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Protégez-Vous au Salon Ecobuild, à Londres

Par Stéphan Dussault
Ecobuild Londres

Suivez notre journaliste Stéphan Dussault en direct de l'Ecobuild de Londres, le plus grand salon annuel dédié à l’habitation écologique. Au programme: nouvelles tendances et produits innovateurs pour une construction verte et durable!

Est-ce que l’herbe est plus verte chez le voisin? C’est ce que nous vérifierons dès aujourd’hui avec l’ouverture du plus grand salon de l’habitation écologique, l’Ecobuild de Londres, en Grande-Bretagne, où nous sommes.

Pendant trois jours seulement, plus de 1 300 exposants de 35 pays, dont une quinzaine d’entreprises canadiennes, vont tenter de vendre leur salade — verte, bien entendu — aux quelque 45 000 visiteurs, dont un grand nombre de clients potentiels. On y retrouve les classiques fabricants de panneaux solaires ou de fenêtres à triple vitrage, mais aussi plusieurs joueurs qui arrivent avec d’étonnants produits. C’est pour vous les faire découvrir que nous sommes ici. Que dire par exemple de ce toit vert vendu en modules? Et que penser de la présence dans un salon écolo d’une entreprise comme BP (British Petroleum), plus précisement sa filiale BP Solar?

Parlant de gallon (de pétrole...), vous constaterez que l’écologie en a pris depuis quelques années. Même qu’elle est devenue inaccessible pour plusieurs. À Ecobuild, l’un des plus petits formats de kiosque, qui fait 9 mètres carrés (moins de 100 pieds carrés), se loue 8 000 $ pour les trois jours. Consolation: à ce prix, on risque de croiser moins de vendeurs de ShamWow que dans d’autres salons de l’habitation!

Pourquoi un salon de l’habitation verte à Londres?

D’abord à cause du fort potentiel d’exportation dans ce pays. Depuis quelques années, la Grande-Bretagne est passée à la vitesse grand V en matière de consommation énergétique plus verte et de maisons mieux construites.

Tout d’abord, la Grande-Bretagne veut diminuer sa consommation d’énergies fossiles. Et ici, on part de loin. Plus de 90 % de l’énergie est produite à l’aide de mazout, de gaz naturel et de charbon.

Le pays veut aussi améliorer ses techniques de construction. Le gouvernement vise même la fabrication obligatoire de maisons «zéro carbone» d’ici 2016. Un concept encore flou, où même les experts britanniques se demandent par quels miracles on va réussir à compenser l’utilisation de tant d’énergies fossiles.

Une petite partie de la solution se trouve dans un nouveau programme de financement à l’achat de panneaux solaires, les fameux «Feed-In Tariffs». À partir du mois d’avril, le gouvernement s’engage à racheter, pendant 20 ans et au coût de 60 ¢, chaque kilowattheure (kWh) produit par des panneaux solaires installés sur le toit des résidents britanniques. Toute une aide quand on sait que se chauffer au gaz naturel ou au charbon coûte moins de 10 ¢ du kWh en Grande-Bretagne. Un programme similaire se met en place en Ontario. Nous y reviendrons dans les prochains mois.

Dans 10 ans, la Grande-Bretagne espère avoir diminué de 20 % sa dépendance aux énergies fossiles, le tout au profit des énergies renouvelables. Mais le solaire ne suffira pas. C’est pourquoi le pays a déjà commencé à développer la filière éolienne. La Grande-Bretagne a jusqu’ici planté plus de 3 000 éoliennes (comparativement à environ 500 au Québec), qui produisent assez d’énergie pour alimenter l’équivalent de plus de 800 000 résidences québécoises. Et ce ne serait qu’un début.

Une crème glacée... au lait maternel

Convenez que la façade ressemble plus à une boutique érotique. À l’intérieur, avec toutes ces têtes de mort, on se croirait même chez un tatoueur. Mais non, l’affiche du commerce, baptisé The IceCreamists, est sans équivoque!

Le tout petit commerce situé en plein cœur de Londres n’est ouvert que depuis une semaine, mais il fait déjà beaucoup jaser. On y vend des crèmes glacées aux noms aussi délirants que Sex Bomb, WikiLicks ou Dark Side of the Spoon. Pas nécessairement l’endroit idéal pour payer la traite de la petite équipe de soccer après une partie.

