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Composter à la maison: mode d'emploi

Par Rémi Maillard

Vous disposez au moins de quelques mètres carrés de gazon ou de terre? C’est largement suffisant pour faire du compostage.

Les Québécois sont parmi les plus gros producteurs de déchets du monde: chaque année, une famille de quatre personnes produit environ 700 kilos de résidus de table et de jardin, soit 40 % du volume total du sac à ordures. Pourtant, sur les quelque 300 000 tonnes de matières organiques générées à Montréal en 2004, moins de 10 % ont été récupérées et compostées. De quoi faire réfléchir quand on sait que l’enfouissement ou l’incinération des déchets de ce type contribue à la contamination des sols, à l’émission de gaz à effet de serre et à la pollution atmosphérique.

Composter chez soi

Faute de collectes organisées à grande échelle, les citoyens sont de plus en plus nombreux à pratiquer le compostage à la maison. «Depuis trois ans, nos ventes de composteurs domestiques ont été multipliées par cinq. La demande est telle que nous ne pouvons satisfaire tout le monde», confirme Carolle Clément, coordonnatrice de l’éco-quartier Villeray, à Montréal. La raison? Faire sa part pour l’environnement en réduisant le volume du sac poubelle, bien sûr. Mais aussi obtenir à faible coût un engrais naturel de haute qualité, idéal pour mettre dans le potager, redonner de la vigueur au gazon ou stimuler la croissance des plantes.

À l’instar de plusieurs arrondissements montréalais, des villes comme Québec, Lévis, Gatineau et Saguenay, entre autres, ont mis sur pied des programmes d’encouragement au compostage domestique, soit en offrant des composteurs à prix réduit, soit en les remboursant en partie s’ils ont été achetés dans le commerce ou en organisant des séances de formation gratuite. Selon que vous habitez un immeuble à logements multiples, un condo ou une maison individuelle, en ville ou à la campagne, il y a différentes façons de faire du compostage. «S’il n’existe pas de système idéal pour tous, il y en a forcément un qui convient le mieux à vos besoins», souligne Lili Michaud, agronome, formatrice en horticulture écologique et auteure du livre Tout sur le compost. Voici comment vous y retrouver.

>> À lire aussi: Mieux et moins consommer, les lecteurs de Protégez-Vous témoignent

Dans la cour ou le jardin

Vous disposez au moins de quelques mètres carrés de gazon ou de terre? C’est largement suffisant pour faire du compostage. On trouve dans les magasins (jardineries, centres de rénovation, quincailleries, etc.) plusieurs modèles en plastique ou en bois de différentes tailles dont les prix varient, grosso modo, de 40 à 250 $ (certains éco-quartiers montréalais en offrent à 25 $ environ).

Bien que la plupart soient vendus à la pièce, les spécialistes considèrent qu’il est préférable d’en posséder deux, voire trois – ou bien un seul, mais à plusieurs compartiments. Avoir au moins deux unités facilite en effet la gestion du compost: pendant que la maturation se poursuit dans l’une, on peut continuer à ajouter de la matière fraîche dans l’autre. Et on peut aussi retourner complètement le compost en le transférant du premier au second contenant, ce qui accélère le processus.

Quel que soit votre choix, placez le composteur à proximité de la cuisine et du jardin pour faciliter le transport des résidus organiques et du compost, de préférence dans un endroit où le sol est bien drainé, abrité du vent, légèrement ombragé et proche d’une arrivée d’eau. Si vous habitez dans une zone résidentielle, assurez-vous que votre installation ne contrevient pas aux normes municipales en matière d’entreposage extérieur, d’odeurs ou de propreté.

Le compostage en tas

C'est probablement la forme de compostage la plus simple, parfaite pour quelqu’un qui possède un grand terrain et a beaucoup de matières organiques à recycler. Les résidus de cuisine et de jardin sont ajoutés à une extrémité et récoltés de l’autre. Pensez néanmoins à protéger le tas des intempéries, par exemple en le recouvrant d’une toile géotextile. De plus, pour des raisons pratiques, sa hauteur ne devrait pas excéder 1 m, et sa largeur 1,5 m. Enfin, informez-vous auprès de votre municipalité avant de vous lancer, car ce type d’accumulation est souvent interdit en ville.

