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Energy Star: une étoile qui pâlit?

Par Stéphan Dussault Mise en ligne : 03 Mars 2010

Photos de ce dossier: Réjean Poudrette

Energy Star. Les consommateurs se fient à ce symbole pour choisir les appareils les plus écoénergétiques.

Mais depuis quelques années, la plupart des produits ont fait des gains en la matière. Si bien qu'un réfrigérateur Energy Star, par exemple, ne consomme pas beaucoup moins qu'un appareil standard.

On ne peut pas être contre l’économie d’énergie, mais c'est le cas de le dire: quand vient le temps de chercher à comprendre la signification et la valeur du logo Energy Star, on en perd vite son latin.

À lire aussi: Le logo Energy Star ne tient pas toujours ses promesses

En 1992, quand la marque a été mise en place par le gouvernement américain, les choses étaient tellement plus simples, et la barre n’était pas très haute: on cherchait à diminuer l’impact écologique croissant des ordinateurs seulement, en identifiant à l’aide du sceau Energy Star ceux qui offraient un mode veille!

Le programme a traversé la frontière en 2001. Ici, c’est l’Office de l’efficacité énergétique (OEE), une branche de Ressources naturelles Canada, qui gère la marque. L’OEE a donné son aval pour homologuer un demi-million de produits répartis dans une vingtaine de catégories, des fenêtres aux systèmes de chauffage, en passant par les photocopieurs, les ampoules et, bien entendu, les appareils électroménagers.

Les citoyens de l’Ontario et de la Saskatchewan peuvent même voir le logo sur des maisons neuves. Que signifie l’homologation Energy Star ? La question n’est pas si bête, vous allez voir! «La marque indique quels produits sont les plus performants de leur catégorie en matière d’efficacité énergétique», peut-on lire sur le site de l’OEE. D’accord.

Et plus performants comparativement à quels appareils ? Ça commence déjà à se compliquer. Sur le site de l’Office, les informations sont confuses. L’organisme écrit que les produits sont comparés «aux modèles classiques». Ailleurs, ils sont comparés «aux autres modèles». Or, les «autres modèles» n’ont pas une consommation égale entre eux. Et ne tentons même pas de définir ce qu’est un «modèle classique»…

Nous croyons trouver la bonne définition quelques clics plus loin, en jetant un coup d’œil plus attentif à la section des réfrigérateurs. «Pour répondre aux exigences Energy Star, les réfrigérateurs de taille ordinaire doivent surpasser d’au moins 15 % la norme canadienne sur le rendement minimum.» Voilà qui est plus clair. Malheureusement, un clic plus loin, l’OEE parle plutôt de 20 %…

Disons, pour résumer, qu’un électroménager certifié Energy Star doit surpasser d’un pourcentage déterminé la norme minimale d’efficacité énergétique que le gouvernement impose à une catégorie donnée. Ce pourcentage diffère d’un type d’électroménagers à l’autre. Par exemple, pour le lave-vaisselle, c’est 33 %, et pour le climatiseur individuel, 10 %.

Une différence marginale

Vous voulez probablement savoir combien ces pourcentages vous feront économiser sur votre facture d’électricité. Réponse: souvent bien peu aujourd’hui.

Prenons les réfrigérateurs de 18 à 18,4 pi3 avec congélateur supérieur. Sur le site de l’OEE, 77 modèles affichaient une consommation de 407 kilowattheures (kWh) par an, à peine trop pour être certifiés Energy Star. À 7,33 ¢ par kWh, il s’agit d’un coût annuel moyen de 29,83 $. Nous en avons trouvé presque autant, soit 73, qui consommaient entre 383 et 388 kWh et qui pouvaient afficher le logo.

En établissant une moyenne à 385 kWh, on obtient une facture annuelle de 28,22 $. Différence de consommation entre un modèle «classique» et un modèle Energy Star: 1,61 $ par an.