«Notre Sex Bomb est un genre de Viagra naturel, composé entre autres de ginkgo biloba, d’arginine et de guarana», m’explique Louisa Hill, la gérante. Mais la glace qui nous intéresse n’est pas là. Elle porte le nom de Baby Gaga. Gaga en l’honneur de la chanteuse déjantée, et Baby parce que la glace est conçue avec du lait maternel. «Pour l’instant, nous n’avons qu’une seule donneuse, mais nous aimerions en avoir une quinzaine», dit Louisa Hill pour expliquer la mention «Baby Gaga, Sold Out» affichée à l’entrée, que nous n’avions pas remarquée.

Ce n’est pas la gérante qui s’occupe du recrutement, mais elle assure que des mesures d’hygiène très strictes sont prises avec les productrices. On espère aussi que l’alimentation est suivie, quand on sait que le lait goûte ce que la mère a mangé! Si vous êtes contre la chose, sachez qu’à 22 $ la glace, vous aurez une autre raison de faire une montée de lait! AJOUT: quelques heures après la publication de cet article, Cyberpresse rapportait que les autorités londoniennes avaient gelé la vente des glaces fabriquées à partir de lait maternel, une semaine seulement après leur mise en vente.

Un toit vert en modules à assembler soi-même

On parle presque d’un toit vert Ikea. Des modules de plastique d’environ trois pieds carrés, avec géotextile, terreau et semences, tout compris, livrés sur une palette à votre porte. Ne reste qu’à les monter sur le toit! Et nul besoin de le renforcer. L’ensemble de l’œuvre pèse entre 10 et 15 livres du pied carré. Vous pouvez l'installer vous-même en une journée et l'enlever au besoin, en cas d’infiltration dans la toiture, par exemple. Cela dit, on ne parle pas ici d’un toit vert «extensif». Pas question de planter des arbres. Même les tomates risquent de souffrir en vivant dans ces quelques centimètres de terre. Disons plutôt des plantes tolérantes à tout, comme le sedum. Le prix? Environ 5 $ du pied carré, tout inclus, comme le propose l’entreprise britannique Wallbarn à l’Ecobuild. D’autres, comme l’italienne Pontarolo, ne vendent que les modules de plastique pour environ 1 $ du pied carré. Dans ce dernier cas, le produit est disponible au Canada en contactant l’entreprise. D’autres produits, comme celui de Xero Flor, sont aussi disponibles au pays. Présumons que les quincailleries vont bientôt emboîter le pas pour faciliter la distribution.

Une entrée d'auto en gazon durable
Le problème le plus important d’une entrée d’asphalte: elle ne retient pas l’eau, ce qui engorge inutilement l’usine de traitement municipal. La solution: planter du gazon! Et il existe maintenant des solutions pour éviter que les pneus ne massacrent tout. Au moins trois entreprises à l’Ecobuild proposent des alvéoles de plastiques résistantes aux passages des automobiles. Comme le toit vert, on les vend en modules faciles à installer. Ainsi, le gazon peut pousser à l’intérieur des alvéoles alors que les pneus demeurent en surface. Il s’agit le plus souvent de compacter une quinzaine de centimètres de roches, de fixer les modules entre eux, d’épandre de la terre puis de semer. Encore là, Pontarolo distribue son produit. Il est vendu environ 1,50 $ du pied carré. Trop cher? Plantez du gazon et vivez avec les deux sillons de pneu!

Photo: Emmanuel Cosgrove

«Il existe aussi des pavés de béton dont les formes permettent de planter du gazon autour», précise Emmanuel Cosgrove, certificateur LEED et dirigeant d’Ecohabitation, qui nous a fait parvenir cette photo.

Des auvents qui se déploient tout seul
Il y a deux ans, nous avions été impressionnés par le produit en visitant la maison modèle EcoTerra, en Estrie. Munis de capteurs, ils se ferment automatiquement lorsque la chaleur devient trop intense, diminuant les frais de climatisation si vous n’êtes pas là ou si vous n’avez pas la discipline de faire le tour des fenêtres à chaque fois que votre capteur intérieur vous le commande. Le produit est vendu dans le traditionnel auvent, mais aussi en store horizontal extérieur, utile pour les grandes fenêtres. Le grand frein demeure son prix astronomique: plus de 2 000 $ pour une grande fenêtre de 6X6. C’est du moins le prix qu'affichait l’entreprise britannique Carribean Blinds à l’Ecobuild.

