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Courir sans chaussures, bonne idée ou pas?

Par Guy Sabourin
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De plus en plus de sportifs essaient la course à pied sans souliers de course. Mais une récente étude jette un nouvel éclairage sur cette pratique.

La tendance nous vient de Californie. Les adeptes de la course pieds nus parlent de retour aux sources, de course plus naturelle, de meilleures performances. Se passer du poids des chaussures permettrait-il de dépenser moins d’énergie? La réponse est non, selon une étude (en anglais) publiée par des chercheurs de l’Université du Colorado.

Une plus grande dépense

Les auteurs ont fait courir sur un tapis roulant, avec et sans chaussures, 12 joggeurs bien entraînés et expérimentés en course pieds nus. Les chaussures utilisées étaient des modèles légers et coussinés pesant 150 g. Quand ils couraient sans chaussures, les sujets ne portaient qu’un fin bas de yoga, pour des raisons d’hygiène et pour prévenir les ampoules. Enfin, les chercheurs ont attaché de fines lanières de plomb de 150 g sur le dessus de leurs bas de yoga, pour simuler le poids de la chaussure.

Conclusion: nu-pieds, la dépense d’énergie était supérieure de presque 4 % à chaque foulée par rapport à la course avec des chaussures. Les chaussures offrent un «coussinage», expliquent les chercheurs. Lorsqu’on court les pieds nus, quelque chose d’autre doit faire office d’amortisseur et absorber l’énergie quand le pied touche le sol. L’étude démontre que ce sont alors les muscles des jambes qui assument cette fonction, ce qui requiert davantage d’énergie. Le coût métabolique de l’activité s’accroît donc.

Pourquoi courir pieds nus?

Le kinésiologue Daniel Riou, animateur du blogue Course à pied, estime que la conclusion de cette étude est surtout pertinente pour ceux qui cherchent le moyen de courir plus vite. Or, courir pieds nus servirait avant tout à améliorer sa technique. «Pieds nus, on a une mécanique plus protectrice, explique-t-il. Tandis qu’avec un pied mieux protégé, le corps se laisse aller, devient moins protecteur envers ses articulations, et se permet donc d’être plus efficace.» Selon Daniel Riou, la course pieds nus resterait donc un bon complément afin de renforcer les muscles du pied.
 
«La majorité des coureurs de tous les jours attaquent le sol avec le talon, alors que la bonne façon, c’est avec l’avant du pied, ajoute François Prince, professeur aux départements de kinésiologie et de chirurgie de l’Université de Montréal. Courir pieds nus peut vous aider à modifier votre technique, car si vous attaquez avec le talon, vous allez vous faire mal.»

Pour autant, assurez-vous d’y aller pas à pas. «Graduellement, sur six mois par exemple, vous pouvez enlever vos chaussures en fin d’entraînement et faire quelques tours de piste nu-pieds en rapetissant les foulées et en prenant soin d’attaquer avec l’avant du pied», explique François Prince. Et gare aux risques de blessure: la piste est bien sûr plus appropriée pour courir nu-pieds.

Pour en savoir plus

L’étude de l’Université du Colorado (en anglais), publiée dans la revue Medicine & Science in Sports & Exercise

Sommes-nous faits pour courir pieds nus?, sur le site du magazine Sciences et Avenir

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  • Par blaise Dubois
    07 Novembre 2012

    Attention de ne pas généraliser. L'étude discutée ici (Franz-2012) a été faite sur une population chaussant des chaussures minimalistes, courant avec une technique sur l'avant pied et intégrant du pied nu dans leur entrainement. Cette étude est donc valable pour la population étudiée. Attention d'extrapoler, cette population ne correspond qu'à 3 à 5% des coureurs! Plusieurs autres études ont montré que le pied nu était plus économique que les chaussures.
    Blaise Dubois, physiotérapeute

     6
  • Par REAL POIRIER
    13 Avril 2013

    J'ai un sérieux problème de dos et de hanche, car je souffre de la maladie de Paget. Depuis que je marche avec des souliers pieds nu-pied, c'est-à-dire avec des souliers sans aucun support, ni coussinet, je me porte beaucoup mieux. Je n'ai plus de douleurs à la hanche et mon dos ne me fait plus souffrir. Pas besoin de payer des prix exhorbitants pour ces chaussures, J'en ai acheté à 35$, comparé à des Merrell de 140 voir 185$, c'est une aubaine. Il y a maintenant des boutiques Bare Foot Shoes un peu partout aux USA, ça s'en vient au Canada et j'en suis bien content. J'ai 78 ans et je marche entre 8 et 10 km par jours, beau temps, mauvais temps, tous les jours depuis plus de vingt ans...