LES TYPES DE COMPOSTEURS

Contrairement aux modèles en plastique, les modèles en bois sont souvent fabriqués par des entreprises d’insertion professionnelle ou des OSBL locaux, par exemple Les Ateliers d’Antoine ou Terres en ville, à Montréal.

Avantages: Ils s’intègrent mieux dans le paysage, représentent un meilleur choix environnemental puisqu’ils finissent par se décomposer et peuvent être facilement réparés en cas de bris.

Inconvénient: Ils risquent de résister moins longtemps. Cela dit, voici quelques trucs pour prolonger leur durée de vie. hoisissez un modèle fabriqué avec des essences de bois résistantes à la décomposition (cèdre, mélèze, bois torréfié, ou encore pruche ou épinette). Traitez-le à l’intérieur et à l’extérieur avec des huiles naturelles (mais évitez peintures et teintures, qui pourraient être toxiques pour les micro-organismes du compost). Avant de l’installer, enfoncez quatre briques à l’endroit où reposeront les coins du composteur. Laissez-les dépasser d’environ un centimètre de façon à l’isoler de l’humidité du sol tout en maintenant le contenu en contact avec la terre. Voici deux modèles représentatifs.

Composteur domestique en bois: ce modèle est fabriqué par le Groupe de simplicité volontaire de Québec (GSVQ). «Il est pratique avec ses grandes ouvertures sur le dessus pour l’alimenter et sur le devant pour récolter le compost, estime Lili Michaud. Son format convient bien aux personnes qui ont un terrain de moyenne grandeur.»
Dimensions: 60 x 60 x 75 cm
Capacité: 283 L
Poids: 25 kg
Matériau: mélèze non traité
Prix: de 60 à 65 $
Renseignements: 418-660-3550 (GSVQ)

Composteur double en bois: un choix intéressant, car un double compartiment permet de mieux gérer le compost, selon Lili Michaud. Son fabricant, Les Ateliers d’Antoine, produit aussi un composteur simple de 227 litres (57 $) pour une personne seule. Les planches de ces modèles sont collées et agrafées, mais certains organismes, dont Terres en ville, en proposent de dimensions différentes, assemblés avec des clous galvanisés.
Dimensions: 91 x 61 x 66 cm
Capacité: 368 L
Poids: 18,1 kg
Matériau: cèdre non traité
Prix: 92 $ (prix du fabricant)
Renseignements: 514-256-5557 (Les Ateliers d’Antoine)
514-759-6994 (Terres en ville)

Composteurs en plastique

Avantages: On les trouve facilement dans le commerce, ils sont rapides à assembler, plus légers et ont une durée de vie plus longue que les composteurs en bois (à condition que le plastique soit de bonne qualité).

Inconvénients: La plupart des modèles ressemblent à une poubelle, sont noirs et difficiles à camoufler sur un petit terrain. En cas de bris, ils ne peuvent guère être réparés et le plastique n’est pas biodégradable. De plus, selon François Gariépy, président de Terres en ville, un organisme sans but lucratif voué à l’aménagement écologique urbain, «la couleur noire capte beaucoup de chaleur, ce qui assèche le compost en train de mûrir et ralentit le processus de décomposition. Donc, il faut ajouter régulièrement de l’eau, une tâche supplémentaire».

Voici trois modèles parmi les plus courants.

Soil Saver (plastique)
«Un peu plus court et trapu que le Garden Gourmet, ce modèle possède une grande ouverture sur le dessus, ce qui est pratique pour brasser le compost, indique Lili Michaud. Cependant, comme il n’est pas évasé, sa récolte doit se faire par la petite porte avant.»
Dimensions: 71 x 71 x 81 cm
Capacité: 340 L
Poids: 13 kg
Prix: de 65 à 90 $
Points de vente: certains éco-quartiers de Montréal, jardineries, certaines quincailleries, etc.

