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Coupe du Monde: le fameux ballon est-il éthique?

Par Frédéric Berg
Coupe du Monde le fameux ballon est-il ethique

À l’heure où la planète soccer danse la samba au Brésil, deux partenaires internationaux de Protégez-Vous ont scruté le ballon officiel à la loupe.

Le Brazuca est le ballon officiel de la Coupe du Monde 2014 de la FIFA.
Photo: Shutterstock

Il est blanc rehaussé de courbes multicolores, pèse 437 g pour 69 cm de circonférence et sera scrupuleusement suivi par des millions d’yeux pendant un mois. Voilà Brazuca, le ballon officiel de la Coupe du Monde 2014 de la Fédération internationale de soccer (FIFA), fabriqué par le géant Adidas.

La version commerciale et bas de gamme du Brazuca – couramment appelée réplica – sera aussi écoulée en grand nombre aux quatre coins de la planète. Adidas espère en vendre quelque 13 millions d’exemplaires durant la compétition.

Deux organismes de protection du consommateur membres de l’International Consumer Research and Testing (ICRT), Altro Consumo et Proteste, respectivement de l’Italie et du Brésil, ont testé la qualité des modèles de Brazuca et ont cherché à savoir dans quelles conditions ils sont fabriqués, et par qui.

Rappelons que le Jabulani, ballon officiel de la Coupe qui s’est tenue en Afrique du Sud en 2010, avait soulevé la polémique. De nombreux joueurs avaient critiqué le comportement imprévisible du ballon, encore une fois fabriqué par Adidas. De plus, l’opacité des faits entourant sa production, qui aurait possiblement engagé la participation d’enfants-ouvriers, avait soulevé des questions.

Ballon gagnant
Dans un laboratoire de Sao Paulo, nos collègues ont testé 12 ballons de soccer, dont huit versions officielles, c’est-à-dire reconnues comme des ballons pour compétitions officielles par la FIFA, et quatre versions commerciales (les réplicas).

Le modèle officiel du Brazuka a été soumis à des tests poussés visant à tester ses qualités techniques, comme le rebond, l’élasticité, la trajectoire, les altérations lorsque projeté contre un mur à 50 km/h, l’absorption d’eau, etc. Même ses qualités aérodynamiques ont été mesurées. De plus, des joueurs professionnels brésiliens l’ont mis à l’épreuve dans des conditions de jeu réel.

Résultat? Le Brazuka, dans sa version haut de gamme, est le meilleur ballon parmi les 12 testés. L’organisme brésilien souligne notamment le «bon aérodynamisme qui rend la trajectoire prévisible une fois le ballon botté». En plus de sa belle signature visuelle, le Brazuka a obtenu la mention «très bon» sur d’importants critères: il absorbe peu d’eau et maintient sa pression, sa taille et sa forme malgré la sévérité du traitement subi.

Seul bémol: le modèle officiel du Brazuka est cher. Au Québec, il se vend environ 150 $ alors que sa réplique bas de gamme, qui s’est classée 11e sur les 12 ballons testés, se chiffre à environ 30 $.

Aucun enfant-ouvrier
Nos collègues italiens ont aussi voulu connaître les dessous de la fabrication et de la production du Brazuka. Eliana Guarnoni, de l’organisme Altro Consumo, a visité l’une des deux usines où Adidas le fabrique à Shenzhen, ville du sud de la Chine – l’autre usine étant au Pakistan.

Préalablement «autorisée» par le fabricant, cette visite n’a soulevé aucun manquement important à la sécurité des employés ni aux bonnes pratiques du travail. Les conditions de travail demeurent toutefois difficiles: Altro Consumo a constaté un recours excessif aux heures supplémentaires et un manque de libertés syndicales. Mais aucun enfant n’était au travail. Dans le passé, le fait que des jeunes cousaient des ballons à la main dans l’usine du Pakistan avait été dénoncé. Adidas s’était engagée à être plus attentive aux conditions de travail des ouvriers œuvrant à la production des ballons de soccer.

Pas nocif pour les consommateurs
Toutefois, dans la partie de l’usine où les couleurs sont appliquées sur les ballons, l’air est tellement vicié que les ouvriers ne peuvent rester à leur poste pendant plus de 15 minutes consécutives. Bien que les travailleurs aient accès à des gants et à des masques, Altro Consumo a constaté que ces protections étaient minimales.

En mai 2014, Greenpeace dénonçait la présence de produits chimiques dangereux dans le modèle de ballon Brazuka, de même que dans les chaussures et les gants de gardiens des collections spéciales Mundial d’Adidas, de Nike et de Puma.

Toutefois, concernant l’innocuité du ballon, nos collègues d’Altro Consumo et de Proteste jugent que, «dans des conditions d’utilisation normale», ces substances ne sont pas nocives pour les consommateurs.

La conclusion de la visite de l’usine par Altro Consumo est donc nuancée: «Nous nous attendions à pire. Mais si Adidas passe le test, c’est aussi parce qu’elle nous a permis d’accéder à l’usine lors d’une visite organisée deux mois à l’avance.»

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  • Par ALFRED LEBLOIS
    13 Juin 2014

    Que vaut le rapport de Altro Consumo si la visite avait été planifiée deux mois à l'avance ? Si la visite avait été faite sans avertissement, elle aurait eu bien plus de valeur à mes yeux.