     5
  • Par Bertrand Morin
    19 Octobre 2012

    Je cours depuis trois ans et demi avec la technique du cycle avant (technique minimaliste) pieds nus ou avec des souliers minimalistes. J'ai donc maintenant une bonne technique de course, rapide et efficace. Je tenais à rectifier certains faits mentionnés dans l'article et l'étude.

    Tout d'abord, un soulier de 150g, c'est un "racer". Ce n'est pas un soulier qui offre beaucoup de coussinage. Son influence sur l'amortissement est donc très limitée voire infime pour un coureur élite.

    Deuxièmement, la conclusion est: courir pieds nus avec des poids équivalents à la masse des chaussures donne une dépense 3 à 4% supérieure. Pieds nus sans fils de plomb, ça donnerait à peu près la même chose.

    Tertio, les conclusions de l'étude sont basées sur des essais sur tapis roulant, une surface non optimale pour la course à pieds nus car une partie du transfert d'énergie est transmis à la machine. Si on avait réalisé la même étude sur un plancher de béton, il est bien possible que les pieds nus auraient lever leurs orteils de fierté à l'arrivée.

    Quatrièmement, il est bon de souligner que la vitesse des coureurs était de 3,35 mètres par seconde, soit environ 12km/h ou 5 minutes par km. Ce n'est pas une vitesse de coureur élite et même pas une vitesse efficace pour la course en cycle avant. En effet, en cycle avant, le transfert d'énergie se fait principalement au niveau du tendon d'Achille. C'est ce dernier qui agit comme un ressort en s'étirant légèrement et retransmettant rapidement l'énergie. Chez un coureur élite, cette phase de transfert d'énergie sollicite surtout les tendons, donc beaucoup moins les muscles. Cependant, à vitesse réduite, les muscles forcent beaucoup plus et comme dans le cas du kangourou qui dépense plus à 25km/h qu'à 50km/h.

    Finalement, il est bien possible que les différences enregistrées soient dues à la plus grande stabilité des souliers sur le tapis roulant et leur meilleure adhérence.

    En somme, l'étude nous permet d'affirmer que faire un petit jog du dimanche au gym du coin avec des chaussures de compétition fait dépenser un peu moins d'énergie que de le faire avec des chaussettes de yoga sur lesquelles on aurait cousu des lanières de plomb. Pas sûr que ce soit très concluant...

     4
  • Par Aline Picard
    06 Avril 2012

    Je ne comprends pas cette phrase :

    Et gare aux risques de blessure: la piste est bien sûr plus appropriée pour courir nu-pieds.

    Pouvez-vous expliquer s.v.p.?

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    journalist
    Par Laure Marcus de Protégez-Vous
    06 Avril 2012

    Les pistes d’athlétisme sont plus appropriées que des terrains naturels pour courir nu-pieds, afin d’éviter les blessures avec des cailloux, branches ou vitres.

     1
  • Par Marc-André Lussier
    15 Avril 2012

    Le fait d'ajouter des lanières de 150 g équivalant la masse des chaussures vient biaiser l'expérience au détriment des pieds nus. En effet aujourd'hui, on court avec un minimum de masse ajoutée et rien n'oblige un coureur à porter une masse équivalente à tout l'habillement qu'on portait autrefois. Le fait d'ajouter quelque masse que ce soit représentera toujours une dépense défavorable d'énergie. je préfèrerais voir la comparaison "souliers vs pieds nus" toute autre masse étant la même sans autre ajout.

    Par Bertrand Morin
    17 Avril 2012

    En fait, le but de l'étude était de vérifier isolément l'effet du coussinage sur les performances. Le journaliste n'a cependant rien compris ou tout simplement pas lu l'étude. On peut aussi se questionner sur la simple démarche scientifique de la recherche. Les chercheurs voulaient isoler l'effet coussinage mais ce n'est pas sûr que les différences obtenues en découlent.