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Rentrée scolaire: préparez-vous à payer plus

Par Rémi Leroux
Rentrée scolaire: préparez-vous à payer plus

Fournitures scolaires, service de garde, frais administratifs… La hausse des prix et les compressions dans les commissions scolaires fragilisent le budget des familles.

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Photo: Shutterstock

Marie-Claude, une mère de famille de Longueuil ayant deux enfants âgés de 8 et 6 ans, a fait ses comptes: elle a déjà dépensé 400 $ en diverses fournitures scolaires, sacs à dos et boîtes à lunch pour préparer la rentrée à l’école de ses mousses. «Et je n’ai pas encore fait le tri des vêtements, dit-elle. S’ils ont grandi, je vais devoir dépenser environ 100 $ pour chacun d’eux.»


Total probable de la facture de la rentrée, en moyenne, cette année: 600 $. De quoi faire sursauter les parents, qui ne sont pourtant pas au bout de leur peine. En effet, depuis 2010, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 7,5 %, selon Statistiques Canada, «ce qui a un impact important sur les dépenses entourant la rentrée scolaire et, donc, sur le portefeuille des familles», affirme Philippe Viel, porte-parole de l’Union des consommateurs.

L’inflation et la faiblesse du dollar canadien pousseront les prix à la hausse encore cette année, confirme une analyse du cabinet d’audit financier EY, qui prévoit aussi que les dépenses liées à la rentrée scolaire augmenteront de 4 % au Canada.

En 2013, un sondage réalisé par les Fonds Universitas révélait que les Québécois dépensaient en moyenne 705 $ par enfant par an, du préscolaire à l’université, pour les effets scolaires et les frais d’inscription. Dès le primaire, les dépenses commencent: 52 % des parents affirment alors dépenser en moyenne quelque 200 $ par année pour chaque enfant. Et ça grimpe à 5 000 $ pour ceux ayant un jeune inscrit à l’université.

Coûteuses journées pédagogiques

En plus des dépenses habituelles pour la rentrée, les familles québécoises pourraient devoir débourser davantage pour faire garder leurs enfants à l’école durant les journées pédagogiques.

En effet, au printemps, le gouvernement québécois a annoncé la réduction de la subvention consacrée aux services de garde pendant les journées pédagogiques. Versée aux commissions scolaires, cette subvention est maintenant passée de 16,39 à 7,93 $ par jour par enfant, détaille Caroline Lemieux, attachée de presse à la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). «Les commissions scolaires subissent donc un manque à gagner de plus de 50 %. Certaines n’auront pas d’autres choix que de hausser les tarifs du service de garde pour les journées pédagogiques.»

Les augmentations varieront cependant d’une commission scolaire à l’autre, précise-t-elle. Dans le pire des cas, le tarif pour la journée doublera, passant de 8 à 16 $ par enfant. Comme il y a une quinzaine de journées pédagogiques en moyenne par an, la facture pourrait donc passer de 120 $ à 240 $ par enfant.

À noter que cette augmentation ne tient pas compte des journées pédagogiques durant lesquelles des activités sont organisées à l’extérieur de l’école. Dans ce cas, d’autres tarifs seront établis en fonction de l’activité.

Des frais, encore des frais

Autre ombre au tableau pour le budget des familles: les frais réclamés par les services de garde, qui se multiplient.

«Ce n’est pas nouveau, mais, malheureusement, c’est une tendance qui se généralise depuis quelques années, confirme Josée Plante, directrice générale de l’Association des services de garde en milieu scolaire du Québec (ASGEMSQ). C’est un effet direct des compressions budgétaires du gouvernement, qui subventionne en partie les services de garde.»

«Depuis 2010, les commissions scolaires ont été privées d’un milliard de dollars de subventions gouvernementales, affirme Caroline Lemieux de la FCSQ. Pour l’année scolaire 2015-2016, les coupures représentent 200 millions de dollars à l’échelle du Québec.»

Interrogé par Protégez-Vous sur l'impact de ces coupures, le ministère de l'Éducation, de l'Enseignement et de la Recherche a répondu de façon évasive à nos questions et s’est contenté de rappeler que les commissions scolaires, responsables d'établir la tarification des journées pédagogiques, «ne sont pas obligées d'augmenter les contributions parentales.» Pascal Ouellet, responsable des relations de presse à la Direction des communications du ministère, précise que «les frais des services de garde pour les journées pédagogiques sont, sous certaines conditions, admissibles à un crédit d'impôt.» Le crédit ne s'appliquera qu'aux frais ajoutés au tarif de base de 8 $; les modalités de son application restent encore à préciser.

Pour rééquilibrer leur budget, les services de garde demandent une plus grande contribution financière de la part des usagers. «Ainsi, dès cette année, certaines commissions scolaires appliqueront des frais d’ouverture de dossier ou des frais d’administration», explique Josée Plante. Par exemple, les parents pourraient devoir défrayer jusqu’à 20 $ pour une modification de la fréquentation du service de garde. Des frais supplémentaires pourraient aussi être facturés aux parents qui arrivent en retard en fin de journée pour venir chercher leur enfant – jusqu’à 5 $ par tranche de 5 minutes de retard, par exemple.

«Alors que l’accès à l’éducation est censé être universel et gratuit, on se rend compte que ce n’est plus le cas», juge Philippe Viel de l’Union des consommateurs.