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Rénover écologique, pièce par pièce

Par Stéphan Dussault
Rénover écologique, pièce par pièce

Envie de faire quelques rénos de façon écolo? Voici nos conseils pour faire les bons choix au moment de choisir les armoires de cuisine, le plancher, les comptoirs, la toilette, le lavabo, la toiture et d'autres sections de la maison.

À la base, ce que les fabricants vous disent, c’est qu’isoler une maison est en soi un bon geste pour l’environnement. Soit. Mais «ces produits sont loin d’être égaux d’un point de vue écologique», dit Emmanuel Cosgrove, fondateur d’Écohabitation, dont l’un des mandats est d’analyser les propriétés vertes des matériaux. «Prenez le polystyrène extrudé. Oui, il est 100 % recyclable, mais il n’est à peu près jamais recyclé.

Et il contient des produits chimiques que d’autres matériaux n’ont pas.» Cet isolant rose rigide renferme effectivement des hydrochlorofluorocarbures (HCFC), un gaz nocif pour la couche d’ozone. Plusieurs pays demandent d’ailleurs le retrait progressif des HCFC.

Évaluer le caractère écologique d’un produit n’est pas chose simple. Il faut en connaître la composition et la méthode de fabrication, savoir combien de kilomètres il a parcouru avant d’arriver à la quincaillerie, déterminer son impact sur la santé, sa possibilité de recyclage, etc.

>>À lire aussi sur notre site: Tout ce qu'il faut savoir avant d'agrandir sa maison

Pour compliquer le tout, ajoutez que le bien le plus vert est souvent celui… qu’on n’a pas produit! C’est là que le recyclage prend tout son sens. Et c’est ainsi qu’un produit nocif pour l’environnement peut devenir un produit écologique. Par exemple, le polychlorure de vinyle qui compose le cadre d’une fenêtre est fait de pétrole et de chlore. Lorsque sa réutilisation ajoute 20 ans à sa durée de vie utile, il s’agit pourtant d’un bon choix.

Bref, départager le greenwashing du produit véritablement vert n’est pas une mince affaire. Voici quelques pistes

Armoires de cuisine
Le caisson des armoires est presque toujours composé de bois aggloméré dont la résine contient du formaldéhyde; ce gaz se libère au fil des ans et peut causer des irritations et des maux de gorge. Depuis quelques années, il existe des caissons dont la résine est exempte de formaldéhyde, comme ceux qui sont fabriqués avec les panneaux Nu Green du fabricant Uniboard, mais ils sont davantage utilisés par les ébénistes; on ne les trouve pas dans les grandes surfaces. Vous pouvez vous rabattre sur des caissons certifiés Greenguard, qui limitent les émanations en enfermant mieux le formaldéhyde sous la mélamine, principal matériau de recouvrement. Choisir des portes en bois massif ou en verre diminue aussi la quantité de formaldéhyde.

Planchers de cuisine
Évitez les carreaux de vinyle; ils sont peu durables et ils libèrent des composés organiques volatils (COV). Deux bons choix: les carreaux de linoléum, composés de jute et d’huile de lin, et les carreaux de liège, durables et faits de substances naturelles. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le chêne-liège, l’arbre dont l’écorce produit le liège, n’est pas en voie de disparition. L’organisme Greenpeace le recommande même comme solution de rechange au plancher de vinyle. Préférez les produits qui s’appliquent avec une colle sans COV. «Les carreaux à emboîter ont tendance à durer moins longtemps», dit Emmanuel Cosgrove.

Comptoirs de cuisine
Les comptoirs en stratifié libèrent aussi du formaldéhyde et ne sont pas les plus durables. Les autres matériaux, comme le quartz ou la céramique, font toutefois augmenter la facture. Le granite produit au Québec est un bon choix, de même que les matériaux recyclables comme l’acier inoxydable. Pour l’îlot, le bois huilé est toujours une bonne solution, surtout s’il a la certification Forest Stewardship Council (FSC), qui garantit des règles de gestion strictes des forêts. Pour faciliter le compostage, prévoyez un trou dans le comptoir afin d’y encastrer un contenant en acier inoxydable muni d’un couvercle. Vous pourrez simplement le retirer et le vider dans le composteur.

Plancher dans le salon
Bannissez le tapis, surtout parce qu’il emprisonne tout, et aussi parce que ceux qui sont faits de fibres synthétiques libèrent des COV.Pour les planchers en bois, préférez les produits certifiés FSC. Optez pour les planches préhuilées ou prévernies à l’eau, dont le fini est durable ; vous ne subirez pas non plus les émanations liées à l’application du vernis.Et regardez d’où provient le bois : le merisier du nord-est américain est mieux que le bambou Made in China.Dans certains cas, le bois aura même fait le voyage deux fois : il est envoyé brut en Asie pour y être travaillé, puis il revient au Canada sous forme de produit fini.

