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Prend-on trop de suppléments de calcium et de vitamine D?

Par Bruno Geoffroy
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Calcium et vitamine D sont nécessaires au corps humain. Mais combien faut-il en consommer chaque jour?

Une étude de l'Institute of Medicine (IOM), commandée par le Canada et les États-Unis, donne les réponses et remet à jour les données sur les apports quotidiens recommandés. Dans son rapport rendu public à la fin novembre, l’organisme indépendant conclut que les suppléments de calcium ne sont pas nécessaires pour les personnes en bonne santé. Quant à la vitamine D, la prise d'une quantité importante n’est pas justifiée malgré les recommandations de nombreux médecins et laboratoires.

Pour arriver à de telles conclusions, l'IOM a analysé les résultats de plus de 1 000 études consacrées à ces nutriments. Les auteurs du rapport ont un avis mitigé pour ce qui est des vertus de la vitamine D contre le cancer, le diabète, les maladies cardio-vasculaires et auto-immunes. Selon l’IOM, il n'existe pas assez de preuves pour conclure que la vitamine D a un quelconque effet protecteur.

Par contre, il y a consensus indéniable sur les rôles importants joués par la vitamine D et le calcium dans la croissance osseuse et la bonne santé du squelette. «Une étude publiée en 2006 dans la revue Bone montrait aussi que l’exercice physique régulier avec mise en charge permettait d’augmenter la densité osseuse des femmes préménopausées. L’exercice, allié à une alimentation riche en vitamine D et en calcium, est un moyen de garder des os en bonne santé», dit Roland Savard, professeur au département des sciences biologiques de l’UQAM.

Les bonnes doses de calcium et de vitamine D

Le rapport de l’IOM note que la majorité des Américains et des Canadiens absorbent d’ores et déjà assez de calcium et de vitamine D par l'alimentation.

Le document précise que nous n’avons pas besoin de plus de 600 unités internationales (UI) de vitamine D par jour jusqu'à l'âge de 70 ans, et de 800 UI à partir de 71 ans. La vitamine D, qui favorise l'absorption intestinale du calcium, se retrouve dans les produits laitiers, le poisson, le foie, et lors d'une exposition limitée au soleil.

Pour le calcium, les besoins varient selon l’âge. Chez les enfants et les adolescents, les recommandations sont les suivantes:

•   700 mg par jour pour les enfants de 1 à 3 ans;
•   1000 mg pour les 4 à 8 ans;
•   1300 mg pour les 9 à 18 ans.

Chez les adultes âgés de 19 à 50 ans, 1000 mg de calcium suffisent. À partir de 51 ans, les femmes auront besoin d’au moins 1200 mg par jour tandis que les hommes devront en consommer 1000 mg jusqu'à 71 ans.

«Cela ne sert à rien d’ingurgiter du calcium supplémentaire. Nous en avons bien assez dans notre alimentation. En ce sens, le rapport ne me surprend pas. Le calcium, on le retrouve principalement dans les produits laitiers, les épinards, les brocolis, les agrumes, le poisson ou les amandes», indique M. Savard.

À risque

Des études canadiennes et américaines menées au plan national indiquent que la plupart des gens consomment suffisamment de calcium. Une exception: les filles âgées entre 9 et 18 ans.

Les femmes ménopausées qui prennent des suppléments s‘exposent à des calculs rénaux dus à excès de calcium. Une surdose pourrait augmenter les risques de maladies cardio-vasculaires, toujours selon l’IOM.

Concernant la vitamine D, des niveaux trop importants dans le corps (au dessus de 10 000 UI par jour) mènent à des lésions rénales ou tissulaires et augmentent les risques de fractures. L’IOM recommande de ne pas recourir systématiquement à la prise de vitamine D tant qu'il n'y aura pas eu de recherche clinique convaincante, permettant d'évaluer les bénéfices et la toxicité éventuelle.

Le business des suppléments à base de vitamine D

Rien qu’aux États-Unis, les ventes de suppléments à base de vitamine D ont explosé entre 2008 et 2009: une augmentation de 89 % pour un chiffre d’affaires de 430 millions de dollars américains. Un marché gigantesque qu'encouragent certains médecins trop enthousiastes à la prescrire à leurs patients.

L’un des auteurs du rapport de l’IOM, le docteur Christopher Kovacs de la Memorial University de Terre-Neuve, explique que «certains praticiens sont en conflits d’intérêts. Ils ne jugent pas objectivement et scientifiquement leurs études et les impacts associés. Rien de plus normal qu’ils contestent nos résultats et s’étonnent que nous ne recommandions pas des apports quotidiens plus conséquents.»

«C’est certain que les conclusions de notre rapport bien documenté en ont surpris plus d’un. Elles défient directement le concept du “plus c’est mieux” qui s’était répandu jusqu’alors dans la communauté médicale et les médias», conclut-il.

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  • Par Marie-Pierre Allard
    05 Janvier 2012

    J'aurais bien aimé savoir si cette étude remet en cause la recommandation de donner des suppléments de vitamine D aux bébés allaités exclusivement.

     9
  • Par Bertrand Morin
    05 Janvier 2012

    Pour ce qui est de la quantité problématique de vitamine D mentionnée dans l'article, 10 000 UI, ça équivaut à 25 comprimés par jour! Tiens, j'ai faim, je vais tout de suite manger mon bol quotidien de comprimés de vitamine D...

     3
  • Par DIANE Croteau
    05 Janvier 2012

    Vous venez de me "faire réfléchir...". Je prend des suppléments vitaminiques depuis plusieurs années, en me disant qu'en vieillissant, j'en ai peut-être besoin davantage que ce que j'obtiens dans ma nourriture de tous les jours. Mais je mange " bien " et même si j'oublie de prendre ces vitamines pendant quelques jours, je ne sens pas la différence.
    Après-tout, ma mère et ma grand-mère ne prenaient aucun de ces " suppléments " et s'en ont sorties très bien.
    Je vais quand même y réfléchir encore ; à l'époque, les aliments n'étaient pas aussi " contaminés ".

     2
  • Par LISE EMOND
    05 Janvier 2012

    Moi, je prends sur ordonnance un seul comprimé de 10 000 UI par semaine.

    Lise Émond