Une autre solution, plus économique: des rideaux intérieurs mieux pensés. À l’Ecobuild, la petite entreprise Thermal Blinds s’apprêtait à commercialiser des rideaux auxquels elle a fait deux ajouts: un écran d’aluminium entre les deux épaisseurs de tissus, mais surtout, un système magnétique qui retient le rideau tout près de la fenêtre, ce qui diminue l’échange d’air chaud et froid. On parle ici de stores sur mesure étant donné qu’ils s’encastrent parfaitement à l’intérerieur du cadre de la fenêtre. Des ajouts qui ont un coût, soit environ 20 $ du pied carré. Et les auvents demeurent une meilleure solution, affirme l’ingénieure Marie-Eve Sirois, directrice de l’organisme Ecobâtiment. «En se fermant de l’extérieur, ils bloquent la chaleur avant qu’elle n’entre.»

Il y a une dizaine d’année, la Grande-Bretagne en a eu marre de construire des maisons en gruyère. C’est là qu’elle a décidé d’édifier une douzaine de maisons-laboratoires dans un quartier modèle que Protégez-Vous a visité. Watford est une ville de 80 000 habitants située à une trentaine de kilomètres de Londres. C’est aussi le site du Building Research Establishment (BRE), qui teste la durabilité des matériaux soumis par les fabricants.

Au début des années 2000, la Grande-Bretagne était encore à des années-lumière en matière de qualité de construction, se souvient Bradley Bernèche, président des Maisons Alouette, un fabricant de maisons usinées situé près de Granby. «Il y a 10 ans, quand nous avons commencé à exporter au Royaume-Uni, les murs des maisons étaient composés de deux épaisseurs de quatre pouces de béton avec deux pouces d’air entre les deux. C’était ça leur isolation!» Pas un drame dans un climat plus tempéré, mais quand même; quand il pleut 8 jours sur 7, le confort passe aussi par une maison mieux isolée!

Au même moment, le pays a resserré ses normes de construction, et les fabricants de maisons britanniques ont dû s’adapter. C’est là que plusieurs d’entre eux ont voulu tester les changements apportés dans de vraies maisons. C’est ainsi qu’est né le Innovation Park du BRE à Watford, où une dizaine de constructeurs ont bâti autant de maisons.

Tout y passe, de la qualité du revêtement extérieur de cuivre ou de fausses briques à la mise en place de murs à la fois étanches à l’air et à l’eau, au réaménagement intérieur pour bâtir davantage en hauteur, etc.

Au Canada, le projet le plus près de celui-ci est EQuilibrium, une initiative de la Société canadienne d’hypothèque et de logements, où 13 maisons très chiches en consommation d’énergie ont été construites à travers le pays. «La grande différence, c’est que l’Innovation Park permet de les visiter toutes en une demi-journée», précise Robert Vandewinkel, un ingénieur québécois qui travaille depuis une vingtaine d’années en Grande-Bretagne et depuis quelques mois pour le BRE.

L’ingénieur québécois Robert Vandewinkel.

D’ailleurs, les groupes d’étudiants, de clients potentiels, de constructeurs et même de classes d’enfants sont nombreux. Au moment de notre visite, une délégation de Québécois, dont des entrepreneurs et des étudiants, visitaient les maisons, impressionnés autant par la technologie des compteurs d’électricité intelligents que par la disposition judicieuse de l’espace des immeubles étroits de trois étages. Par contre, certaines techniques, comme l’isolation à l’uréthane giclé, n’ont pas fait sourciller grand-monde, le procédé étant bien connu et utilisé au Québec. «En matière de construction, le Québec et la Grande-Bretagne ont beaucoup à partager», résume Robert Vandewinkel avant d’aller accueillir la troupe de joyeux lurons.

Photo: Limitless

Un puits de lumière... au sous-sol

On sait que la fibre optique est un conducteur de lumière, mais de cette façon...! Grâce à un petit panneau solaire qui recueille la lumière et aux cinq câbles de fibre optique qui la déplacent, l’entreprise britannique Limitless arrive à ce surprenant résultat. «C’est comme un Solatube sur les stéroïdes!», rigole Emmanuel Cosgrove, fondateur d’Ecohabitation, à qui nous avons demandé de commenter certains produits proposés à l’Ecobuild de Londres. Les early adopters (les utilisateurs de la première heure) vont devoir encore une fois se ruiner pour l’achat de ce nouveau produit. Pour éclairer convenablement une pièce de 500 pieds carrés, ils devront débourser pas moins de 4 500 $. Et ne jetez pas trop vite votre vieil éclairage, car si la lumière peut être éteinte en tout temps, elle ne peut pas toujours être allumée, comme la nuit ou lors de journées nuageuses.


