Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Le rapport D’Amours transformera-t-il votre retraite?

Par Annick Poitras Mise en ligne : 25 Avril 2013 Shutterstock

Le rapport D Amours transformera t il votre retraite Shutterstock

Un comité d’experts a remis ses recommandations dans le but de solidifier le système de retraite québécois. Pourraient-elles influencer vos vieux jours?

Vieillissement de la population. Croissance de l’espérance de vie. Caisses de retraite qui traînent des déficits explosifs depuis la crise financière de 2008. Ajoutez à ce portrait 2,4 millions de Québécois sans régime de retraite d’employeur qui peinent à épargner pour leurs vieux jours. Sans parler des rendements anémiques qui plombent désormais toute épargne, dans un REER ou ailleurs. Bref, au Québec, quand on parle de retraite, l’avenir ne semble pas rose…

C’est pourquoi, à la fin de 2011, le gouvernement Charest a demandé à un comité d’experts de se pencher sur les failles de notre système de retraite et sur la viabilité des régimes à prestations déterminées, qui assurent une rente jusqu’à la mort, mais qui connaissent de graves difficultés à se financer. Présidé par Alban D’Amours, ex-président de Desjardins, le Comité d’experts sur l’avenir du système de retraite a mis 18 mois à finaliser son rapport, qui présente une vingtaine de recommandations visant à assurer à tous des revenus de retraite décents. Voici, en bref, les principales d’entre elles et la façon dont elles pourraient vous toucher.

Si vous n’avez aucun régime de retraite avec votre employeur et peu d’épargne personnelle (REER, CELI, etc.) – comme 60 % des travailleurs québécois:

La nouvelle «rente longévité» pourrait calmer vos inquiétudes. Cette innovation, qui constitue la recommandation phare du rapport D’Amours, consiste à créer un nouveau pilier à notre système de retraite, aux côtés de la rente versée par le Régime de rentes du Québec. La rente longévité, qui serait versée à tous les Québécois à partir de l’âge de 75 ans, permettrait d’éviter de survivre à son épargne, c’est-à-dire de vivre vieux sans le sou et de devoir dépendre financièrement de ses proches pour se loger et obtenir des soins de santé. Comme le Régime de rentes du Québec, cette rente longévité s’appliquerait à tous les travailleurs, peu importe leurs revenus. Elle serait aussi financée à parts égales par les employeurs et les travailleurs au moyen d’une ponction du salaire de 1,65 % chacun. Selon un scénario envisagé par le Comité, la rente longévité pourrait réduire de moitié l’épargne personnelle nécessaire pour vivre convenablement à la retraite. En outre, pour vous aider à épargner pour la retraite, le Comité donne le feu vert au lancement du Régime volontaire d’épargne retraite (RVER), un programme envisagé depuis quelques années déjà. Il permettra aux travailleurs de petites et moyennes entreprises de maximiser leurs économies, notamment en payant moins de frais de gestion. Le gouvernement Marois prévoit faire une annonce officielle au sujet du RVER en mai.

Si vous bénéficiez d’un régime de retraite à prestations déterminées – comme 35 % des travailleurs, dont les deux tiers œuvrent dans le secteur public:

Probable que, depuis la crise financière de 2008, votre régime éprouve des problèmes de solvabilité, comme 72 % des régimes à prestations déterminées administrés par la Régie des rentes. Dans le secteur municipal seulement, le déficit de solvabilité total des régimes atteint 9 milliards de dollars! Autrement dit, si les villes fermaient demain, il manquerait cette somme pour payer les rentes déjà promises aux travailleurs. Selon le Comité, une remontée des taux d’intérêt serait insuffisante pour régler les problèmes de financement de ces régimes. Il faut donc revoir le partage des coûts et les bénéfices accordés aux travailleurs et aux retraités. Pour y arriver, le Comité prône la négociation entre employeurs et syndicats. Délai pour réduire les coûts des régimes: cinq ans. En cas d’échec des négociations, qui s’annoncent houleuses, les employeurs pourraient notamment couper l’indexation des rentes au coût de la vie, ou encore geler les salaires des futurs retraités. Notez que si la nouvelle rente longévité est mise en place, une partie de vos cotisations à ce type de régime pourrait servir à la financer.

Si vous êtes un employé du gouvernement:

Probable que vous bénéficiez aussi d’un régime à prestations déterminées. Mais comme les régimes des gouvernements provincial et fédéral sont administrés autrement, ils n’ont pas été étudiés par le Comité. Ils ne font donc l’objet d’aucune recommandation.

Si vous bénéficiez d’un régime à cotisations déterminées – ce qui est le cas d’environ 5 % des travailleurs, surtout du secteur privé:

Rien ne change, sinon qu’une partie de vos cotisations pourraient être redirigées vers la nouvelle rente longévité.

Si vous êtes jeune:

C’est à vous que profiterait le plus la rente longévité. Comme vous y cotiseriez plus longtemps, votre rente serait plus élevée lorsque vous atteindriez 75 ans. Le Comité affirme d’ailleurs que l’équité intergénérationnelle est l’une des valeurs ayant guidé ses travaux.

Si vous craignez une hausse des cotisations à la Régie des rentes du Québec:

Le Comité ne fait aucune recommandation en ce sens, car une hausse des cotisations visant à assurer la pérennité de la caisse et l’équité intergénérationnelle est déjà en cours: le taux de cotisation totale est augmenté de 0,15 % par an, pour atteindre 10,80 % en 2017. Une nouvelle ponction totale sur le salaire de 3,3 % pourrait toutefois s’ajouter si la nouvelle rente longévité était mise en place (dont la moitié, soit 1,65 %, serait assumée par le travailleur).

Si vous redoutez de devoir travailler plus longtemps:

Le Comité ne fait aucune recommandation concernant l’âge légal de la retraite. Ce choix doit rester libre.

Notez que ces recommandations sont loin d’être des faits accomplis! Le Comité a annoncé une tournée québécoise pour expliquer le contenu de son rapport aux citoyens. Et avant de s’engager dans une voie ou dans une autre, le gouvernement Marois laisse présager la mise sur pied d’une commission afin de consulter les Québécois sur les enjeux de la retraite, un peu à la manière de la Commission sur la question de mourir dans la dignité. Rappelons qu’après deux ans de travaux, cette commission n’a encore accouché d’aucun résultat concret… La retraite est donc un autre grand chantier à suivre!

Pour en savoir plus

Innover pour pérenniser le système de retraite (rapport D’Amours - Régie des rentes du Québec)

Ajouter aux favoris
Ajouter aux favoris

Pour suivre toutes les mises à jour et nouveautés sur cet article, vous devez être connecté.

Nouvelle