Foyer de masse
Si vous demeurez en ville, mieux vaut ne pas chauffer au bois, même avec un poêle ou un foyer certifié EPA (Environmental Protection Agency) ou CSA (Canadian Standards Association). La multiplication de ces appareils génère une concentration élevée d’émanations nocives. En milieu rural, le foyer de masse est un excellent choix. Grâce à sa température élevée et à ses chambres de combustion, il transforme en chaleur environ 90 % de l’énergie produite, comparativement à environ 70 % dans le cas des foyers certifiés EPA ou CSA. Mais vous devrez débourser de 15 000 à 40 000 $ pour son achat et son installation. Pour une fraction du prix, et avec une efficacité d’environ 80 %, le poêle à granules est un bon choix. À lire également sur notre site: Notre texte 10 questions sur les poêles à granules et notre article sur les foyers électriques Heat Surge qui ne sont pas aussi écologiques que le prétend son fabricant.

Toilette et lavabo

Il est possible de remplacer le couvercle de la toilette par un certain type de lavabo ! Une fois la chasse tirée, l’eau neuve destinée à remplir le réservoir passe d’abord par le robinet de ce lavabo pour que vous puissiez vous laver les mains. Ce petit système est utilisé dans plusieurs pays, dont les États-Unis et le Japon. Il n’est pas vendu au Québec, mais vous pouvez le commander sur le Web pour environ 150 $. L’un des fabricants : sinkpositive.com.

Plomberie
Si vous devez refaire la plomberie ou y ajout2010er des éléments, privilégiez les tuyaux en polyéthylène réticulé – mieux connus sous l’acronyme de PEX – plutôt qu’en cuivre. L’extraction dans les mines n’est pas sans conséquences environnementales. Vous pouvez vous équiper des éléments suivants :

  • Ventilateur pour chasser l’excès d’humidité à l’extérieur
  • Pomme de douche à faible débit munie d’un interrupteur
  • Robinet électronique qui se déclenche à l’approche des mains
  • Toilette à double chasse ou ajout d’une bouteille d’eau dans le réservoir de votre toilette pour en réduire le volume

Récupérer l’eau
Une personne qui utilise une toilette de 6 L dépense 10 000 L d’eau potable par année. La solution : récupérer l’eau de la baignoire et de la douche dans un réservoir qui alimente la toilette ; on appelle cela la « récupération des eaux grises ». Une poignée de Québécois ont adopté ce système, qui coûte de 2 500 à 5 000 $, installation comprise. Au Québec, quelques fabricants – dont Brac Systems – et certains plombiers installent ces dispositifs.

Le radon
Le radon est un gaz incolore, inodore, sans goût et surtout méconnu. Il est présent dans le sol et peut s’accumuler dans les espaces mal ventilés. Le radon serait la seconde cause du cancer du poumon après le tabagisme. Plus de 500 Québécois en mourraient chaque année. Ce gaz s’infiltre-t-il chez vous à votre insu ? L’Association pulmonaire du Québec (APQ) offre un détecteur de radon (dosimètre) efficace à 50 $. Si le taux est trop élevé, vous devrez engager un entrepreneur, que vous paierez entre 1 500 et 3 000 $, la plupart du temps pour recouvrir les fissures et boucher les trous autour des tuyaux du sous-sol. Pour commander le dosimètre: 1-800-295-8111, poste 232. Pour en savoir plus sur ce gaz, consultez notre article Halte au radon!

Récupérer la chaleur de l’eau
Pourquoi laisser filer l’eau chaude dans l’égout avant d’en avoir récupéré une partie de la chaleur ? L’ajout au renvoi d’eau de la douche d’un simple tuyau en cuivre entouré d’un serpentin peut diminuer de 25 % la facture d’eau chaude. Le plombier ou le bon bricoleur n’a qu’à remplacer une partie du tuyau d’évacuation par ce dispositif. Quand l’eau chaude est rejetée, elle passe dans le tuyau. Pendant ce temps, l’eau froide qui entre pour remplir le chauffe-eau passe par le serpentin. Le contact avec le gros tuyau la préchauffe. Coût : environ 600 $. Économie annuelle : environ 60 $.

Parement extérieur de la maison
Évitez le revêtement en polychlorure de vinyle (PVC). Ce matériau contient des produits pétroliers et du chlore, il se dégrade rapidement sous l’effet du soleil et il est peu recyclé. La brique nécessite beaucoup d’énergie au cours de sa fabrication, mais sa durabilité compense et plusieurs produits sont fabriqués au Québec. Songez aussi aux ressources renouvelables, comme le cèdre. Emmanuel Cosgrove a aussi un faible pour la planche en bois composé, mieux connue sous la marque CanExel.

