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Les consommateurs endettés plus que jamais

Par Stéphanie Perron

Non seulement les Canadiens sont de plus en plus endettés, mais l’amélioration de leur sécurité financière est peu envisageable. Tout porte à croire qu’ils continueront de consommer aujourd’hui... Et payer plus tard.

Même en comptant sur l’assistance temporaire d’une marge de crédit ou d’une carte de crédit, le quart des Canadiens seraient incapables d’assumer une dépense imprévue de 5000 $, et 10% auraient de la difficulté à composer avec une dépense inattendue de 500 $, révèle un récent rapport de l’Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada).

Paradoxalement, la majorité des Canadiens ne sont pas prêts à modifier leurs habitudes d’épargne pour se constituer un coussin financier. Pire encore: près de 60 % des consommateurs dont les dettes ont augmenté croient qu’ils sont encore capables de bien les gérer ou de s’endetter davantage.

«Si on répartissait la dette des ménages canadiens entre tous les habitants du pays en incluant les enfants, chaque personne aurait une dette active de plus de 41 740 $», dit Diana Sorace, de CGA-Canada. En tenant compte de l’inflation, ce montant est de 2,5 fois supérieur à celui d’il y a 20 ans. 

Les rêves à crédit sont fragiles et peuvent s’effondrer à tout moment, même pour les ménages à revenu moyen ou élevé. À preuve, si les taux d’intérêt hypothécaires augmentaient de 2 %, ces familles devraient diminuer de 10 % leurs dépenses afin de conserver le même train de vie en matière de logement, de transport et de nourriture. Signe que ce moment n’est peut-être pas si loin, la Banque du Canada a annoncé mardi une augmentation d’un quart de pourcentage de son taux directeur, faisant en sorte que les taux hypothécaires à intérêt variable ont augmenté de 0,25%. 

Le rapport de CGA-Canada révèle d’autres faits troublants :

• La baisse des taux d’intérêt n’a pas aidé les ménages à réduire leur endettement en 2009. Le montant de leurs dettes et de leur hypothèque est demeuré stable, et même plus élevé que dans les milieu des années 2000.

• Le Canada occupe le premier rang parmi 20 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en ce qui a trait au ratio dette-actifs financiers. La dette des ménages équivaut à 144% de leur revenu.

Endettés et stressés

Ce surendettement cause des difficultés financières à des milliers de Québécois, dont certains ont fait face à des agents de recouvrement parfois menaçants. À cet égard, l’Office de la protection du consommateur a reçu près de 11 000 demandes d’information et 500 plaintes au sujet du recouvrement de créances, au cours des deux dernières années. C’est dans ce climat d’endettement que la Commission des services juridiques lance la campagne d’information «Je règle mes comptes avec mes dettes» afin d’informer les consommateurs de leurs droits et responsabilités en matière d’endettement.

« Lorsque les créanciers s’impatientent, le niveau de stress des personnes endettées atteint un sommet élevé, jusqu’à ce qu’un huissier cogne à la porte, déplore Me José Turgeon, directeur du bureau d’aide juridique Sud-Ouest, à Montréal. En fait, l’agent de recouvrement contacte le débiteur afin de le stresser pour qu’il demande à sa famille ou à ses amis de lui prêter de l’argent. Il n’est pas rare qu’une personne endettée soit harcelée, même si dans les faits ses avoirs sont insaisissables. » 

Pour les personnes à faible revenu et endettées, le réseau de l’aide juridique et ses avocats peuvent jouer un rôle déterminant. Environ 260 000 demandes d’aide juridique sont traitées chaque année. Pour être admissible, une personne seule et sans enfant doit avoir un revenu maximal de 18 303 $. Ce montant grimpe à 30 111 $ pour les personnes qui ont un conjoint et deux enfants.

« Tout le monde peut nous contacter. Si quelqu’un n’est pas admissible, on le dirigera vers des ressources pouvant l’aider dans ses démarches» précise Me Isabelle Allard du bureau d’aide Juridique Crémazie, à Montréal. 

Conseils de la Commission des services juridiques

• Si vous n’arrivez pas à payer la totalité du solde de vos cartes de crédit, regroupez vos dettes en les consolidant auprès d’une institution financière. Vous ne ferez ainsi qu’un seul paiement par mois et le taux d’intérêt sera moins élevé que celui des cartes de crédit et des cartes de financement émises par les magasins. 
• Si vous demandez un prêt mais que vous avez un mauvais dossier de crédit, on peut exiger qu’une autre personne vous cautionne. Celle-ci s’engagera à rembourser le prêt si vous ne le remboursez pas ou si vous faites faillite.
• Un agent de recouvrement ne cesse de vous appeler? Faites-lui parvenir une lettre lui demandant de communiquer avec vous par écrit seulement. Sachez qu’une agence de recouvrement ne peut vous harceler ni vous intimider. Elle ne peut pas non plus approcher quelqu’un de votre entourage pour qu’il vous transmette un message.
• Il existe plusieurs moyens d’agir pour rétablir votre situation financière et pour éviter une poursuite : dépôt volontaire, négociations avec les créanciers, proposition du consommateur, faillite, etc. Les avocats de l’aide juridique peuvent conseiller les consommateurs.

Ressources utiles

Coalition des associations de consommateurs du Québec : regroupe une vingtaine d’associations de consommateurs, dont plusieurs offrent des consultations budgétaires gratuites.

Agence de la consommation en matière financière du Canada : informe les consommateurs quant aux produits et services financiers, notamment en ce qui concerne les cartes de crédit, les marges de crédit, les forfaits bancaires, les prêts hypothécaires et les prêts sur salaire. 

Office de la protection du consommateur : informe le public sur ses droits, notamment ceux qui sont liés à la Loi sur le recouvrement de certaines créances. Le site possède une section complète dédiée aux agences de recouvrement.

Option consommateurs : offre des consultations budgétaires gratuites à Montréal.

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