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Des carburants pas si bio

Par Rémi Maillard Mise en ligne : 09 Novembre 2010 Shutterstock

Des carburants pas si bio Shutterstock

Les agrocarburants représentent-ils une voie d’avenir pour préserver la planète? Oui… à certaines conditions.

C'est la réponse d'une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie publiée en France au printemps. «Du champ à la roue», les bioéthanols et biodiesels employés dans l’Hexagone émettent de 24 à 90 % de gaz à effet de serre (GES) de moins que l’essence ou le gazole. Toutefois, «lorsque le développement de cultures utilisées pour la production de biocarburants aboutit, directement ou indirectement, à la disparition de prairies, de zones humides ou de forêts primaires, le bilan de GES des biocarburants peut s’avérer négatif», indique l’analyse du cycle de vie (ACV) menée pour le compte de l’Agence.

Ainsi, le biodiesel de soya émet 75 % de moins de GES qu’un carburant fossile. Mais si on prend en compte l’impact des changements d’affectation des sols, autrement dit qu’on remplace un hectare de forêt tropicale par un hectare de culture de soya, il en émet alors de quatre à cinq fois plus que le gazole. «C’est la preuve que les gains réalisés du côté des énergies fossiles et des gaz à effet de serre ont souvent une contrepartie, par exemple en matière de santé humaine et d’eutrophisation des rivières et des lacs», explique Jean-François Ménard, analyste au Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services, établi à l’École Polytechnique de Montréal.

Malheureusement, ces résultats ne sont pas transposables au Canada, souligne-t-il, «entre autres parce que les rendements agricoles de la betterave, du maïs, du colza ou du blé y sont différents, de même que la quantité d’énergie nécessaire pour produire un mégajoule d’éthano». Cela dit, poursuit Jean-François Ménard, nos gouvernements auraient tout intérêt à suivre l’exemple français et à financer une ACV comparable: «Ce serait l’occasion de lancer un réel débat de société, avec des données spécifiques et aussi précises que possible afin de pouvoir prendre des décisions éclairées»

En attendant l’arrivée, à l’horizon 2020, des biocarburants de deuxième génération, fabriqués notamment à partir de sous-produits de l’industrie du bois (sciure, copeaux, branches, etc.).