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COVID-19: comment gérer vos finances?

Par Karl Rettino-Parazelli Mise en ligne : 06 avril 2020 Shutterstock.com

calculer-finances Shutterstock.com

La pandémie de COVID-19 et les pertes d’emploi qui en découlent forcent plusieurs Québécois à revoir leur budget. Voici comment garder le contrôle de vos finances et ajuster vos dépenses quotidiennes à la baisse.

Si vous avez perdu votre emploi ou réduit vos heures de travail en raison de la crise de la COVID-19, vous êtes peut-être tenté de profiter de toutes les possibilités de report de paiements annoncées depuis le début de la pandémie. Avant toute chose, toutefois, analysez bien votre situation financière.

1. Établissez un budget de crise

Si vous n’avez pas de fonds d’urgence couvrant trois à six mois de dépenses, tel que le recommandent les conseillers financiers, ne paniquez pas! «Avant de conclure qu’ils sont mal pris, les gens doivent analyser leur situation», affirme le planificateur financier Fabien Major, de Major gestion privée.

Il est donc grand temps de réviser votre budget. «On n’a pas besoin de connaissances approfondies, précise André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse. Il s’agit simplement de prendre une feuille de papier, de tracer une ligne verticale au milieu et de faire la liste de toutes les dépenses en mettant d’un côté les besoins essentiels et de l’autre les achats non essentiels.»

Vous pourrez ensuite diminuer vos dépenses non essentielles (vêtements, alcool, etc.) pour mieux combler vos besoins essentiels (épicerie, médicaments, loyer, etc.), selon vos revenus disponibles.

 

2. Vérifiez s’il est avantageux de reporter des paiements

• Vos prêts, cartes et marges de crédit

Peu importe l’institution financière avec laquelle vous faites affaire, contactez-la pour prendre arrangement avec elle.

Dans les six grandes banques canadiennes (Banque de Montréal, Banque CIBC, Banque Nationale, Banque Royale, Banque Scotia et Banque TD), une pause de versements hypothécaires pouvant s’étirer jusqu’à six mois est possible. Vous pourriez aussi demander le report des paiements de vos autres prêts, de vos cartes de crédit et de vos marges de crédit.

Le Mouvement Desjardins propose lui aussi diverses solutions pour l’ensemble de ses produits de financement.

Attention toutefois: un congé de paiement n’est pas un cadeau. Au plus, il «donne de l’air temporairement», prévient André Lacasse. Si vous reportez les paiements de vos prêts ou de vos produits de crédit, les intérêts, eux, continuent de s’accumuler.

Par exemple, lorsque vous remboursez votre prêt hypothécaire chaque mois, vous versez du capital et des intérêts. Comme les intérêts sont calculés sur le solde du prêt, ils diminuent de mois en mois, à mesure que vous effectuez vos remboursements. Or, si vous suspendez le paiement de votre hypothèque pendant six mois, les intérêts continueront de se calculer sur le même solde inchangé pendant cette période. Finalement, le remboursement de votre hypothèque vous coûtera plus cher.

• Votre prêt automobile

Les filiales canadiennes de plusieurs constructeurs automobiles, dont Ford, Honda, Nissan et Toyota/Lexus, ont prévu des mesures d’allègement pour leurs clients ayant loué ou acheté un véhicule. Vous devez les contacter pour discuter des diverses possibilités, dont le report de paiement.

Hyundai Canada a pour sa part annoncé que ses clients peuvent reporter le paiement de location d’un mois et retarder jusqu’à trois mois le retour de leur véhicule loué si la date d’échéance approche. Les clients ayant choisi de financer l’achat de leur véhicule neuf peuvent reporter leurs paiements jusqu’à trois mois.

Abordez la question des intérêts avec le service financier de votre concessionnaire, puisque les conditions varient de l’un à l’autre et dépendent aussi de l’entente que vous avez conclue. Comme pour les prêts hypothécaires, les intérêts prévus à votre contrat avec Ford, par exemple, continuent de courir pendant la période de report de paiements. Chez Honda, ces mêmes intérêts sont en revanche reportés à la fin de votre location. Et chez Nissan, le calcul des intérêts est «gelé» pendant la pause de paiement, pour les clients approuvés seulement.

• Vos paiements d’Hydro-Québec

Depuis le 23 mars, Hydro-Québec n’impose plus de frais pour les factures impayées de tous ses clients. Un retard de paiement n’entraînera donc ni pénalité ni interruption de service.

Si vous pensez ne pas être en mesure de payer votre prochaine facture d’électricité, la société d’État vous invite à conclure une entente de paiement, soit en ligne ou par téléphone. Cette entente comprendra votre solde dû ainsi que le coût estimé de votre consommation d’électricité pendant la durée de l’entente. Vous pourrez ainsi étaler le paiement de votre dette sur une plus longue période.

Ce genre d’entente n’a pas de durée maximale, précise le porte-parole Cendrix Bouchard. «On va discuter avec la personne, évaluer sa capacité de payer et le montant qui est en souffrance, et établir une stratégie», dit-il.

• Vos taxes municipales

Montréal, Québec, Laval, Gatineau, Longueuil: les plus grandes villes du Québec ont toutes annoncé le report de la date d’échéance d’un ou de plusieurs versements de taxes municipales, et ce, sans intérêt ni pénalité, afin de permettre aux propriétaires de souffler un peu.

Plusieurs municipalités de plus petite taille ont fait de même à travers la province. Vérifiez auprès de la vôtre pour savoir si vous pouvez bénéficier d’un tel report.

3. Au besoin, utilisez le crédit

Si vous y avez accès, la forme de crédit idéale est la marge hypothécaire. Elle vous permet d’utiliser l’espace dégagé par le remboursement de votre prêt hypothécaire pour emprunter à un taux avantageux. Vous aurez alors l’obligation de rembourser les intérêts tous les mois, mais pas le capital.

Cette marge peut servir à rembourser votre carte de crédit, explique Fabien Major, à la condition de limiter ensuite vos dépenses pour ne pas entrer dans une spirale d’endettement.

Comme deuxième option, il y a la marge de crédit personnelle. Son taux d’intérêt est généralement plus élevé que la marge de crédit hypothécaire, mais elle offre la même flexibilité, avec un remboursement minimal correspondant aux intérêts.

Si vous n’avez pas accès à une marge de crédit hypothécaire ou personnelle, vous pourriez alors songer à un prêt personnel, pour avoir accès à de l’argent avec des conditions plus strictes, dont un calendrier de paiements fixes.

La carte de crédit est, pour sa part, à utiliser avec prudence en raison de ses taux d’intérêt très élevés.

4. En tout dernier recours, retirez des placements

«Avant de piger dans les placements, je dirais aux gens de profiter de toutes les autres mesures à leur disposition, surtout celles qui ne coûtent rien», résume André Lacasse.

Si vous êtes contraint de retirer vos placements, faites-le dans le bon ordre et assurez-vous de comprendre les conséquences de chaque action.

Fabien Major vous conseille d’encaisser d’abord l’argent de votre compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ou de vos autres placements privés, et de ne retirer que la somme nécessaire. «Pourquoi pas plus? Parce que le marché est en dents de scie […] et que vous voulez que votre argent profite des rendements positifs quand ils passent», explique-t-il.

Pour ce qui est du régime enregistré d’épargne-retraite (REER), il faut y toucher en dernier recours parce que les conséquences qui en découlent sont «énormes», prévient André Lacasse. Une retenue d’impôt sera appliquée directement sur le montant retiré, qui sera par ailleurs ajouté à votre revenu imposable. Des frais d’administration peuvent également s’appliquer.

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