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Retraite: gare aux outils de planification des institutions financières!

Par Rémi Leroux Mise en ligne : 03 Décembre 2015 Shutterstock

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Frais cachés, calculs simplistes, conflits d’intérêts… Les outils de planification de la retraite offerts par les institutions financières sont mal adaptés aux besoins des consommateurs.

Soyez maître de votre retraite (BMO), Commencez à épargner (TD) ou encore Planification de la retraite (CIBC)… La plupart des institutions financières mettent à la disposition de leurs clients des outils de planification de la retraite en ligne.

Option consommateurs a passé au crible dix plateformes virtuelles, mais également de nombreuses vidéos ainsi que plusieurs guides imprimés produits par les institutions financières sur le thème de la planification de la retraite. 

L’organisme reconnaît que les outils analysés peuvent «permettre aux consommateurs d’amorcer une réflexion sur la préparation de la retraite et les sensibiliser sur ce sujet parfois rebutant», mais ils comportent cependant des limites considérables. 

>> À lire aussi sur notre site: Se préparer à la retraite: que faire à 30, 40 et 50 ans?

Omissions importantes 

Premier problème: les institutions financières n’évoquent jamais dans leurs outils de planification l’importance des régimes publics de retraite, constate Me Alexandre Plourde, avocat au service de recherche et de représentation d’Option consommateurs et auteur de l’enquête intitulée Le paradis à la fin de vos jours: Coup d’œil sur les outils de planification de la retraite par les institutions financières. 

«Programme de la Sécurité de la vieillesse du Québec, Régime de pensions du Canada… il est important que les consommateurs connaissent l’ensemble de leurs options de revenu de retraite et les stratégies qu’ils peuvent mettre en œuvre avant que les institutions ne cherchent à les diriger vers des produits financiers tels que le REER ou le CELI», estime Me Plourde. 

Calculateurs simplistes 

Par ailleurs, les calculateurs interactifs en ligne, trop simplistes, ne tiennent pas compte de la situation financière de chacun. Un problème pour les personnes à plus faible revenu (moins de 35 000 $ par année), croit l’avocat, car «il est peu avantageux pour ces personnes de souscrire aux produits financiers promus par les institutions et cela n’est jamais mentionné dans les outils». Bien souvent, les régimes publics et le Supplément de revenu garanti viendront couvrir presque 100 % de leur revenu net disponible, précise le rapport. 

Des frais bien cachés 

Alors que le Canada détient le record mondial des frais de gestion, les institutions font preuve d’une grande opacité en ne dévoilant jamais les frais rattachés à leurs produits financiers de retraite, précise Me Plourde. 

Un problème également mis en évidence dans une récente étude menée en Ontario sur les pratiques des conseillers en investissements. L’enquête révèle que les frais associés aux produits financiers et la rémunération des conseillers ne sont pas souvent abordés avec les clients. 

Josée Jeffrey, planificatrice financière, fiscaliste à Focus Retraite & Fiscalité inc., a collaboré à l’étude d’Option consommateurs. Elle n’est pas étonnée par cette situation. «On sait très bien que rien n’est gratuit dans la vie et l’approche des institutions financières vise à attirer le client pour lui proposer ses produits financiers d’abord, puis ceux d’autres fonds communs et d’assurance sur lesquels des frais de gestion permettront des rentrées importantes pour l’institution financière», explique-t-elle. 

Information objective ou publicité? 

Autre point important soulevé par l’enquête d’Option consommateurs: les outils que les institutions financières mettent à la disposition du grand public servent-ils à transmettre de l’information objective ou à faire de la publicité pour leurs produits financiers? 

Pour Me Alexandre Plourde, il pourrait y avoir ici conflit d’intérêts. «D’une part, les institutions se présentent comme des éducateurs crédibles, mettent les consommateurs en confiance et les invitent à rencontrer un de leurs représentants qui saura apaiser leurs inquiétudes; d’autre part, elles touchent des profits sur les divers produits financiers qu’elles offrent dans le cadre de la préparation de la retraite», fait-il remarquer. 

Les recommandations 

Pour remédier à ces situations, Option consommateurs suggère que les institutions financières dirigent les consommateurs à la recherche d’information sur la préparation de leur retraite d’abord et avant tout vers des sources neutres et indépendantes, comme Question Retraite, au Québec, ou l’Agence de la consommation en matière financière du Canada

Enfin, l’organisme recommande aux institutions financières de divulguer davantage d’informations sur:

• les frais applicables aux produits financiers qu’elles offrent;
• le mode de rémunération des employés chargés de les conseiller en matière de préparation de la retraite;
• la façon de vérifier les antécédents d’un planificateur financier;
• les stratégies financières et fiscales pour optimiser les revenus de retraite;
• l’ensemble des régimes de revenus de retraite canadiens.

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