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Les bactéries au secours de votre santé

Par Bruno Geoffroy
Bacteries et santé

Principalement carné, sucré et gras, le régime alimentaire des pays riches a-t-il un impact sur notre flore intestinale et notre santé? Une récente étude a tenté de répondre à cette question.

Photo: iStockphoto

Depuis quelques années, les études montrent que les allergies et les maladies auto-immunes ou inflammatoires sont en pleine expansion chez les enfants et les adultes des pays développés. Une conséquence supposée des progrès en matière d’hygiène, de vaccination et d’efficacité des antibiotiques.

Les chercheurs attribueraient ce paradoxe à la faible diversité de notre flore bactérienne.

Du Burkina Faso à l’Italie

Pour comprendre ce phénomène, une équipe menée par le professeur Paolo Lionetti, de l’Université de Florence, a comparé la population d’entérobactéries présente chez les enfants vivant dans des régions rurales du Burkina Faso et d’Italie. Et les scientifiques se sont posé cette question : les habitudes alimentaires jouent-elles un rôle dans la richesse de la flore intestinale ?

Les enfants burkinabés ont un régime alimentaire riche en fibres, en céréales et en légumes, à l’opposé de celui des petits Européens, qui mangent beaucoup de viande et peu de fibres.

Premier constat des chercheurs : les populations bactériennes des deux groupes étudiés sont très différentes.

Deuxième constat : celle des enfants africains est très diversifiée, ce qui leur permettrait de mieux résister à la colonisation de leurs intestins par des pathogènes responsables de maladies gastro-intestinales ou d’inflammations.

Une piste intéressante

« Ces constatations viennent appuyer l’hypothèse scientifique que l’apparition de maladies inflammatoires est directement liée à la diversité de la flore bactérienne. Cela pourrait expliquer pourquoi la maladie de Crohn est surtout observée dans les pays développés, mais pas dans les pays proches de la ligne de l’Équateur », dit le Dr Patrick Godet, gastroentérologue à l’hôpital LaSalle, à Montréal.

Fait intéressant : l’étude italienne observe aussi que la composition de la population bactérienne d’enfants allaités au Burkina Faso et en Italie est pratiquement identique. Conclusion : la différenciation se ferait une fois que les enfants adoptent le régime alimentaire de leur pays.

« La piste des habitudes alimentaires est très intéressante, mais il est tout de même difficile de départager l’influence de l’alimentation de celle de l’environnement (climat, faune, flore) dans le développement de la flore intestinale d’un individu. En Occident, la faible exposition aux microbes durant l’enfance nous rend plus fragiles face aux maladies. D’autres études restent à entreprendre pour valider l’hypothèse que l’alimentation joue un rôle dominant dans le développement ou non de maladies inflammatoires intestinales », précise le Dr Godet.

Glenn Gibson, professeur de microbiologie alimentaire à l’Université de Reading, en Grande-Bretagne, estime que des traitements antiallergiques basés sur des bactéries intestinales pourraient voir le jour dans le futur.

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  • Par Robert Bourgault
    05 Janvier 2012

    Quand on sait les conditions de vie de la population que nous de ces pays l'on peut se poser des questions sur la validité et le sérieux d'une telle étude. Je pense qu'une des principales cause de déces chez les enfants dans ces populations sont les maladies gastrointestinales!

     2
  • Par BRIGITTE HANNEQUIN
    05 Janvier 2012

    Cet article ne me convainc pas du tout. Comme je connais bien le Burkina Faso, je puis vous dire qu'il y a un fort taux de mortalité avant l'âge de 5 ans, une des causes étant... la diarrhée compte tenu de l'insalubrité de l'eau ! Ainsi, les enfants burkinabés faisant partie de l'étude ont nécessairement une bonne flore bactérienne ! Si on suit la logique selon laquelle on n'est pas assez en contact avec les bactéries*, on devrait boire de l'eau insalubre... Aussi, s'il y avait des enfants burkinabés fortement allergiques, puisqu'ils ne sont pas diagnostiqués faute de services de santé, ils sont morts, donc, ne font pas partie de l'étude.

    *Ceci est faux. Regarder les jeunes enfants: ils trottent sur le tapis, se sucent les doigts; vont magasin, sucent les objets en provenance de Chine. Bref, ils sont en contacts avec des bactéries et des produits chimiques.

    Par ailleurs, j'hésite à donner des probiotiques lors d'épisodes allergiques. Pourquoi ? Car ils stimulent le système immunitaire et, si je comprends bien l'allergie, celle-ci est un épisode durant lequel le syst immu est justement en surfonctionnement.

  • Par Anne Boudreault
    05 Janvier 2012

    Je serai intéressée à voir les applications pratiques de ces recherches.