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Poisson d'élevage: les dégâts de l'aquaculture

Par Rémi Maillard Mise en ligne : 01 Mars 2010

Photo: Shutterstock

Aujourd’hui, près de la moitié des 110 millions de tonnes de poissons et fruits de mer consommées dans le monde provient d’élevages, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).


Et la tendance n’est pas près de s’inverser. En effet, la demande ne cesse de croître tandis que la capture d’espèces sauvages dans les océans décline à mesure que les stocks sont surexploités.

Cependant, l’aquaculture telle qu’elle est pratiquée actuellement n’est pas une solution, affirme Greenpeace. Au contraire, beaucoup de fermes aquacoles « posent une menace sérieuse aux écosystèmes marins
et d’eau douce ».

D’abord, la plupart des poissons élevés sont carnivores et les nourrir exige de grandes quantités de poissons sauvages.

«Pour produire un kilo de saumon d’élevage, il faut en moyenne quatre­ kilos de farine et d’huile de hareng, de sardine ou de maquereau. Dans le cas du thon rouge, c’est encore pire, puisque ce chiffre atteint de 15 à 20 kilos», explique la nutritionniste Anne-Marie Roy, porte-parole d’Expo Manger santé et vivre vert, organisée en mars à Montréal, puis à Québec.

Par conséquent, «plutôt que de réduire la pression sur les réserves de poissons sauvages, l’élevage d’espèces carnivores l’augmente en favorisant la surpêche», souligne-t-elle. Et même si leurs moulées contiennent de plus en plus de protéines végétales, l’augmentation régulière de la production aquacole annule ce gain.


Déchets

L’aquaculture produit par ailleurs une énorme quantité de déchets, dénonce Beth Hunter, coordonnatrice de la campagne Océans de Greenpeace.

Ainsi, une ferme de 200 000 saumons libère une quantité de matières fécales «aussi importante que les nutriments rejetés dans les eaux usées d’une localité de 65 000 personnes». Sans parler des rejets de moulée et de produits chimiques ajoutés aux cages et aux étangs, qui achèvent d’asphyxier les écosystèmes locaux et réduisent la biodiversité à proximité des installations.

De même, les élevages industriels nécessitent l’utilisation massive d’antibiotiques ou de vaccins pour éviter la transmission des maladies.

Résultat : les nombreux poissons ayant « bénéficié » de ces traitements qui parviennent à s’échapper risquent de contaminer les espèces sauvages.

La solution ? Développer une aquaculture «durable», avec un impact réduit sur l’environnement, réclame Greenpeace.

Par exemple, en élevant les poissons dans des parcs clos afin d’éviter les risques de contamination du milieu sauvage ou en utilisant leurs déchets pour nourrir d’autres espèces, comme des coquillages et des algues.

«Tant que l’industrie n’a pas assaini sa production, chacun de nous est responsable de ses choix, juge Anne-Marie Roy. Pour commencer, nous devrions toujours choisir des poissons végétariens ou de petite taille, et aussi envisager d’en consommer moins souvent. Si nous ne voulons pas épuiser la ressource, il est grand temps de modifier nos habitudes.»

À voir:
Guide canadien des poissons et fruits de mer