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Cruauté animale: «Il faut fermer les fourrières à but lucratif!»

Par Lise Bergeron
Berger Blanc cruaute animale Shutterstock

Les associations de protection des animaux pressent les municipalités du Québec de cesser de faire affaire avec les fourrières à but lucratif comme le Berger Blanc.

Le vendredi 13 mai 2011, la SPA Canada lancera un appel au boycott de la médaille que les propriétaires de chiens doivent acheter chaque année au coût de 30 $. Ce montant sert directement à financer des fourrières comme le Berger Blanc, où des actes de cruauté ont été révélés lors de l'émission Enquête, de Radio-Canada, le 22 avril dernier. La SPA Canada demande aussi à la Ville de Montréal des preuves concrètes de son engagement à créer des fourrières municipales à but non lucratif. Au cours des prochains jours, trois coalitions formées de citoyens et d’organismes de défense des animaux seront créées pour protester contre l’inertie du Québec dans le dossier.

Au même moment, le tout nouveau Regroupement pour la protection des animaux du Québec (R-PAQ) demande à la Ville de procéder à une transition urgente des fourrières à but lucratif vers d'autres formes de services animaliers. Le R-PAQ, créé le 12 mai 2011, est notamment constitué de la SPCA de Montréal, de l'Association des techniciens en santé animale du Québec et de la Humane Society International Canada.

«Il faut les sortir de là»

Pour gérer la crise à court terme, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) a ordonné des mesures d’encadrement du Berger Blanc: présence d’un vétérinaire lors des euthanasies et cages assez grandes pour que les animaux puissent s’y allonger. La SPA Canada est consternée que le MAPAQ n’ait pas fermé sur le champ le Berger Blanc et condamné plus fortement les actes de cruauté. «Même pas une amende! Il ne s’agit de rien d’autre que d’une tape sur la main et une démonstration qu’au Québec, la cruauté envers les animaux est acceptée et même récompensée par des contrats de plusieurs millions de dollars par année! Une chose inconcevable dans toutes les autres provinces canadiennes», martèle Gabriel Villeneuve, directeur de campagnes de la SPA Canada.

Fermer le Berger Blanc? «Mis à part les actes de cruauté dans la salle d’euthanasie, le Berger Blanc n’a pas fauté. Nous devons rester dans les limites de la loi», estime la Dr Caroline De Jaham, présidente d’Anima Québec, l’organisme du MAPAQ responsable du bien-être des chiens et des chats au niveau provincial. La vétérinaire admet toutefois qu’il y a un manque de transparence dans la gestion des fourrières. Pour Isabelle Poitras, la citoyenne à l’origine du reportage d’Enquête et membre du R-PAQ, le MAPAQ et Anima Québec manquent de leadership dans le dossier: «Le Québec doit atterrir au XXIe siècle! Comme citoyenne, je refuse de vivre dans une société attardée qui avalise ces actes barbares et cruels. C’est inacceptable», dénonce-t-elle. Le R-PAQ est d'avis que le système en vigueur au Québec est coûteux et inefficace.

Selon Alanna Devine, directrice de la défense des animaux à la SPCA de Montréal, «L'option de se débarrasser simplement des animaux indésirés n'est plus viable. Quand je parle à mes confrères américains de nos fourrières à but lucratifs, ils ne comprennent pas de quoi je parle. Pour eux, ce concept n'existe même pas. Il est temps de passer à autre chose au Québec.».

À court d’options

Aux dernières nouvelles, le Plateau Mont-Royal ne renouvèlera pas son entente avec le Berger Blanc en juin prochain et Côte-des-Neiges vient de signer avec la SPCA, qui est elle-même débordée par l'arrivée continuelle d'animaux. Les options manquent actuellement. Par exemple, Rosemont-La Petite-Patrie est lié au Berger Blanc jusqu’en 2012 et ne sait pas vers qui d'autre se tourner en attendant. Que faire? «La Ville doit sortir les animaux du Berger Blanc immédiatement et les placer dans des refuges temporaires gérés par la Ville», estime Gabriel Villeneuve. Le R-PAQ propose aussi des mesures transitoires pour sortir de la crise actuelle.

Vision Montréal et Projet Montréal optent pour la création d'un service municipal afin de «contrer la maltraitance et l’euthanasie érigée en système». La ville de Laval quant à elle affirme que le contrat qui la lie au Berger Blanc viendra à échéance le 31 mai prochain et qu'un appel d'offres public sera lancé. La Ville précise que «le poste lavallois du Berger Blanc ne procède à aucun acte médical et qu'aucun manquement aux règles normales n'y a été observé».

