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Votre conseiller financier est-il digne de confiance?

Par Stéphane Desjardins Mise en ligne : 01 Août 2012 Shutterstock

Votre conseiller financier est-il digne de confiance Shutterstock

Votre trésor de guerre est-il en sécurité? Savez-vous vraiment qui est cette personne qui gère vos placements, alors que vous ne l’avez rencontrée que pendant deux heures, il y a trois ans?

Le 17 juillet dernier, le conseiller en sécurité financière Claude Martineau, de Trois-Rivières, est radié pendant trois mois. Il a contrefait la signature d’un client sur des formulaires. Il a aussi fait faussement croire à ses clients que ses honoraires seraient remboursés. De plus, il a remis des reçus d’impôt à des clients pour que ces derniers puissent s’en servir dans leurs déductions. Mais ces reçus étaient des faux.

Le lendemain, Yannick Lessard, un conseiller de Montréal, a perdu le droit de pratiquer son métier pendant cinq ans. Il a incité une cliente à investir 40 000 $ dans des actions d’une compagnie minière alors qu’il ne possédait pas de permis pour le faire, ni prospectus, ni document. Pire: il a demandé à sa cliente de contracter une hypothèque et avait garanti personnellement son remboursement, se plaçant ainsi en conflit d’intérêts.

Le 25 juillet, le conseiller Christian Pitre, de Québec, est radié pour deux mois. Il a fait signer des formulaires en blanc à ses clients. Il a écopé d’une amende de 24 000 $.

Ces trois exemples récents de décisions du Comité de discipline de la Chambre de sécurité financière, qui encadre 31 000 conseillers au Québec, démontrent qu’il faut toujours être prudent quand on confie son argent à quelqu’un, qu’il soit indépendant ou rattaché à une institution financière. Le syndic de la Chambre a ainsi une quarantaine de dossiers à l’étude de conseillers congédiés par les banques pour fautes professionnelles, depuis un an.

Méfiez-vous!

Ne vous fiez pas les yeux fermés au conseiller que vous a recommandé votre beau-frère, même s’il le considère comme un ami. Posez des questions au conseiller lorsque vous allez le rencontrer. Surtout la première fois. La plupart des victimes d’Earl Jones, le faux conseiller qui a volé entre 30 et 50 millions de dollars, le considéraient justement comme un ami. Ils faisaient parfois affaire avec lui depuis des décennies.

La vigilance est toujours de mise pour éviter les arnaques. Or, seulement le quart de ceux qui font affaire avec un conseiller se sont renseignés sur ce dernier, indiquait un sondage SOM publié il y a deux ans pour Question Retraite, un organisme indépendant de planification de la retraite. Rappelez-vous la campagne publicitaire de l’Autorité des marchés financiers (AMF): «Avant d’investir, investiguez…»

Faites votre enquête

Commencez par vérifier au registre de l’AMF si votre conseiller y est inscrit. Cela ne suffit pas toutefois, car la conseillère Carole Morinville, qui a fraudé 60 investisseurs pour 3 millions de dollars, y était inscrite. L’AMF a d’ailleurs déposé, mardi dernier, deux requêtes visant à obtenir l’autorisation d’intenter un recours de près de 1,7 million de dollars contre l’ex-représentante en assurance et la société 9068-3442 Québec inc. afin de récupérer l’argent versé aux 32 victimes ayant été indemnisées.

Vérifiez si votre conseiller a écopé de sanctions disciplinaires, puis lisez le guide sur la fraude disponible sur le site de l’AMF. Et surtout, n’hésitez pas à poser des questions. Beaucoup de questions.

Les questions à poser à votre conseiller financier

• Quels diplômes avez-vous? Vérifiez s’il possède un diplôme dans un domaine lié aux placements... ou s’il s’agit plutôt d’un diplôme en géographie ou en histoire de l’art.
• Quelles sont vos spécialités? Courtage, épargne collective, assurance, planification financière, etc.
• Quels sont les frais et quelle sera la facture totale? La réponse doit être claire: un tarif à l’heure ou au pourcentage de l’actif.
• Quelle est votre philosophie de placement? Elle doit être en accord avec votre propre vision. Exemples: protéger le capital ou faire fructifier l’épargne.
• À quoi dois-je m’attendre avec mes rendements à court et à long terme? Le conseiller doit prendre le temps de vous l’expliquer.

Les questions à vous poser

• Le conseiller ou son cabinet sont-ils inscrits au registre de l’AMF?
• A-t-il déjà fait l’objet de sanctions disciplinaires?
• A-t-il engagé une bonne discussion sur ma tolérance au risque? (C’est fondamental.)
• M’a-t-il parlé d’un rendez-vous l’an prochain?
• Est-il trop expéditif dans ses explications?
• Prend-il le temps de tout m’expliquer, en utilisant un langage clair?
• Ai-je reçu un rapport trimestriel ou mensuel?

Les signaux d’alarme

• Il m’a fait signer un document ou un chèque en blanc.
• Il ne m’a pas fait signer de formulaire.
• Il m’a fait signer un chèque à son nom au lieu de celui de son cabinet ou de son institution financière.
• Je ne l’ai pas rencontré depuis deux ans.
• Il ne m’écrit pas chaque année pour m’inviter à son bureau.
• Il m’offre un rendement mirobolant (plus de 8 % sur un an, par exemple).
• Il ne me donne pas de raison pour expliquer mon rendement depuis peu à la baisse ou en forte hausse.

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