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Services bancaires et financiers: un manque de connaissances inquiétant

Par Benoîte Labrosse Mise en ligne : 13 Novembre 2014 Shutterstock

Services bancaires et financiers: un manque de connaissances inquiétant Shutterstock

Non seulement les Canadiens ne sont pas assez au fait des questions financières et bancaires, mais les sources de renseignements sont de plus trop éparpillées pour être efficaces.

Des organismes de protection des consommateurs ont dénoncé cette semaine ce qu’ils qualifient de manque d’encadrement des enjeux financiers, bancaires et de paiement «du point de vue de la protection des consommateurs».

«Le gouvernement conservateur s’entête à adopter des mesures qui informent mieux les consommateurs, mais refuse toute réglementation», déplore Philippe Viel, responsable des communications à l’Union des consommateurs. L’organisme est l’un des trois signataires du communiqué publié le 10 novembre, aux côtés d’Option consommateurs et du Public Interest Advocacy Centre, un groupe de défense des intérêts des consommateurs basé à Ottawa.

Frais d’intérêt et de transaction, fonctionnement des cartes prépayées et des hypothèques, mécanismes de transfert de fonds entre institutions, frais de gestion, paiement préautorisé, choix de forfaits bancaires… Selon Philippe Viel, les consommateurs canadiens ont peu de connaissances en matière de finances personnelles et ne disposent donc pas toujours des compétences nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Par conséquent, le gouvernement fédéral devrait, selon lui, mettre en place des mesures concrètes pour bien les protéger.

Viser un meilleur encadrement

Invité par Protégez-Vous à réagir à cette déclaration, Marc Lacoursière, professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université Laval, estime «qu’il serait effectivement souhaitable qu’il y ait un meilleur encadrement global des paiements, et non plus une approche d’intervention ponctuelle». Il tient toutefois à préciser «qu’un bout de chemin a déjà été fait par le gouvernement», notamment en ce qui concerne les cartes de crédit et les produits de paiement prépayés.

Le professeur ajoute cependant que les consommateurs devraient s’impliquer eux aussi. «Les institutions financières et le gouvernement doivent bien expliquer [les divers produits et enjeux] aux consommateurs, mais ceux-ci ont la responsabilité d’être un peu proactifs et de s’informer par eux-mêmes», souligne-t-il.

Spécialisé notamment en droit bancaire, Marc Lacoursière rappelle que le domaine des paiements présente «une complexité typiquement canadienne», parce que certains aspects sont du ressort du fédéral, tandis que d’autres relèvent des provinces. Au Québec, par exemple, certaines questions relèvent de la Loi sur les banques (loi fédérale) et d’autres de la Loi sur la protection du consommateur (loi provinciale).

Réclamation d’un guichet unique

Plusieurs organismes peuvent renseigner les consommateurs canadiens sur les questions financières et bancaires. Philippe Viel et Marc Lacoursière déplorent toutefois qu’il soit si compliqué pour un néophyte de savoir où s’adresser pour obtenir de l’aide ou de l’information.

Quelques exemples de ressources pour les consommateurs:

L’Agence de la consommation en matière financière du Canada
L’Association des banquiers canadiens
L’Association canadienne des paiements
L’Autorité des marchés financiers
Le Bureau de la consommation, Industrie Canada
L’Ombudsman des services bancaires et d’investissement
Les organismes d’aide aux consommateurs
• Les institutions bancaires et financières

C’est d’ailleurs en raison de cet «éparpillement» des ressources que les trois organismes de défense des consommateurs réclament au ministère des Finances du Canada «un guichet unique d’intervention, de consultation, de protection et de plaintes destiné aux enjeux financiers, bancaires et de paiement». Une suggestion qu’appuie le professeur Lacoursière. «Dans un monde idéal, tout le monde devrait se concerter pour bien informer les consommateurs, soutient-il. Moins il y a d’organismes différents auxquels s’adresser, plus c’est simple pour eux et plus ça les aide à bien comprendre.»

Pourquoi ne pas s’inspirer des télécommunications?

L’une des pistes de solutions proposées par les trois organismes de défense des consommateurs est de s’inspirer de ce qui se fait déjà dans le monde des télécommunications. «Le commissaire aux plaintes relatives aux services de télécommunications agit comme médiateur complètement indépendant entre les consommateurs et les entreprises, en plus d’être financé par celles-ci, explique Philippe Viel. Et le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) propose des réglementations concernant les services sans fil.» Selon lui, si les Canadiens ont un service qui protège leurs téléphones et leurs connexions Internet, ce serait tout à fait logique d’en avoir un qui protège leur argent. Marc Lacoursière est aussi d’avis que «la proposition mérite réflexion».

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