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Lorsqu’ils n’ont plus les moyens, les ménages québécois se privent de…

Par Rémi Leroux Mise en ligne : 22 Octobre 2015 Shutterstock

Lorsqu’ils n’ont plus les moyens, les ménages québécois se privent de… Shutterstock

Soins dentaires, meubles usés à remplacer, factures à payer… Quand les familles se serrent la ceinture, quels besoins essentiels passent à la trappe?

La fin de l’année approche et, avec elle, son lot de dépenses extraordinaires. Entre les vêtements d’hiver à acheter pour les enfants et la préparation de différentes fêtes comme l’Halloween ou Noël, les familles jonglent avec des budgets parfois serrés.

Même en temps normal, l’équilibre budgétaire n’est pas facile à atteindre. La preuve: environ le tiers des ménages de la province ont au moins un besoin essentiel non comblé faute de moyens pour le financer, selon une récente étude de l’Institut de la statistique du Québec réalisée à partir des résultats de l’Enquête canadienne sur le bien-être économique.

Où coupent les Québécois?

Voici, dans l’ordre, de quoi les Québécois se privent lorsqu’ils doivent couper dans leurs dépenses:

• Coussin financier permettant de couvrir une dépense imprévue de 500 $;
• Meubles neufs en remplacement de meubles usés;
• Soins dentaires réguliers au besoin;
• Petit montant d’argent réservé pour soi une fois par semaine;
• Réparation des appareils ménagers brisés;
• Passe-temps ou activité de loisir;
• Repas à la maison en famille ou avec des amis;
• Paiement de factures avant l’échéance;
• Offrir des petits cadeaux;
• Manger des fruits et légumes frais une fois par jour.

À noter que certaines familles cumulent plusieurs besoins non comblés en même temps, précise dans son rapport Stéphane Crespo, agent de recherche socioéconomique à l’Institut de la statistique du Québec. 

Fonds d’urgence déficient

Par ailleurs, 45 % des ménages à faible revenu n’ont pas la capacité de couvrir une dépense imprévue de 500 $. Une situation qui ne surprend pas Émilie Bernet-Pelletier, conseillère budgétaire à l’ACEF de l’Est de Montréal. «Peu de familles ont un fonds d’urgence, mais cela ne concerne pas uniquement celles à faible revenu, dit-elle. Une partie des ménages de la classe moyenne se trouve dans la même situation: remplacer une laveuse en cas de bris ou faire réparer son auto en panne crée des complications.» 

Elle explique que, plutôt que d’utiliser l’épargne pour se constituer un coussin financier, les familles de la classe moyenne privilégient le crédit. Avec pour conséquence d’augmenter leur niveau d’endettement. 

Quels facteurs nous amènent à couper? 

Certaines situations familiales sont plus susceptibles que d’autres de vous amener à couper dans des postes de dépense pourtant essentiels, indique l’étude de l’Institut de la statistique du Québec. C’est le cas si le soutien principal du ménage est âgé de moins de 65 ans, s’il est immigrant, s’il n’a pas un niveau de scolarité universitaire, s’il vit seul ou en famille monoparentale, s’il est sans emploi, mais non retraité, ou si le ménage n’est pas propriétaire de son logement. 

Et s’ils rencontrent un problème financier pour couvrir leurs dépenses courantes, les ménages québécois font avant tout appel aux amis et à la famille pour les dépanner. «C’est la solution la plus fréquente, suivie de l’endettement ou de la vente d’un bien et, enfin, du recours à un organisme de bienfaisance», précise Stéphane Crespo. 

«Un imprévu de la vie, plus ou moins important, constitue la première cause d’endettement des familles, rappelle Émilie Bernet-Pelletier. Une perte d’emploi, une toiture à refaire, et c’est tout l’équilibre budgétaire qui est fragilisé.»

Comment l’étude a-t-elle été menée?

Dans le cadre de l’Enquête canadienne sur le bien-être économique (2013), 17 questions ont été posées aux ménages canadiens pour évaluer leur niveau de privation matérielle, c’est-à-dire les besoins essentiels qu’ils ne parviennent pas à combler faute de moyens financiers. Lorsqu’au moins un besoin essentiel n’est pas satisfait, il y a privation matérielle. Plus le nombre de besoins non satisfaits est grand, plus la privation matérielle est importante.

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