver régulièrement les mains et, surtout, de ne pas s’y rendre si on ressent des symptômes de la COVID-19.

Limiter ses sorties à l’épicerie

Si on avait l’habitude d’aller quotidiennement dans un magasin d’alimentation pour acheter des denrées rapidement consommées, «il est préférable d’espacer ses sorties pendant la crise sanitaire afin de limiter les risques de contracter la maladie. Au lieu d’aller chercher trois ou quatre produits, faites des provisions pour deux ou trois semaines, renchérit Normand Voyer, professeur de chimie à l’Université Laval. Moins vous sortirez, mieux ce sera».

Éviter les masques et les gants

Dans le cas où le réfrigérateur et le garde-manger sont dégarnis, une visite à l’épicerie s’impose. Celle-ci ne doit pas être effectuée avec la légèreté dont on pouvait faire preuve avant la pandémie.

«Par contre, il est déconseillé de s’y présenter en portant un masque médical et des gants. Les masques, on devrait les laisser à ceux qui en ont vraiment besoin, par exemple pour un plan d’intervention auprès de patients infectés», indique le professeur Voyer.

Le chimiste explique que, même si une personne met des gants et un masque, cela ne l’empêche pas de toucher une surface contaminée et ensuite son visage. «Elle n’a pas le contrôle [sur les déplacements du virus], mais elle a le contrôle sur le nombre de fois qu’elle se lave les mains», assure-t-il.

La Dre Carabin ajoute que les gants et le masque peuvent donner un faux sentiment de sécurité, ce qui fait que la personne qui les porte sera moins vigilante.

>> À lire aussi: Coronavirus, ce que vous devez savoir si vous allez au travail ou restez à la maison

S’abstenir de palper les aliments

Le tâtonnement des fruits et des légumes pour vérifier leur fraîcheur et leur fermeté doit à tout prix être évité. «On ne devrait jamais faire ce genre de manipulation, mentionne Normand Voyer. Nos mains transportent des millions de germes, pas juste le coronavirus! Toutes les fois qu’on touche un produit, on le contamine.»

L’universitaire recommande d’acheter des aliments – du Québec, précise-t-il – qui sont déjà emballés.

Créer une zone tampon

Pour minimiser les risques de contamination chez soi, le Dr Levon Abrahamyan, virologue et professeur à l’Université de Montréal, propose de créer une zone tampon à l’entrée de sa résidence. «Je suggère d’y garder une bouteille de désinfectant et d’y laisser vos chaussures et vêtements d’extérieur», dit-il.

En revenant de l’épicerie, le Dr Abrahamyan recommande de laisser ses sacs dans la zone tampon. «Désinfectez vos mains avec votre gel, passez du côté propre de votre maison et lavez-vous les mains et le visage avec du savon», énonce-t-il.

Par la suite, vous procéderez à la désinfection des aliments.

Eau et savon pour laver ses provisions

Pour éviter que la COVID-19 se propage par le biais de vos nouvelles provisions, Normand Voyer vous suggère de les laver à l’eau et au savon. «C’est efficace, sans danger et facile à rincer», dit-il.

Le chimiste précise dans sa page Facebook que, bien que «la transmission indirecte [soit] beaucoup moins importante que la transmission directe», le nettoyage de vos aliments représente «une mesure supplémentaire» pour freiner la propagation du virus. Elle ne remplace en aucun temps le lavage des mains ou la distanciation sociale.

Selon lui, un mélange fait de vinaigre et de bicarbonate de soude est impuissant contre le virus, alors que l’eau de Javel diluée laisse des organochlorés sur les matières organiques. «Si on désinfecte une surface [avec de l’eau de Javel diluée], ça va bien. Si on désinfecte des fruits, l’hypochlorite réagit avec les matières organiques pour générer des organochlorés en très petite quantité. Or, ces organochlorés ne peuvent pas être rincés avec de l’eau et, en très grande concentration, ils sont nocifs pour la santé.»

Qui plus est, une solution liquide oxydante diluée dans l’eau est efficace pendant 24 heures. Après cela, elle se décompose. On doit alors en faire une nouvelle.

