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COVID-19: avez-vous besoin d’une dose de rappel d'un vaccin?

Par Marie-Eve Shaffer
dose-rappel-vaccin New Africa/Shutterstock.com

Alors que la conjoncture de la pandémie est plus favorable et que les mesures sanitaires sont progressivement mises de côté, devez-vous recevoir une dose de rappel d’un vaccin contre la COVID-19?

Près de 83 % des Québécois sont adéquatement vaccinés contre le virus SARS-CoV-2, c’est-à-dire que deux doses leur ont été administrées, selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec. Pas moins de 51 % sont retournés au centre de vaccination pour obtenir une première dose de rappel, et 12 % pour une deuxième dose de rappel. Et vous, avez-vous intérêt à retourner à une clinique de vaccination pour une dose de rappel? Les réponses à vos questions.

Qui a avantage à recevoir une dose de rappel, aussi appelée troisième dose?

Toutes les personnes âgées de 12 ans et plus peuvent obtenir une dose de rappel en prenant d’abord rendez-vous sur le portail Clic Santé. La semaine dernière, le directeur de la santé publique, le Dr Luc Boileau, a incité les gens âgés de 18 ans et plus, les femmes enceintes et les travailleurs de la santé à retrousser une nouvelle fois leur manche pour la recevoir.

Il est à noter qu’un délai d’au moins trois mois doit s’être écoulé après l’injection de la dernière dose ou d’une infection à la COVID-19.

Qui doit obtenir la quatrième dose, ou deuxième dose de rappel?

Cette deuxième dose de rappel peut être administrée à toute personne de 18 ans et plus qui souhaite la recevoir. Le Dr Boileau a toutefois souligné que les résidents des Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et des résidences privées pour aînés (RPA) ont tout avantage à être quadruplement vaccinés. Il en est de même pour les personnes vulnérables qui vivent en région éloignée, celles qui sont âgées de 80 ans et les immunosupprimés.

Pour les autres, il n’y a pas d’urgence à recevoir cette dose de rappel, surtout à la veille de l’été, alors que le virus circule moins. Il est préférable d’attendre à l’automne, où une septième vague pourrait survenir. «[Le but], c’est vraiment d’avoir une protection maximale quand il y a plus de cas», a expliqué la Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre, microbiologiste et infectiologue du CHU Sainte-Justine et présidente du Comité d’immunisation du Québec, lors de la conférence de presse de la santé publique.

Encore là, il est nécessaire de patienter au moins trois mois après l’injection de la première dose de rappel ou une infection à la COVID-19. Aux États-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) conseillent pour leur part d’attendre trois mois après avoir été contaminé et quatre mois après l’administration de la première dose de rappel.

Pourquoi est-il justifié de recevoir une dose de rappel?

Il est avantageux de recevoir une dose de rappel parce que la réponse immunitaire que vous développez après avoir reçu une dose d’un vaccin contre la COVID-19 diminue avec le temps.

Une étude publiée en février 2022 dans la revue scientifique The Lancet a examiné l’efficacité des vaccins conçus par Pfizer-BioNTech, Moderna, Janssen et AstraZeneca. Elle a établi que, dans les six mois suivant l’administration d’une vaccination complète, ces sérums sont efficaces dans une proportion qui dépasse 70 %, et même plus de 80 % pour ceux fabriqués avec la technologie ARN messager. Après cette période, la protection diminue. Les vaccins préviennent moins bien les risques d’infection (baisse de plus 20 %) et de complications graves (baisse d’environ 10 %).

«Vos anticorps diminuent avec le temps, de sorte que vous êtes plus sujet à être infecté plus rapidement, mais cela ne veut pas dire que vous êtes à risque de développer des symptômes graves. Au contraire. Cette protection est là pour longtemps», résume le professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Benoit Barbeau.

Qui plus est, le virus SARS-CoV-2 se transforme et mute à force d’infecter de nouvelles personnes et d’en réinfecter d’autres. Il parvient ainsi à déjouer les barrières érigées par les vaccins. «Il cherche toutes les options possibles pour être plus transmissible et être capable de résister à la protection conférée par les vaccins», mentionne le virologue. Il ajoute que plus le virus est contagieux, plus vous devez produire d’anticorps pour le combattre. Et les virus respiratoires sont très susceptibles de réinfecter leurs victimes.

À force de donner de nouvelles doses de vaccin, est-ce que la protection vaccinale risque de diminuer?

«Je ne crois pas que ce soit bénéfique de recevoir continuellement des doses de vaccin pour être toujours en situation de protection et d’augmenter nos anticorps», estime Benoit Barbeau. Le système immunitaire pourrait répondre moins fortement avec le temps.

La formule des vaccins contre la COVID-19 n’a pas changé depuis le début de la campagne de vaccination, mais les entreprises pharmaceutiques tentent d’en concevoir de nouvelles, notamment pour mieux combattre les nouveaux variants et les sous-variants. Pfizer et Moderna ont notamment rappelé leur intention à cet effet récemment.

Comme un vaccin doit être validé au cours d’essais cliniques qui prennent plusieurs mois à être menés à bien, il y a un délai entre l’apparition d’un variant et la distribution des premières doses.

«Sachant qu’on passera à côté de certains variants, on a tout avantage à diversifier le contenu ⦋des vaccins⦌ pour que les gens vaccinés puissent avoir un plus grand spectre de protection», explique le professeur de l’UQAM.

Est-ce que, à l’avenir, des doses de rappel seront offertes tous les ans?

Possiblement. Moderna travaille d’ailleurs sur un vaccin qui pourrait combattre à la fois la COVID-19, l’influenza et d’autres virus respiratoires. Une telle formule serait conçue en fonction des changements observés dans les virus. Elle aurait l’avantage de solliciter le système immunitaire à une seule occasion et de faciliter la logistique entourant les campagnes de vaccination.

«Mais la fameuse quête du Graal, c’est de trouver un vaccin universel, c’est-à-dire qui permettrait à une personne vaccinée d’être protégée contre l’ensemble des souches virales», mentionne Benoit Barbeau. Il souligne que des travaux de recherche sont réalisés depuis plusieurs années pour concevoir un vaccin qui offrirait une protection complète et durable contre l’influenza, et il en sera de même pour la COVID-19.

>> À lire aussi: Trois doses, trois vaccins différents: quels sont les risques?

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