Démarrer le chauffage avec son iPhone
On ne compte plus les applications iPhone utiles et inutiles. Mais celle-ci pourrait permettre d’économiser sans rogner sur son confort. Plusieurs entreprises présentes à l’Ecobuild de Londres proposent de gérer le chauffage grâce une application pour téléphone intelligent, «ce qui est super pour les gens aux horaires très variables. Sinon un thermostat électronique programmable fait le travail», analyse Marie-Ève Sirois, d’Ecobâtiment, qui a aussi regardé ces produits pour nous.

Par exemple, regardez cette interface, proposée par la britannique Telepure. En plus de gérer à distance le système de chauffage, elle permet aussi d'éteindre ou d'allumer le chauffe-eau. Pratique lors de  longues absences, comme pour les arrivées et les départs du chalet. Et pour la maison, on sait qu’à peu près personne n’éteint le chauffe-eau lors de longues absences afin d’éviter le manque d’eau chaude pour quelques heures à l’arrivée.

Cette autre application, proposée par First Utility, permet même de choisir entre plusieurs appareils de la maison, que vous voulez brancher ou débrancher à distance. Pour chacun d'eux, il suffit d’ajouter un gadget électronique sur la prise de courant et de le programmer sur le téléphone intelligent. Ainsi, vous pouvez démarrer le chauffage, allumer des lumières à distance ou les éteindre. Vous verrez la différence de consommation sur le champ puisque le système vous indique à tout moment combien votre maison consomme d’électricité.

Se laver les mains avec l'eau de la toilette
Si le titre peut vous dégoûter, le produit en question, lui, a remporté de nombreux prix de design. Lorsqu'on tire la chasse, la toilette utilise l’eau du remplissage pour le lavage des mains. «Quand on pense qu'on utilise la toilette cinq ou six fois par jour, ça minimise l’impact environnemental», dit Marie-Ève Sirois. Une toilette-lavabo dont la beauté n’a d’égal que le prix, fixé à environ 3 500 $! Certains modèles, moins jolis aux yeux de certains, mais moins chers, sont disponibles au Québec, comme celui fabriqué par Caroma. Vous ne le trouverez pas en quincaillerie, mais plutôt chez certains grossistes en plomberie.

Bien entendu, tout le monde se prétend vert à l’Ecobuild de Londres. Mais disons que le ton de vert varie grandement d’un kiosque à l’autre. Parfois, on a même l’impression que le vert tire diablement sur le brun.

Surtout quand il s’agit de pétrole. Encore plus quand il s’agit de BP, qui a vendu pour environ 300 milliards de dollars de pétrole l’an dernier, sans compter ce que l’entreprise a renversé dans le Golfe du Mexique lors de l’explosion d’une plateforme qui a généré le plus important déversement de pétrole de l’histoire des États-Unis. En plus, sa filiale qui vend des panneaux solaire, BP Solar, ne représente pas 1 % des ventes de l’entreprise. Il n’y a qu’un pas à franchir pour conclure à la simple opération marketing, voire carrément au greenwashing. Emmanuel Cosgrove n’est pas d’accord. «À ce jour, ça demeure la seule pétrolière importante à avoir une véritable division solaire.» En fait, BP Solar est aujourd’hui le 11e producteur de panneaux solaires au monde. Depuis 12 ans, la production annuelle est passée de 32 à 200 mégawatts.

On retrouve à l’Ecobuild un autre important joueur dans l’industrie du pétrole: le gouvernement albertain, qui y a planté un petit kiosque pour inciter les visiteurs à investir dans la province des sables bitumineux. «Vous nous connaissez probablement pour notre secteur de l’énergie très fort, mais nous sommes aussi des leaders mondiaux dans le bâtiment durable», écrivent-ils dans la documentation promotionnelle.

Encore là, une fois qu’on a concédé que la maison verte est une goutte d’eau dans l’océan pétrolier albertain, force est de constater que les efforts sont réels. À la blague, Marie-Ève Sirois compare leur situation à celle d’un client qui s’achète un Hummer hybride pour contribuer à la sauvegarde de la planète. «L’Alberta est capable du meilleur et du pire. Ils ont les sables bitumineux, mais aussi les écoquartiers les plus réussis au pays», ajoute Emmanuel Cosgrove. «Il faut aussi dire que les Albertains ont probablement plus les moyens de leurs ambitions», conclut Mme Sirois.

