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Triche de Volkswagen: quelles conséquences pour les propriétaires?

Par Julien Amado
Triche de Volkswagen: quelles conséquences pour les propriétaires?

La supercherie de Volkswagen sur les systèmes antipollution aura probablement des conséquences sur la valeur de revente des véhicules diesel.

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Photo: Volkswagen

L’annonce de cette tricherie de grande ampleur a fait le tour de la planète en quelques jours. Dans ses voitures équipées du moteur 4 cylindres 2 L diesel de type EA189, Volkswagen a intégré un logiciel capable de contourner les contrôles antipollution. Les véhicules concernés sont:

• Volkswagen Jetta (2009-2015)
• Volkswagen Golf (2009-2015)
• Volkswagen Beetle (2009-2015)
• Volkswagen Passat (2012-2015)
• Audi A3 (2009-2015)

Lorsqu’elles détectent un contrôle fait par les autorités, ces automobiles activent leur système de dépollution au maximum afin de respecter les normes et faire croire que leur moteur respecte l’environnement.

Une fois le test achevé, elles désactivent automatiquement leur système de dépollution et reviennent en mode «normal», qui dépasse largement les limites autorisées. Et pas seulement un peu: l’agence de la protection de l’environnement américaine (EPA) a noté des rejets d’oxydes d’azote (des gaz très polluants et dangereux pour la santé) jusqu’à 40 fois plus élevés lorsque le véhicule est conduit en mode normal.

Volkswagen a avoué que ce logiciel est installé dans 11 millions de voitures dans le monde. Au Canada, environ 100 000 véhicules seraient concernés, selon un communiqué envoyé par Environnement Canada à Protégez-Vous.

Quelles conséquences pour les propriétaires?

La bonne nouvelle, pour les automobilistes concernés, c’est que la supercherie n’a aucune incidence sur la sécurité. Ces automobiles diesel polluent trop, mais ne mettent pas leurs occupants en danger. À l’heure actuelle, Volkswagen n’a pas encore publié de communiqué concernant la manière dont le problème sera réglé.

Plusieurs solutions sont possibles. La première serait de dédommager financièrement les propriétaires en leur proposant d’acheter un autre véhicule Volkswagen. On peut supposer que le montant serait octroyé en fonction de la valeur actuelle du véhicule, faisant en sorte que les propriétaires de voitures de l’année-modèle 2015 recevraient davantage que ceux qui ont une voiture de 2009.

Une autre solution serait de procéder à un rappel massif des véhicules. Encore faut-il que les moteurs puissent respecter les normes antipollution, souligne George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes. «Si le constructeur n’est pas capable de respecter les normes, il devra probablement payer de fortes amendes et négocier un engagement à produire des véhicules moins polluants ou zéro émission pour compenser.»

Plus gourmandes… et moins puissantes?

George Iny croit que l’hypothèse d’un rappel est la plus plausible. «Volkswagen pourrait décider d’un rappel et reprogrammer ses voitures pour activer le système antipollution en permanence. Mais cela risque de réduire la puissance du moteur ou d’augmenter la consommation de carburant, voire les deux», explique-t-il.

Les acheteurs accepteront-ils de rouler avec une auto moins puissante? Accepteront-ils d’avoir une voiture qui consomme plus de diesel qu’auparavant? «S’il est démontré que le moteur devient alors moins efficace, il est évident que les gens tarderont à rapporter leur auto pour le rappel, surtout qu’il ne concerne pas la sécurité. Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, un véhicule sur trois n’est pas réparé quand un rappel est lancé», ajoute George Iny.

En cas de rappel, la valeur de revente de ces véhicules risque aussi d’être plus faible. Certains propriétaires n’ont pas attendu de savoir quelle serait la décision de Volkswagen pour faire connaître leur mécontentement. Selon le Journal de Montréal, deux cabinets d’avocats ont déjà déposé des recours collectifs contre Volkswagen.

En plus de ces actions qui risquent de se multiplier au Canada et chez nos voisins du Sud, le groupe Volkswagen s’expose à des amendes salées de la part des autorités. Aux États-Unis, l’amende maximale s’élève à 18 milliards de dollars pour les 500 000 véhicules concernés. Au Canada, le montant maximum fixé par Environnement Canada s’élève à 6 millions de dollars par infraction.