Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Consignes sanitaires: des incongruités qui font rager les parents

Par Marie-Eve Shaffer
consignes-sanitaires Shutterstock.com

Surveiller les symptômes de son enfant. Lui faire passer un test de dépistage. Le garder à la maison. Le retourner à l’école ou pas? Dans la nouvelle stratégie du gouvernement du Québec, qui consiste à «apprendre à vivre avec le virus» de la COVID-19, la pression exercée sur les parents est de plus en plus forte.

Toutes les semaines, l’équipe de Protégez-Vous réfléchit à des conseils pertinents pour mieux traverser la tempête qui bouleverse nos vies depuis bientôt deux ans. Les anecdotes sur les enfants dont le nez coule, qui obtiennent un résultat positif à un test de dépistage ou qui transmettent le virus à la fratrie, ont récemment meublé les discussions.

«Si nous, avec toute l’information que nous avons, peinons à comprendre les consignes, il doit y avoir un paquet de monde de mêlé!», fait remarquer la collègue Clémence avec sa verve habituelle.

Voici un aperçu des défis que doivent relever les parents.

Zone grise à l’école

Ce qui complique la tâche des parents, c’est avant tout que les écoles ne sont plus tenues de les informer si un cas est déclaré dans le groupe de leur enfant, à moins que 60 % des élèves soient en isolement. Ils seront alors avisés que toute la classe poursuivra ses activités à distance. Pourtant, les parents bénéficieraient d’être avisés que leur enfant a été en contact avec un camarade infecté puisqu’ils ont la responsabilité de garder leur enfant à la maison s’il est atteint de la COVID-19.

Les parents doivent donc être constamment à l’affût du moindre signe de fièvre, de mal de gorge ou de perte d’odorat chez leur enfant pour, le cas échéant, lui faire passer un test rapide, s’ils ont réussi à mettre la main sur une trousse. Et, là encore, les petits peuvent être asymptomatiques.

En France, les directions d’école partagent l’information. Les élèves de moins de 12 ans et ceux de 13 ans et plus qui sont pleinement vaccinés subissent un test rapide dès qu’ils apprennent qu’ils ont côtoyé une personne infectée. Dans les quatre jours suivants, ils doivent refaire deux autres tests. Voilà une marche à suivre plus rassurante pour les parents.

Les règles à suivre pour l’école

Ici, dans ses efforts pour simplifier les consignes, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a publié un tableau pour aider les parents dans le cas où leur enfant obtient un résultat positif à un test de dépistage, ressent des symptômes de la COVID-19 ou qu’un membre de la bulle familiale est infecté.

Si un ami de sa classe est malade, il n’a pas à s’isoler, mais il doit prendre ses précautions (distanciation physique, port du masque, etc.). À la condition qu’il sache que le virus a fait des victimes dans son groupe... Dans de nombreuses écoles, des parents se regroupent sur les réseaux sociaux pour faire circuler l’information.

À l’instar des recommandations des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, les Québécois âgés de moins de 12 ans infectés ou potentiellement infectés doivent s’isoler pendant cinq jours, après quoi ils peuvent retourner à l’école s’ils ne font plus de fièvre depuis 24 heures et qu’ils obtiennent un résultat négatif à un test de dépistage. Dans le cas contraire, ils doivent prolonger leur confinement de cinq jours.

Les jeunes de 12 ans et plus doivent pour leur part demeurer à la maison cinq jours s’ils sont adéquatement vaccinés, ou dix jours s’ils n’ont pas relevé leur manche à deux reprises.

Des précisions nécessaires

A priori, les consignes semblent claires, mais il reste des précisions à apporter. Les élèves du primaire qui sont pleinement vaccinés suivent-ils les directives pour leur groupe d’âge ou celles des adolescents? Le MSSS indique qu’ils doivent respecter les mesures sanitaires qui s’appliquent aux 12 ans et moins.

Aussi, que fait-on dans le cas d’une famille nombreuse dont les membres sont successivement infectés? Est-ce que tout le monde s’enferme pendant un mois? Non, pas question d’hiberner. Dès qu’un enfant a terminé sa période d’isolement, il peut reprendre ses activités, précise le MSSS. Dans le pire des cas, s’il demeure à la maison parce que son aîné est contaminé et qu’il contracte à son tour la maladie, il doit prolonger sa retraite, qui s’étendra sur 15 jours, tout au plus.

Et au terme d’un isolement de 10 jours, il n’est pas nécessaire de refaire un test de dépistage, même si l’école le demande. «Dans tous les cas, [l’enfant] peut reprendre ses activités après 10 jours, sans obtenir un résultat négatif à un test rapide», souligne le MSSS.

Les symptômes à surveiller

La liste des symptômes de la COVID-19 fournie par le MSSS a de quoi donner le tournis. Un symptôme ou deux symptômes? Température rectale ou buccale? Une fièvre de 38,1 oC ou de 38,5 oC?

L’énumération est exhaustive parce qu’elle comporte les cas de figure «les plus fréquents et communs, mentionne le MSSS. Ces listes ont été créées pour aider les parents à évaluer s’ils doivent isoler ou non leur enfant et la bulle familiale.»

En Ontario, les parents doivent examiner leur enfant tous les matins pour voir s’il ressent des symptômes de la COVID-19. Ils disposent pour ce faire d’un outil de dépistage en ligne. Celui-ci n’est pas parfait parce que, dès que la case d’un symptôme est cochée, c’est automatiquement l’isolement. Il apporte toutefois des nuances, ce que ne fait pas la liste du gouvernement du Québec. Par exemple, un enfant asthmatique peut montrer des signes d’essoufflement sans être atteint de la COVID-19. Même chose pour une jeune fille qui a la nausée pendant ses menstruations.

Le Québec a aussi conçu un outil d’autoévaluation en ligne, mais il a été retiré. Le MSSS a changé sa stratégie et préfère recommander de recourir aux tests rapides dès l’apparition d’un symptôme.

Les tests rapides

Malgré toutes les difficultés que doivent surmonter les parents, il y a de l’espoir. Jusqu’à tout récemment, il n’était quasiment pas possible de dénicher une trousse de tests rapides dans les pharmacies pour les adolescents qui fréquentent une école secondaire. La quête demeure ardue, mais pas impossible.

Les jeunes âgés de 12 et 13 ans ne pouvaient toutefois pas en obtenir une par eux-mêmes puisqu’ils n’ont pas l’âge légal pour consentir à des soins. Le fardeau des parents s’en trouvait alourdi.

Or, Québec a annoncé dans les derniers jours que des trousses seront remises aux élèves du secondaire ainsi qu’à ceux inscrits aux programmes de formation professionnelle et de formation aux adultes afin qu’ils puissent faire des tests à la maison.

C’est un premier pas, mais il y en a d’autres à faire pour alléger la charge mentale des parents.

>> À lire aussi: COVID-19: ressources fiables et utiles

 

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.