Pour les aliments emballés dans une boîte de carton, il suffit de les laisser dans un coin pendant au moins une journée. «Le virus mourra de sa belle mort», lance Normand Voyer. Il précise du même souffle qu’il est inutile de mettre ses denrées dans le congélateur pour tuer le virus, cette façon de faire permettant plutôt de prolonger sa durée de vie…

Utilise-t-on ses sacs réutilisables?

Pendant la pandémie, Normand Voyer déconseille de prendre les sacs réutilisables. Reconnaissant que ce conseil est à contre-courant de toutes les mesures environnementales recommandées pour réduire les déchets, il explique que ces sacs représentent un moyen de plus de propager le virus.

«Sur le plastique, les particules virales peuvent rester infectieuses pendant au moins trois jours, dit-il. Le problème, c’est qu’en revenant de l’épicerie, vous ne pouvez pas savoir si vous êtes contaminé.»

Le Dr Abrahamyan avance pour sa part qu’il est possible d’utiliser ses sacs réutilisables, qu’ils soient en plastique ou en tissu, pendant la pandémie, mais il faut veiller à bien les nettoyer à l’eau savonneuse.

Prendre soin des personnes vulnérables

Les personnes âgées de 70 ans et plus doivent éviter de se rendre à l’épicerie. «Autant que faire se peut, que quelqu’un d’autre, un ami ou un membre de leur famille, fasse les courses pour eux», conseille la Dre Carabin.

Normand Voyer recommande que les bons Samaritains lavent eux-mêmes les aliments qu’ils livrent avec de l’eau savonneuse ou des lingettes nettoyantes. «On ne devrait pas apporter [des denrées non désinfectées] à une personne vulnérable. Les personnes âgées ne prennent pas toujours toutes les précautions nécessaires», insiste-t-il.

Selon le Dr Levon Abrahamyan, une zone tampon devrait également être implantée dans la résidence de ces personnes dans le besoin.

Pour les personnes âgées qui n’ont d’autre choix que d’aller elles-mêmes acheter leurs provisions, des épiceries ont instauré des plages horaires durant lesquelles elles ont accès à leurs rayons en priorité.

«C’est une bonne stratégie», soutient le Dr Abrahamyan, en rappelant que les risques de mourir des suites de complications de la COVID-19 sont plus importants pour ce segment de la population.

La Dre Hélène Carabin approuve cette initiative, mais elle apporte un bémol. «C’est utile d’avoir des heures spécifiques pour les personnes âgées, mais il ne faut pas que ça ait comme conséquence indirecte de les encourager à aller à l’épicerie», nuance-t-elle.

>> À lire aussi: Ressources fiables et utiles à propos du COVID-19 (mis à jour en continu)

Épicerie en ligne: pas si simple!

Puisque le gouvernement du Québec demande de limiter nos sorties, les épiceries sont débordées par les demandes d’achat en ligne.

Sur le site Internet d’IGA, il y a une file d’attente de quelques heures avant de pouvoir remplir son panier de provisions. IGA recommande de communiquer avec son marchand local pour savoir quand la livraison pourra être effectuée, les délais variant d’un magasin à l’autre.

Du côté de Metro, il est possible de commander, mais il y a un délai de livraison ou de cueillette de deux semaines. «Chaque jour, de nouvelles plages horaires sont ouvertes, et elles se comblent en quelques minutes. Nous continuons à augmenter la capacité de notre épicerie en ligne, notamment en embauchant plus de personnel», indique la chef des communications de Metro, Geneviève Grégoire. Cette dernière suggère d’ailleurs aux clients qui peuvent se présenter en magasin d’éviter le service en ligne.

Maxi et Provigo n’offrent pas le service de livraison. Ces deux bannières de Loblaws ont temporairement annulé les frais de ramassage à la suite d’une commande en ligne. Pour connaître les délais de préparation du magasin à proximité de chez soi, qui oscillent entre quelques jours et plus d’une semaine, il faut visiter leur site Internet.

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