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EXCLUSIF - Des immeubles LEED plus énergivores que les non certifiés

Par Stéphan Dussault
BatimentLeed171110G Photo: ecohabitation.com

Environ le tiers des bâtisses LEED consommeraient plus d’énergie que celles sans aucune certification, conclut une étude préliminaire canadienne.

Une étude menée par le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) du Canada sur 100 immeubles certifiés LEED conclut que «de 28 à 35 %» d’entre eux consomment plus d’énergie que les immeubles contruits sans normes environnementales.

Le CNRS a passé sous la loupe 100 immeubles commerciaux américains qui avaient déjà fait l’objet d’une étude aux États-Unis. C’est en concentrant leur analyse sur l’efficacité énergétique de ces immeubles que les chercheurs canadiens sont arrivés à ces conclusions.

«C’est très, très surprenant comme résultat, dit Jean-Sébastien Trudel, président d’Ellipsos, une firme d’experts-conseils en développement durable. On s’attendrait plutôt à ce que les immeubles certifiés LEED dépassent les normes du code du bâtiment, surtout que ces normes ne sont pas très élevées.»

Malhonnêteté et ignorance

Les chercheurs n’ont pas analysé les raisons de ces faibles résultats. Selon Emmanuel Cosgrove, évaluateur LEED au Canada, des spécialistes ont probablement exagéré les économies possibles au départ du projet. «C’est connu dans le milieu; les ingénieurs mécaniques – ceux qui effectuent les calculs – se font souvent dire par leurs clients qu’ils doivent atteindre tel ou tel niveau. Parfois, ils s’arrangent pour les atteindre sur papier.»

«Des appareils mal entretenus, un mode d’emploi mal compris, plus de travailleurs que prévu dans la bâtisse et vous vous retrouvez avec un immeuble moins efficace que prévu», ajoute Jean-Sébastien Trudel.

Cela dit, les chercheurs prennent bien soin de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Individuellement, plusieurs immeubles montrent des déficiences, mais globalement, on arrive tout de même à une économie moyenne d’énergie de plus de 20 %, précise-t-on dans l’étude.

Et les maisons?

On parle ici de bâtiments commerciaux, le type d’immeuble où l’on retrouve le plus la certification LEED. Une réalité similaire dans le résidentiel? «Quand ça coûte moins cher, les résidents sont malheureusement tentés de dépenser davantage, entre autres, en haussant le thermostat pour augmenter leur confort», constate Bradley Bernèche, président des Maisons Alouette. Il y a trois ans, le constructeur a édifié, en Estrie, la maison Éco Terra, l’une des résidences les plus écoénergétiques au Québec, dans le cadre du programme fédéral Equilibrium. Équipée entre autres de panneaux solaires, de la géothermie et isolée de façon exceptionnelle, ses occupants dépensent quand même plus d’électricité que prévu.

«Cela dit, les logiciels utilisés pour estimer les dépenses énergétiques d’une maison LEED sont reconnus pour être plus près de la réalité que ceux utilisés pour les immeubles commerciaux», assure Emmanuel Cosgrove.

«L’industrie est aussi en mode apprentissage», ajoute Jean-Sébastien Trudel. Par exemple, sur la maison Eco Terra, la pente du toit est insuffisante pour bien évacuer la neige des panneaux solaires. Une erreur d’inclinaison de seulement cinq degrés, mais qui a pour conséquence de diminuer de 6 % la production d’électricité des panneaux solaires.

Au Québec, on commence à peine à construire des maisons certifiées LEED. En date du 25 octobre 2010, on en comptait moins de 20.

Une norme flexible

LEED est l’acronyme de Leadership in Energy and Environmental Design. Comme son nom l’indique, la consommation énergétique n’est que l’un des aspects de la certification LEED. Il s’agit aussi de l’un des programmes environnementaux les plus souples. Le but est d’obtenir un certain nombre de points dans plusieurs catégories.

Vous optimisez l’isolation? Ajoutez deux points. Vous utilisez du gypse recyclé? C’est un point. Vous plantez des variétés résistantes à la sécheresse dans votre cour? Deux points. Vous utilisez des électroménagers à haute efficacité? Encore deux points. Vous utilisez du bois franc tropical certifié FSC (pour Forest Stewardship Council) qui garantit des règles strictes pour régir les forêts? Aucun point, c’est la base!

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  • Par Hugo Lafrance
    05 Janvier 2012

    Attention, il y a quelques informations inexactes. L'étude en question ne compare pas des bâtiments certifiés LEED avec des bâtiments construits "contruits sans normes environnementales" : ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas utilisé de système d'évaluation par un tiers partie qu'ils n'étaient pas soumis aux normes environnementales. Les bonnes pratiques restent des bonnes pratiques, qu'elles soient évaluées ou non, et inversement pour les mauvaises pratiques. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai assisté à une conférence de chercheurs qui faisaient état que l'ensemble des bâtiments certifiés LEED faisaient beaucoup mieux (+/- 30%) que ceux qui ne le sont pas.environnementales.

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  • Par Emmanuel Cosgrove
    05 Janvier 2012

    Une petite précision: contrairement à ce qu'affirme la dernière phrase de l'article, la certification FSC donne une coupe de pouce important côté points. Si tous les éléments de charpente, de couvre-sol, de terrasses et d'armoires sont certifiés FSC, le projet obtient 6 points additionnels (tableau MR 2.2).

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  • Par François Isabelle
    05 Janvier 2012

    Il y a 4 degrés à un bâtiment LEED.
    LEED certifié, argent, or et platine.
    Le système de pointage pour énergie et atmosphère ne compte que pour 20% des points. On peut donc échouer en efficacité énergétique et être certifié...

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