Nos 10 coups de coeur

Au cours des trois derniers jours, nous avons eu la chance de visiter les 1 300 kiosques de l’Ecobuild de Londres, le plus important salon de l’habitation verte. Voici les produits qui ont le plus attiré notre attention.

 

1. Un toit vert en modules
Assurément l’un des produits les plus populaires de l’Ecobuild. L'idée d'assembler soi-même un toit vert sur la maison est plutôt attrayante. Le coût de 5 $ du pied carré tout inclus (modules, terreau, géotextile et semences) fixé par l’entreprise britannique Wallbarn en rebute plusieurs, mais il y a des façons de baisser la facture: ne verdir qu’une partie du toit ou acheter les modules de plastique chez l'italienne Pontarolo, pour environ 1 $ du pied carré.

 

2. Un bac enfoui pour utiliser l’eau de pluie
Ce n’est certainement pas le produit le plus sexy du salon, mais c’est l’un des plus écologiques, car il permet de diminuer sa consommation d’eau courante d’environ 40 %. On enfouit cet immense réservoir d'eau de pluie de 3 000 litres près de la maison, on y raccorde les gouttières pour qu’il recueille beaucoup d’eau, et on branche le réservoir dans la maison. Le système filtre l'eau correctement pour la lessive et l'arrosage du jardin, mais pas assez pour la rendre potable. Même les fournisseurs du bac le disent: ce produit vendu environ 3 000 $ est plus intéressant pour les consommateurs de Grande-Bretagne, qui paient entre 500 et 1 000 $ par an pour leur eau, que pour ceux du Québec, ou les compteurs d'eau sont rares.

 

3. Gérer le chauffage sur son iPhone
De plus en plus d’utilisateurs prennent un plaisir fou à manipuler leur iPhone. Au point où le téléphone n’est plus la principale fonction de ce jouet. De plus en plus d’entreprises en profitent pour y greffer des applications, dont celle-ci, qui permet de gérer à distance le chauffage de la maison. Pratique pour les gens aux horaires variables qui ne programment pas leur thermostat ou, pire, pour ceux qui ne baissent pas la température de la maison quand ils quittent pour ne pas la retrouver froide au retour.

 

4. Un compteur de consommation dans la maison
Vous avez déjà sursauté en voyant la roulette de votre compteur d’électricité tourner à une vitesse folle? Imaginez si vous placiez ce compteur électronique à l’intérieur de la maison, à un endroit bien en vue, qui vous dirait en temps réel combien vous dépensez d’électricité. Là-dessus, les études sont claires; quand on voit combien on dépense, on fait plus attention. Plusieurs fournisseurs proposent de tels produits à l’Ecobuild. Au Québec, on commence à distribuer certains modèles de compteurs de consommation. Nous y reviendrons.

 

5. Une entrée d'auto en gazon
Le pire défaut d’une entrée d’asphalte: elle ne retient pas l’eau, ce qui engorge inutilement l’usine de traitement municipal. Pour remédier à ce problème, plusieurs exposants de l’Ecobuild proposent des modules alvéolés en plastique résistants au passages des roues d’automobiles. Vous les remplissez de terre, puis vous y plantez du gazon. Le poids de l'auto n'endommage pas les racines, puisque les pneus demeurent en surface, alors que le gazon pousse dans les alvéoles.

 

6. Un mur véritablement végétal
Une plate-bande verticale, y auriez-vous songé?! Des entreprises proposent différentes technologies pour ajouter quelques centimètres de terre près de la façade des maisons. Des produits munis d’un système d’irrigation intégré. Prix: 75 $ du pied carré.


 

Et une moins bonne idée...
De grâce, ne tentez pas de faire pousser une pelouse parfaite sur le mur, comme le propose cette entreprise à l’Ecobuild. Sinon, vous aurez besoin de tout un attirail d’herbicides ou devrez utiliser l’échelle quelques fois par été pour désherber!

 

7. Se laver les mains avec l'eau de la toilette
Il  n'y a pas de grosses économies à faire en se lavant les mains avec l'eau qui ira remplir le réservoir de la toilette, quand on tire la chasse. Mais le système est facile à installer et il ne coûtera pas 3 500 $, comme ce modèle vu à l’Ecobuild. Des modèles moins design sont disponibles au Québec chez les grossistes en plomberie.