Le meilleur et le pire
«Il faut bien tracer une ligne quelque part», rétorquez-vous. D’accord. Allons donc aux extrêmes et prenons le pire et le meilleur des frigos de la même catégorie. Le meilleur coûte 27,56 $ d’électricité par an (376 kWh) comparativement à 35,48 $ pour le pire modèle (484 kWh). Différence : 7,92 $ par an.

Tout cela est vrai si la consommation énergétique affichée est la bonne. L’an dernier, le fabricant LG s’est fait prendre en vendant 10 modèles de frigos Energy Star qui n’auraient pas dû afficher l’étoile. Selon les tests effectués par le magazine Consumer Reports, ils consommaient 1100 kWh par an au lieu des 547 promis!

Ici comme aux États-Unis, LG a compensé ses clients pour cette erreur. «Je ne veux pas entrer dans les détails, mais LG a profité d’une imprécision dans la méthode de test», dit Isabelle Guimont, l’une des gestionnaires de la marque Energy Star à l’OEE. «Pour le reste, le programme est mieux surveillé ici. Au Canada, tous les tests doivent être certifiés par un organisme indépendant, ce qui n’est pas toujours le cas aux États-Unis», ajoute-t-elle.

Une utilité limitée
Le logo Energy Star n’est pas très utile quand vient le temps de choisir un lave-vaisselle neuf. Depuis cette année, la con­sommation électrique d’un modèle ordinaire ne doit pas dépasser 355 kWh/an. Or, pour être homologué Energy Star, un lave-vaisselle ne doit pas consommer plus de… 324 kWh/an.

Il s’agit d’une différence annuelle de 2,17 $ entre le pire modèle sur le marché et celui qui est certifié Energy Star. Consolation: ce dernier doit utiliser moins d’eau.

Les bénéfices cachés
Si les écarts de consommation énergétique sont parfois bien minces entre les pires et les meilleurs produits, il n’en a pas toujours été ainsi. Il y a 20 ans, un frigo moyen coûtait 76,53 $ d’électricité par an (1044 kWh), soit presque trois fois plus que le meilleur modèle sur le marché aujourd’hui. «Elle est là, la force du logo Energy Star. Le programme pousse les fabricants à effectuer davantage de recherche pour améliorer l’efficacité de leurs produits, dit Isabelle Guimont. Et plus les produits s’améliorent, plus nous relevons les normes minimales d’efficacité.»

Cela dit, d’un point de vue financier, il semble aujourd’hui plus intéressant de simplement remplacer son vieux frigo par n’importe quel modèle neuf que de payer 200 $ de plus pour un appareil certifié Energy Star. Isabelle Guimont n’est pas d’accord: «Il faut aller plus loin que la simple consommation énergétique. Bien souvent, un frigo Energy Star durera plusieurs années de plus étant donné que les pièces et les systèmes d’isolation et de réfrigération sont de meilleure qualité.»

Même chose pour les lampes fluocompactes. «En décembre 2008, nous avons relevé les normes. Par exemple, nous avons diminué la quantité maximale de mercure ainsi que le temps nécessaire pour que la fluocompacte atteigne sa pleine puissance de luminosité, ce qui en fait un produit plus attrayant. Du jour au lendemain, la moitié des ampoules fluocompactes ne pouvaient plus afficher le sceau Energy Star.»

Pas du tout identiques

Les deux réfrigérateurs de GE ci-dessous de 18 et de 18,2 pi3 se ressemblent à s’y méprendre, exception faite de petits éléments optionnels. Ils sont cependant aux antipodes en matière d’efficacité énergétique. Le premier consomme 480 kWh/an comparativement à 387 kWh/an pour le second, certifié Energy Star. Deux extrêmes qui ne représentent pourtant qu’une différence de 6,81 $ par an.

En décembre, le premier se vendait 500 $ et le deuxième, 650 $. En 17 ans, soit la durée de vie utile d’un frigo, la consommation énergétique plus faible du second appareil représente une économie de 116 $ pour un produit payé 150 $ plus cher.