Quoi qu’il en soit, plusieurs estiment qu’on ne peut plus se mettre la tête dans le sable: «Les animaux sont sous notre responsabilité collective. Ils n’ont aucune voix, aucun moyen de se faire entendre. Comme société, il nous appartient de s’assurer qu’ils sont traités adéquatement. Ce n'est pas l'affaire des entreprises privées», conclut Carl Saucier-Bouffard, professeur d’éthique animale au collège Dawson, à Montréal, et chercheur associé à l’Université d’Oxford en Angleterre. 

Faire bouger les choses 

La SPA Canada invite les citoyens qui veulent protester contre les fourrières à but lucratif comme le Berger Blanc, à venir jeter leur médaille municipale le vendredi, 13 mai, à 17h30, devant les hôtels de ville de Montréal (métro Champ-de-Mars) et de Québec (place d’Youville). Par ailleurs, à l’initiative d’Isabelle Poitras, la citoyenne à l’origine du reportage d’Enquête, les citoyens du Québec peuvent signer une pétition sur le site de l’Assemblée nationale afin que les normes de fonctionnement des refuges et fourrières soient renforcées.

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  • Par DIANE Croteau
    05 Janvier 2012

    Je suis tout à fait d'accord avec le fait qu'il faut arrêter de faire souffrir consciemment les animaux ! Mais ce que je ne comprend pas, c'est qu'on ne semble s'intéresse qu'aux chiens et aux chats. Qu'advient-il des poules pondeuses qui restent debouts toute leur vie, dans une cage tellement étroite qu'elles ne peuvent jamais déplier leurs ailes ? Et des vaches laitières à qui on donne des hormones pour augmenter leur production à tel point que leurs pattes n'en peuvent plus de supporter le poid de leur pie énorme ? Et des poulets que l'on mange, qui sont entassés comme des sardines et qui meurent quotidiennement d'infection à cause de l'insolubrité du lieu où ils vivent? Et des boeufs, et des porcs, et de tous les animaux que nous mangeons,qui ne voient jamais la lumière du jour et ne mangent que du maïs, alors que ce sont des ruminants qui devraient manger de l'herbe ?
    Je sais qu'ils ne sont pas des animaux de "compagnie", comme nos chiens et nos chats, mais eux aussi souffrent, ils ne peuvent parler pour nous le dire, et pourtant, personne n'en fait de cause.

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    Par Gina Fiorito
    03 Mars 2012

    Vous avez tout à fait raison. Je suis membre de la SPA et il y a également une campagne visant à ne pas encourager l'achat de foie gras. Les conditions des oies sont désastreuses et nous sommes les plus grands producteurs. Encore un triste record pour le Québec!

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  • Par Colette Fournier
    05 Janvier 2012

    Je ne peux pas me prononcer du cas Le Berger Blanc; je n'ai pas vu l'émission, tout ce que je sais d'eux c'est qu'une fois semaine à une émission télé du matin, on amenait quelques bêtes pour les faire adopter, généralement des chiots qui avaient été vaccinés et stérilisés, propres et en bonne santé.
    C'est bien beau blamer les fourrières de maltraitances, mais est-ce qu'on ne devrait pas commencer par les propriétaires d'animaux??? Ce sont eux les responsables.
    Quand on achète un animal, on le fait stériliser!!! Comme ça on ne se retrouve pas avec des portées de chiots ou de chatons qu'on donne aux amis, aux voisins etc... qui eux n'en veulent pas nécessairement mais...ils sont tout ''cute'' ce sont des bébés!!! On les prends et quand vient le temps de passer chez un vétérinaire, ah ben c'est trop cher et on les amènent dans une fourrière ou à la SPCA. Ces endroits deviennent tellement débordés qu'ils n'arrivent plus a prendre un soin adéquat aux bêtes et les euthanasient.
    On ramasse des chiens qui trainent dans les rues,dans des parcs à chiens ou des ''usines'' à chiens, et encore là, on les amènent à la SPCA ou dans une fourrière. Bien souvent ces bêtes sont tellement mal en point que ces organismes n'ont d'autres choix que de les euthanasier.

    Si chacun de nous prenions nos responsabilités faces à nos animaux de compagnie, nous n'aurions plus à blâmer, Le Berger Blanc ou quelqu'autres organismes, pour des cas de maltraitances!!!

