Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Chaussures de sport: quelles sont les marques les plus responsables?

Par Rémi Leroux
Chaussures de sport: quelles sont les marques les plus responsables?

Nike, Salomon, Reebok, Adidas, Brooks, Asics… Les marques les plus éthiques ne sont pas forcément celles que l’on croit.

ALT

Photo: Shutterstock. Photo à titre d'illustration seulement.

Vous êtes-vous déjà demandé, en achetant une paire de chaussures de sport, où elle avait été confectionnée et par qui? À part le prix affiché en magasin, souvent élevé pour ce type de produits, pas facile de connaître les conditions de fabrication de ces articles de sport très populaires!

Pour en savoir plus, le magazine allemand Stiftung Warentest, notre partenaire dans l’International Consumer Research and Testing, a mené une grande enquête auprès de neuf fabricants de chaussures de course.

Cinq grandes marques (Adidas, Brooks, Reebok, Salomon et Asics) ont accepté de participer à l’étude (voir l’encadré). Quatre n’ont pas répondu: Nike, Mizuno, New Balance et Saucony. Alors, quels sont les manufacturiers les plus éthiques?

• Adidas. La marque aux trois bandes a vendu 258 millions de paires de chaussures en 2014; 96 % de ses usines de fabrication sont situées en Asie. Les employés reçoivent des salaires légèrement supérieurs au minimum légal (+ 18 %), et les ouvriers les plus méritants reçoivent un bonus. À déplorer: les horaires de travail dépassent très souvent la durée autorisée, parfois jusqu’à 80 heures supplémentaires par mois pour certains employés.

• Brooks. C’est la marque qui a fait preuve de la plus grande transparence dans les informations fournies aux inspecteurs. Toutefois, le salaire de base est à peine égal au salaire minimum. Les ouvriers les plus qualifiés reçoivent des bonus et l’ensemble des employés bénéficie d’assurances (protection sociale et en cas d’accident). À déplorer: les horaires de travail dépassent la durée autorisée, parfois jusqu’à 100 heures supplémentaires par mois pour certains employés.

• Reebok. Appartenant au groupe Adidas, la marque Reebok fabrique ses chaussures en Asie, notamment au Vietnam. Le salaire de base est de 12 % supérieur au salaire minimum légal; 95 % des employés font partie d’un syndicat et tous bénéficient d’assurances (protection sociale et en cas d’accident).

• Salomon. La marque fait fabriquer ses chaussures en Inde, au Vietnam, en Chine et au Cambodge. Ses employés reçoivent des salaires qui ne dépassent pas le minimum légal. Ils bénéficient cependant d’assurances (protection sociale et en cas d’accident). Par ailleurs, ils ont des représentants du personnel et sont en contact régulier avec des organisations non gouvernementales.

• Asics. Le manufacturier a répondu au questionnaire envoyé par les inspecteurs du magazine Stiftung Warentest mais, gros point noir, il a refusé d’autoriser la visite de ses usines et la publication des informations qu’il a fournies.

• Nike, Mizuno, New Balance et Saucony. Ils ont refusé de participer à toutes les phases de l’enquête.

Derrière les portes des usines

Ce sont donc les conditions de rémunération des ouvriers qui représentent le principal écueil pour ces entreprises. Car, même si elles versent le salaire minimum légal à leurs ouvriers, ces niveaux de rémunération ne permettent pas de couvrir les besoins vitaux d’une famille de quatre personnes, selon l’Asia Floor Wage Alliance.

Pour les quatre entreprises (Adidas, Brooks, Reebok et Salomon) qui ont ouvert les portes de leurs usines, les conditions de travail sont bonnes, tout comme les mesures de protection de l’environnement. Toutes les usines visitées étaient bien aérées, les ouvriers disposaient de contrats de travail et d’assurance appropriés et les salaires étaient payés à temps. Les inspecteurs ont été particulièrement impressionnés par les conditions de travail dans les usines de Reebok, au Vietnam, et de Salomon, en Inde.

L’enquête a par ailleurs permis d’estimer le coût du travail pour la fabrication de chaussures. En Indonésie, par exemple, les ouvriers gagnent environ 3,70 $ US pour une paire de chaussures de course qui sera vendue en magasin autour de… 180 $.

La méthodologie

L’objectif de l’enquête menée par l’organisation de consommateurs allemande Stiftung Warentest était d’évaluer la responsabilité sociale des entreprises à travers leur politique salariale, les horaires et les conditions de travail de leurs employés (assurances et protection sociale, heures supplémentaires, formation), ainsi que les mesures de protection de l’environnement.

Les marques ont été invitées à répondre à un questionnaire de quelque 80 pages portant sur l’ensemble de leur filière de fabrication (usine de montage, sous-traitants, etc.). Elles devaient également accepter d’ouvrir les portes de leurs usines de montage afin que les enquêteurs puissent vérifier sur place la réalité des conditions de travail des ouvriers. Un modèle de chaussures a été sélectionné pour chacune des neuf entreprises. La plupart des modèles utilisés pour l’enquête sont disponibles au Canada (en magasin ou sur les sites Internet des fabricants).