Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Comment encourager les restaurants pendant le confinement?

Par Marie-Eve Shaffer
bouffe-takeout

Uber Eats, Foodora ou encore DoorDash, ces applications de livraison acheminent à votre porte des plats commandés à votre restaurant préféré. Représentent-elles la meilleure façon d’encourager l’industrie de la restauration pendant la période de confinement?

Uber Eats, SkipTheDishes, Foodora, DoorDash et ALCE disposent d’une équipe de livreurs qui, dès que vous passez une commande, assure le lien avec le restaurant pour ensuite vous apporter votre repas.

En échange, ces entreprises touchent des commissions s’élevant jusqu’à 30 % de la facture, d’après l’Association Restauration du Québec (ARQ). Elles imposent également dans certains cas des frais de service et des tarifs de livraison, qui oscillent entre 2 et 6 $. Ceux-ci dépendent du montant de la note et de l’établissement concerné.

Certaines pratiques ont déjà été révisées depuis la mi-mars : Uber Eats a par exemple suspendu ses frais de livraison tandis que DoorDash a réduit ses commissions de 50 %.

 

Davantage de clients servis

Le restaurant haïtien Le Fils à maman, qui a pignon sur rue à Laval, fait affaire avec les applications Uber Eats, Foodora et SkipTheDishes. Celles-ci lui permettent de survivre depuis le début de la pandémie, indique son gérant, Harry Joseph.

«Les commandes ont doublé, mentionne-t-il. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui passent au restaurant. La plupart sont sur la plateforme Uber Eats. Si je n’avais pas Uber, je serais fermé. Je suis en dessous, mais je peux tougher encore six mois à cause d’Uber.»

Harry Joseph convient que ces entreprises grugent son profit, mais elles lui permettent en revanche de rejoindre davantage de clients. «Leurs livreurs couvrent jusqu’à 15 km alors que les miens se limitent à environ 8 km», précise-t-il.

Kevin Fromentin, directeur et partenaire du restaurant montréalais Pastaga, qui a recours aux services de livraison de Uber Eats, abonde dans le même sens. «C’est une plateforme qui permet de faire de la livraison à un maximum de personnes, qu’elles soient bloquées chez elles, en quarantaine ou autre, dit-il. Elles ont accès à notre menu, alors elles peuvent se faire plaisir malgré tout.»

Pour une chaîne de restaurants comme St-Hubert, qui dispose d’un système de livraison et de commande à emporter déjà bien établi, les applications comme Uber Eats, SkipTheDishes et DoorDash offrent une plus grande visibilité. «Il y a des gens qui n’auraient pas pensé à nous ou qui ne connaissent pas nos restaurants. Ça leur permet de nous voir, en plus d’autres restaurants», souligne la directrice des communications de St-Hubert, Josée Vaillancourt. 

Un service essentiel, mais…

Selon l’ARQ, ces applications de livraison représentent «un service essentiel» pendant la période de confinement. «Les restaurants qui n’ont pas de services de livraison ne seraient pas en mesure d’en démarrer un, soulève François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ. Pouvoir faire affaire avec plusieurs [applications de livraison] permet de générer un certain niveau de ventes.»

Ces entreprises de livraison ne représentent toutefois pas une solution à long terme, selon l’ARQ. Elles permettent seulement à ses membres encore ouverts – environ 25 % des 5700 établissements inscrits – de survivre le temps que passe la crise sanitaire.

>> À lire aussi: Est-ce vraiment moins cher d'aller au Costco?

Les commandes directes aux restos

Bien que l’apport de ces applications de livraison ne soit pas négligeable pendant la pandémie de COVID-19, elles ne constituent pas la meilleure façon d’encourager un restaurant.

«[L’idéal], c’est de passer commande au téléphone ou en ligne, insiste Kevin Fromentin. Même si c’est pour un seul plat ou deux, on apprécie ce geste. Tous ces petits gestes mis bout à bout nous permettent de garder la tête hors de l’eau.»

Les commandes à emporter représentent la majorité des ventes du Pastaga, qui se trouve dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. Ses clients demandent les plats qu’ils veulent manger par téléphone ou en ligne et passent les chercher à une heure prédéterminée. Le restaurant offre aussi un service de livraison trois jours par semaine à des points de rencontre annoncés dans les réseaux sociaux. 

Même son de cloche du côté de la chaîne St-Hubert. À peine 4 % de ses transactions sont effectuées sur des applications de livraison. Et pour cause: il n’y a pas de frais supplémentaires, autant pour le client que pour le franchisé, d’après Josée Vaillancourt.

Encourager les restos de quartier

Harry Joseph, du restaurant Le Fils à maman, préfère aussi que les consommateurs communiquent directement avec lui. «Je n’ai pas de commission à payer et mon livreur est déjà en attente pour faire des livraisons», rapporte-t-il.

Pour soutenir les restaurateurs pendant cette période difficile, l’ARQ propose pour sa part aux consommateurs de maintenir leurs habitudes de consommation. «Si votre plaisir du samedi soir, c’était d’aller au resto, trouvez-en un dans votre quartier et commandez un plat», suggère François Meunier, qui conseille également d’acheter des chèques-cadeaux des établissements présentement fermés. «Ça leur permettra peut-être de rester en vie», espère-t-il.

>> À lire aussi: Comment et où trouver les aliments d’ici? et Comment éviter le gaspillage alimentaire

Quelles sont les villes desservies par les applications de livraison?

À la carte express (ALCE)
• Montréal

DoorDash
• Blainville, Brossard, Laval, Lebourgneuf, Lévis, Longueuil, Montréal, Québec, Repentigny, Saint-Eustache, Saint-Jérôme, Sherbrooke, Terrebonne et Vaudreuil

Foodora
• Montréal et Québec

SkipTheDishes
• Blainville, Brossard, Châteauguay, Gatineau, Laval, Lévis, Longueuil, Montréal, Québec, Repentigny, Saguenay, Saint-Eustache, Saint-Jean-sur-Richelieu, Sainte-Thérèse, Sherbrooke, Terrebonne et Trois-Rivières

Uber Eats
• Gatineau, Montréal, Québec, Sherbrooke et Trois-Rivières

*À noter que ces villes sont celles qui sont affichées sur le site internet de ces entreprises de livraison. Leur territoire desservi n’est pas nécessairement limité à ces municipalités. Il est préférable de vérifier en ligne.

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.