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Consommation record de poisson: les stocks s’épuisent

Par Rémi Maillard
Les stocks de poissons s'épuisent

Les habitants de la planète n’ont jamais autant mangé de poisson. Résultat, les réserves mondiales s’épuisent, affirment les experts.

Photo: iStockphoto

Dans un rapport publié lundi, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) révèle que la consommation de poisson atteint des sommets.

Ainsi, en 2008, la pêche et l’aquaculture ont produit environ 142 millions de tonnes de poisson. Sur ce total, 115 millions de tonnes étaient destinées à la consommation humaine, soit près de 17 kilos par habitant.

Les experts inquiets

Ce niveau record de consommation inquiète les spécialistes. La FAO souligne qu’«aucune amélioration n’a été observée dans la situation des stocks halieutiques». Ce phénomène «est source d’une grande préoccupation», précise Richard Grainger, expert de la pêche à l’agence et coresponsable du rapport.

«Le pourcentage de surexploitation doit régresser, même s’il semble que nous ayons atteint un plateau», déclare le spécialiste. Le rapport indique que les stocks mondiaux de poisson surexploités, épuisés ou en phase de reconstitution sont légèrement supérieurs à ceux de 2006, soit environ 32 % du total, et qu’ils doivent être reconstitués d’«urgence».

«Le poisson est un aliment riche en protéines d’excellente qualité et le secteur contribue de façon substantielle à la sécurité alimentaire mondiale», conclut Richard Grainger.

Reconstituer les stocks

Pour contrer le risque de pénurie, les auteurs du rapport prônent la mise en place de politiques de reconstitution des stocks mondiaux. Ils recommandent notamment «l’intensification des efforts visant à resserrer les contrôles», en adoptant, par exemple, des mesures commerciales contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Ces dispositions visent à interdire l’accès au commerce international des poissons et autres produits de la mer issus de ces pratiques. Le but? Améliorer la gestion du secteur et réduire les niveaux de surexploitation des stocks. D’après une étude publiée en 2009, la pêche illégale et non déclarée coûte entre 10 et 23,5 milliards de dollars par an.

Plus de transparence

Le rapport suggère également la création d’un registre mondial des navires de pêche. L’idée est d’attribuer un «numéro d’identification unique» à vie à chaque bateau, quels que soient ses changements de propriétaire ou de pavillon. Une mesure de transparence qui faciliterait le travail de la police maritime dans sa lutte contre les activités de pêche illégale. Enfin, les experts de la FAO préconisent une «approche écosystémique des pêches», c’est-à-dire «une approche intégrée conjuguant les objectifs de la société et la situation des ressources halieutiques et de leur environnement naturel et humain».

Aquaculture et pêche = 540 millions d’emplois

La FAO a calculé que le poisson assure aujourd’hui «au moins 15 % des besoins moyens en protéines animales de plus de trois milliards de personnes». Cet accroissement s’explique surtout par le fort développement de l’aquaculture, «appelée à dépasser les pêches de capture comme source de nourriture», notent les experts de l’agence onusienne. Même si son rythme de croissance accuse un ralentissement au niveau mondial, l’aquaculture représente aujourd’hui près de la moitié de l’offre totale de poisson de consommation, indiquent-ils.

Au total, la pêche et l’aquaculture feraient vivre 540 millions de personnes, soit 8 % de la population mondiale. «Le secteur assure, de façon direct et indirecte, un nombre d’emplois sans précédent», soutient la FAO. Les produits de la pêche sont les denrées alimentaires de base les plus échangées à l’échelle mondiale: en 2008, ils représentaient 102 milliards de dollars, soit une augmentation de 9 % par rapport à l’année précédente.

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