Toiture
Pour les toits en pente, tentez d’utiliser autre chose que le bardeau d’asphalte. Pour les toits plats, les produits à base de pétrole sont difficiles à contourner. Préférez la membrane élastomère, plus durable que le bitume liquide. Et exigez un fini blanc, qui réfléchira la chaleur au lieu de chauffer inutilement le vide sous toit l’été. Il est possible de transformer la plupart des toits plats en toits verts. Plusieurs techniques existent, de l’ajout de bacs à tomates au recouvrement complet du toit. Pour les toits en pente, la tôle, durable et recyclée, ou le bardeau de cèdre, imputrescible, sont de bons choix écologiques. Si vous choisissez les bardeaux d’asphalte, misez sur la qualité. Certains sont garantis 40 ans. Et engagez un installateur qui prendra soin d’envoyer les vieux bardeaux au recyclage.

Terrain
Munissez-vous d’un récupérateur d’eau de pluie que vous fixerez à la gouttière et auquel vous brancherez un tuyau d’arrosage ; vous aurez un avantage sur votre voisin si votre municipalité interdit l’utilisation de l’eau potable en période de sécheresse ! Un réservoir de 200 litres coûte moins de 100 $, robinet inclus. Pour le double du prix, vous aurez une jolie cuve en bois torréfié. Diminuez la superficie de gazon, qui est très exigeant en eau ; privilégiez les plantes qui tolèrent la sécheresse ; préférez des arbres feuillus du côté sud pour protéger la maison du soleil l’été et laisser entrer la lumière l’hiver. Quant à la terrasse, songez à une installation en cèdre, en bois torréfié ou en matériau composite. Ces matériaux coûtent cependant de deux à quatre fois plus cher que le bois traité.

Isolation
Une maison bien isolée permet bien entendu de réduire la facture d’énergie, mais elle hausse aussi le niveau de confort. Quel matériau choisir ? Pour isoler le vide sous toit ou les murs, la cellulose est « l’isolant commercial à plus faible impact environnemental », assure-t-on dans le magazine La Maison du 21e siècle. Elle est composée à 85 % de papier journal et prend la forme de granules. Pour en souffler dans le vide sous toit, on peut louer l’équipement nécessaire dans les grandes quincailleries. Dans le cas des murs, le travail est plus difficile. Le risque : en mettre trop peu à certains endroits, ce qui peut créer un vide dans le haut du mur quand la cellulose va se tasser. Mieux vaut engager un expert.

Chauffage
On peut parler longuement des bienfaits de la géothermie, mais commençons par la base : le remplacement des thermostats mécaniques. La précision accrue des thermostats électroniques diminue les variations de chaud et de froid. Ainsi, les utilisateurs ont tendance à baisser la température de consigne, ce qui permet d’économiser en moyenne une centaine de dollars par an en frais de chauffage. Choisissez de préférence un modèle programmable : le fait de ne plus oublier de baisser la température ou de pouvoir l’ajuster les jours de semaine réduira encore votre facture. Par ailleurs, en le programmant pour que le chauffage démarre une demi-heure avant votre arrivée, vous ne faites aucun compromis sur le confort. Songez aussi à vous débarrasser de votre vieille fournaise au mazout, qui ne brûle souvent que 60 % du combustible, le reste étant gaspillé en pure perte. Pour connaître les rénovations les plus rentables sur le plan des économies d'énergie et pour savoir ce que représentent concrètement les mesures d'économie telles que la géothermie, les thermostats électroniques ou les chauffe-eau solaires, consultez notre dossier Rénovations écoénergétiques.

Finition intérieure
Le gypse est « une ressource non renouvelable, mais très abondante. C’est un choix sain », tranche Écohabitation. Le mieux est de choisir des panneaux composés de matières recyclées et dont l’usine n’est pas en Chine ou dans le sud des États-Unis. Et ça existe. « Par exemple, le gypse de marque CGC est composé de matière recyclée du Nouveau-Brunswick et les panneaux sont faits à Montréal », dit Emmanuel Cosgrove. Un petit truc : Les peintures certifiées ÉcoLogo dégagent une faible quantité de COV.

« Conservez de l'énergie. Épargnez de l'argent. Aidez à sauver la planète. »
C’est à ce genre de publicité qu’est confronté le consommateur dans la rangée des isolants des quincailleries. Or, les différents isolants roses ne sont pas également verts.

Quelques ressources utiles

Transition énergétique Québec
L'organisme provincial gère plusieurs programmes, dont Éconologis, Novoclimat, Rénoclimat et Chauffez vert. Il publie une liste des subventions à la rénovation écoénergétique.

Écohabitation
Organisme qui certifie les bâtiments LEED. Propose les Pages vertes, un guide téléchargeable gratuitement de son site Web.

Greentech Building
Parmi les sites Web les plus respectés en matière de bâtiment vert.

Regreen
Un document de 180 pages du Conseil américain du bâtiment vert et de la Société américaine des designers d’intérieur. Téléchargeable gratuitement.

Société canadienne d’hypothèques et de logement
L’organisme fédéral publie plusieurs études. Sur la question des maisons vertes, les projets du programme Equilibrium sont particulièrement intéressants.

 

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