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  • Par Gina Fiorito
    05 Janvier 2012

    Ne soyez pas outrés, je ne suis pas surprise de la tournure des événements récents concernant les fourrières à but lucratif. Les personnes âgées dérangent, on les place. Les enfants dérangent, on appelle la DPJ et on les place en famille d'accueil ou en centre d'accueil. Le(la) conjoint(e) dérange, on se sépare. Les animaux dérangent, on les euthanasie et tant pis par la façon dont on s'y prend. Nous sommes les premiers responsables de tout ça. Nous avons fermé les yeux trop longtemps en disant que d'autres s'en occuperont. Et moi je vous répond qu'il vaut mieux être un lion une journée qu'un mouton toute sa vie!

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  • Par Jean-Guy Larocque
    05 Janvier 2012

    Oui bon... c'est triste que les animaux ne soient pas plus respectés que ça. Mais il faut aussi mentionner que la SPCA elle-même n'est pas très très consciente. Du moins, pas ceux qui y travaillent.

    À trois reprises je suis allé y porter un animal : une fois un chat, une fois un pigeon et une fois un moineau, et les trois fois c'était pour demander conseil comment aider cet animal à se remettre car, les trois fois, lis étaient blessés. La première fois les fonctionnaires m'ont dit "Laissez-nous-le on va s'en occuper", J'ai fait l'erreur de leur faire confiance : lorsque j'ai rappelé trois jours plus tard pour prendre des nouvelles ils m'ont demandé “Quel chat?” Ils l'avaient euthanasié.

    La deuxième fois (le pigeon) ils m'ont dit que ces oiseaux transportent des maladies mais de revenir demain ils pourront me donner des conseils. Et de le leur laisser cette nuit car le vétérinaire ne vient que demain matin. Je leur ai fait confiance car j'ai exigé qu'ils me promettent de ne pâs l'euthanasier avant de m'appeler demain et ils m'ont annoncé clairement et explicitement qu'ils ne le tueront pas et que je pourrai le reprendre demain. Le lendemain matin ils l'avaient euthanasié...

    La troisième fois (le moineau) j'ai pensé que ceux de la deuxième fois étaient probablement une exception et que les fonctionnaires ne peuvent pas être tous aussi cons! Je m'étais à nouveau trompé...

    Société Protectrice contre la Cruauté envers les Animaux avons-nous dit? Quand vous êtes malades, que trouveriez-vous plus cruel : qu'on fasse l'effort de vous guérir ou qu'on vous euthanasie pour vous éviter de souffrir ..."cruellement"?

    Je n'ai évidemment plus jamais amené un animal là! Et je suis d'accord avec l'auteur québécois Toutou qui a écrit "Parler de la bêtise humaine c'est insulter les bêtes".

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  • Par Danielle Guay
    20 Mars 2013

    J'aime beaucoup la remarque de Diane Croteau au sujet des animaux de ferme. A ceux qui crient au scandale bien assis devant les nouvelles criant au scandale du Berger blanc en mangeant un gros steak, pensez-y bien, il ne viens pas juste de l'épicerie ce beau steak, il a énormément souffert avant d'arriver dans votre assiette, commencez à être plus conscient de ce que vous mangez avant de brandir les pancartes et de vous offusquer. Les premiers coupables sont ceux qui achètent des animaux jouets pour s'en débarrasser aussitôt qu'il ne les amuse plus. Les plus consciencieux leur trouverons eux-mêmes un nouveau foyer ou les amènerons chez le vétérinaire pour les faire euthanasier, en en leur tenant la patte S.V.P., car qui sait s'ils ne finiront pas comme au Berger blanc aussitôt que vous aurez tournée le dos et payé la grosse facture salée.......qui deviens un empêchement pour plusieurs à y avoir recours. Moi, j'opterais pour la subvention de ce service par les municipalités, ce serait propre et bien fait et tout le monde pourrait facilement y accéder moyennant des frais raisonnables.... et si on parlait de stérilisation maintenant, il y aurait beaucoup moins d'abandon si tous ceux qui se procurent un chien étaient obligés de le faire stériliser, vérification des vendeurs de médailles à l'appui. Il en va de même pour les chats mais c'est à mon avis beaucoup difficile à gérer. Il y en a tant abandonnés à la campagne, les gens croyant qu'ils y trouverons un foyer mais j'ai des p'tites nouvelles pour ceux qui adhèrent à cette croyance, c'est la pire place car les chats sont très territoriaux et ne seront jamais acceptés par les anciens du milieu où ils ont été parachutés. Aussi bien leur tenir la patte chez le vétérinaire ou les empêcher de venir au monde sans famille par la stérilisation.

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