 

8. Un panneau solaire en vaporisateur
Cette vitre en partie transparente est en fait un panneau solaire beaucoup plus mince que les panneaux opaques installés sur les toits. L’entreprise britannique Polysolar propose son produit sur des surfaces inusitées, par exemple comme verre pour les puits de lumière ou comme plafond de solarium. La puissance n’est pas encore énorme, mais le principe fait son chemin. D’ici quelques années, le produit pourrait être si mince et transparent qu’on arrivera à en revêtir les fenêtres des gratte-ciel orientées vers le sud, ce qui pourrait décupler l’utilisation de l'énergie solaire.

 

9. Comment récupérer des maillots de bains
Vous vous souvenez du maillot de natation de Speedo qui a fait scandale aux olympiques parce qu’il donnait un avantage indu à ses utilisateurs? Des étudiants en design du collège anglais de Chelsea se sont demandés comment ils pourraient réutiliser tous ces invendus, le produit n’intéressant plus les athlètes depuis son interdiction. Le résultat est plus sympathique qu’écologique: une pergola de bois et de lambeau de tissus! À notre avis, le plus joli kiosque de l’Ecobuild.

 

Photo: Sempatap

 

10. Un mur de finition déroulant

Cette mousse isolante qui se déroule et se pose comme du papier peint remplace le mur de gypse, et isole mieux. Il faut la coller sur une surface dure et uniforme, comme un mur de béton. L'entreprise assure en avoir installé dans un millier de maisons de Grande Bretagne, où bien des demeures ont des murs de ciment, plutôt qu'une structure en bois d'oeuvre. Ainsi, difficile de dire si ce produit a de l’avenir au Québec, mais à 2,50 $ du pied carré, certains pourraient être tentés d’isoler leur garage de béton pour y aménager un atelier de travail.

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On croirait ici que la maison moderne côtoie la traditionnelle. Il n’en est rien. La «vieille» maison de briques est flambant neuve. Et le mur, trois fois plus mince qu'un mur de briques traditionnel, est préfabriqué en usine.

 

Au moment de notre visite, un groupe de Québécois, entrepreneurs et étudiants, visitait les maisons du Innovation Park.

 

Nous n’étions pas seul dans la communauté journalistique. Une petite équipe japonaise filmait au moment de notre visite.



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  • Par Annie Villeneuve
    05 Janvier 2012

    J'adore l'idée des rideau en aluminium avec aimants...fallait y penser!!

     5
  • Par Martine Tessier
    05 Janvier 2012

    J'aimerais avoir plus de details sur votre visite au Salon Ecobuild et en particuler pour l'article 5: une entree d'auto en gazon. Cela nous interesse. Avez-vous un nom de fournisseur? Un site internet? Merci a l'avance.

    journalist
    Par STEPHAN DUSSAULT de Protégez-Vous
    05 Janvier 2012

    Bonjour Madame Tessier,
    Un des détaillants canadiens pour ce type de produit est l'entreprise italienne Pontarolo. Son produit pour les entrées d'auto s'appelle Pratex. Au Salon Ecobuild de Londres, le conseiller de Pontarolo m'a dit que le détaillant pouvait livrer sans problème au Québec même si ses bureaux se trouvaient en Ontario. Pour en savoir plus sur ce produit, rendez-vous sur ce lien:
    http://www.pontarolo.ca/html/pratex.shtml

  • Par HÉLENE PIQUERO
    05 Janvier 2012

    bonjour,il y a que'lque temps,vous aviez donneé un numero de tel.pour eviter les appels des vendeurs importuns, deja juste la conpagnie Novatel m'appelle en moyenne 2 fois par mois,et ce meme si je leur ai daja dit d'arreter de m'importunner,ce qui fait,que j'ai deja assez,merci d'avance

    journalist
    Par JULIE GOBEIL de Protégez-Vous
    05 Janvier 2012

    Bonjour,

    Vous faites sans doute référence à la Liste nationale des numéros de télécommunication exclus. Vous trouverez des renseignements à ce sujet, ainsi que la façon d'y inscrire votre numéro de téléphone, ici: http://www.protegez-vous.ca/les-nouvelles/2008-09/consommateurs-1-telemarketing-0.html