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Changements climatiques: le Canada n'est pas prêt

Par Rémi Maillard
ours-polaire Shutterstock.com

Une étude menée par des chercheurs montréalais indique que les pouvoirs publics négligent les conséquences du réchauffement climatique sur la santé.

«Quand on parle des effets sur la santé des changements climatiques, les Canadiens ne pensent pas forcément qu'ils sont concernés. Pourtant, les projections montrent que le Canada devra affronter de nouveaux risques sanitaires liés au réchauffement, comme le virus du Nil occidental, la maladie de Lyme, voire le paludisme», affirme Lea Berrang-Ford, coauteure de l'étude et professeure adjointe au Département de géographie de l'Université McGill, à Montréal.

Des vagues de sécheresse et d'inondations au Canada

«Les Canadiens pourraient également vivre de plus en plus d'épisodes de sécheresse, de vagues de chaleur et d'inondations, poursuit la chercheuse. Parfois les impacts de ces événements extrêmes seront directs, avec des victimes ou des récoltes détruites, mais certains secteurs économiques risquent aussi d'être touchés, notamment l'agriculture.»

Enfin, le réchauffement climatique aura des répercussions spécifiques dans le nord du Canada, souligne Lea Berrang-Ford: «Les différentes modélisations qui ont été faites indiquent que le Grand Nord sera l'une des régions les plus affectées du monde. Il y aura de très importantes élévations de la température, ce qui risque d'entraîner des problèmes en matière de sécurité alimentaire pour les populations locales.»

Un hiver plus court aux graves conséquences

Coauteur de l'étude et colauréat du prix Nobel de la paix en 2007 avec des membres du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), James Ford étudie les effets des changements climatiques sur les populations du Grand Nord depuis plusieurs années. Son constat est sans appel: jusqu'à deux tiers des communautés inuites qui habitent des régions reculées vivent dans l'incertitude de pouvoir se nourrir correctement.

La raison? De 20 à 50 % des aliments que consomment les Inuits proviennent de la chasse. «Comme la saison froide dure de moins en moins longtemps, la rupture des glaces survient plus tôt, ce qui occasionne de graves dangers pour les chasseurs et limite leur capacité à se procurer de la nourriture dans le respect de leurs traditions», explique Lea Berrang-Ford.

Des investissements trop limités

Or, au lieu de se préparer à affronter cette nouvelle donne, le gouvernement fédéral agit au coup par coup et sans vision à long terme, déplore la chercheuse. Au cours de la dernière décennie, Ottawa a investi 16 millions de dollars dans 105 projets consacrés aux conséquences des changements climatiques sur la santé, soit... 5 ¢ par Canadien et par an, critique-t-elle: «Le gouvernement doit élaborer une stratégie à long terme pour affronter les risques qui s'en viennent, planifier des actions concrètes et coordonnées.»

«Adopter une telle stratégie n'a rien d'utopique. Ottawa pourrait s'inspirer de ce qui existe déjà en Australie et au Royaume-Uni, par exemple, où les pouvoirs publics ont su se doter des outils nécessaires pour faire face aux prochains défis des changements climatiques», conclut Lea Berrang-Ford.

Choisir des priorités

Pour redresser la barre, la chercheuse a établi quatre priorités:

  • mettre sur pied une politique nationale pour faciliter l'adaptation des différentes provinces à la nouvelle réalité;
  • déterminer quelles agences ou quels ministères dirigeront réellement les recherches afin d'éviter les conflits de compétences, tant au plan provincial que fédéral;
  • coordonner les résultats obtenus par chaque organisme de recherche, spécialement les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC);
  • mieux cibler les objectifs et la taille des projets et augmenter leur financement.
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  • Par Charles Gauthier
    05 Janvier 2012

    Je suis entièrement d'accord avec cette affirmation : le gouvernement conservateur investi trop peu, en sciences et particulièrement au niveau de l'étude et de la pro-action contre les changements climatiques.

    Mais des 16 M$ investi pour 30-32 M de canadiens, c'est bien 50¢ / canadien, et non 5¢.C'est déjà 10 fois plus que l'affirmation de la chercheuse Lea Berrang-Ford. Confions-lui la recherche, mais pas le marketing de son budget !

    Qu'importe, virons les conservateurs !

    Et pour le titre de l'article, c'est pas fort. Avant de frapper le mur des changements climatiques, il ne faut pas souhaiter "Être prêt", mais commencer OPC (non, pas Office de la Protection du Consomateur. Est-ce que ça existe encore ? Donc l,autre OPC, celui de L'URGENCE, sans attente !) à ralentir notre consomation d'ÉNERGIE débridée et abusive...

    Voir "Déni de l'évidence" de Mes Aïeux !

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