Garden Gourmet (plastique)
Plus étroit que la Machine à terre, il est intéressant pour ceux qui ont peu d’espace. «Par contre, quand vient le temps d’effectuer des brassages pour aérer le compost, c’est un peu moins pratique. En outre, sa forme le rend plus difficile à soulever au moment de la récolte», explique Lili Michaud.
Dimensions: 61 x 61 x 91 cm
Capacité: 311 L
Poids: 12 kg
Prix: de 45 à 60 $
Points de vente: certains éco-quartiers de Montréal, magasins Canadian Tire, Réno Dépôt, Rona, certaines quincailleries, etc.

Machine à terre (plastique)
C’est le modèle le plus répandu au Québec – plus de 100 000 exem­plaires y ont été vendus depuis 1990. Il est pratiquement introuvable dans les magasins, mais on peut se le procurer en passant par l’une des nombreuses municipalités ou MRC qui collaborent avec la firme Nova Envirocom, qui forme entre 15 000 et 20 000 personnes par an au compostage domestique dans la province. «Sa forme de cloche légèrement évasée est intéressante parce que, au moment de récolter le compost, on peut soulever l’appareil sans problème et avoir accès au contenu plus facilement que par la petite porte», commente Lili Michaud.
Dimensions: 84 cm de diamètre à la base, 61 cm pour le couvercle,
86 cm de hauteur
Capacité: 297 L
Poids: 6,2 kg
Prix: variable selon les municipalités (de 30 à 35 $ en moyenne, 25 $ à Montréal)
Renseignements: 1-866-898-6682 (Nova Envirocom)

Les composteurs rotatifs

Toujours en plastique, parfois très design, ils coûtent plus cher qu’un composteur fixe et leur capacité est généralement moindre.

Avantages: D’abord leur mobilité. Et puis on peut faire tourner la machine sur elle-même, ce qui évite d’avoir à mélanger les matières organiques manuellement. Enfin, bien que la durée de compostage dépende de nombreux facteurs tels que l’aération, la température et l’humidité, plusieurs spécialistes affirment que ce système permet d’obtenir un résultat plus vite à condition de retourner l’appareil fréquemment et de respecter un bon dosage entre les résidus riches en carbone (feuilles séchées, céréales, marc de café, etc.) et riches en azote (fruits, légumes, etc.).

Inconvénients: Pour Lili Michaud, cette option présente un inconvénient majeur: «Comme le compost n’est pas en contact avec le sol, les organismes décomposeurs tels que les vers ne peuvent circuler librement. En outre, un composteur rotatif est souvent mal aéré et si on ne le retourne pas au moins trois ou quatre fois par semaine, on risque d’avoir de mauvaises odeurs.» À noter aussi qu’une fois remplis de compost humide, certains modèles sont difficiles à retourner.

Conclusion de Lili Michaud: ce type d’appareil s’adresse surtout aux personnes qui habitent en appartement ou en condo au niveau du rez-de-chaussée et qui ont seulement accès à une terrasse ou à une cour asphaltée.

BluePlanetSmart (rotatif)
Dimensions: 79 cm de diamètre pour la sphère, 68 cm de diamètre pour la base,
88 cm de hauteur (avec les roulettes)
Capacité: 246 L
Capacité de la base: 20 L (pour recueillir le liquide s’écoulant du compost)
Poids: 12 kg
Prix: de 190 à 250 $
Points de vente: jardineries, certaines quincailleries, etc.
Renseignements: 1-877-373-6534 (Rotek Plastic)

Dans un appartement

Ce n'est pas parce que vous vivez en appartement que vous ne pouvez pas faire du compost! Voici quelques solutions pratiques pour ceux qui n'ont pas beaucoup d'espace chez eux.

Le composteur de balcon
Selon Lili Michaud, ce type de composteur est moins pratique et, surtout, moins efficace qu’un modèle sans fond reposant directement sur la terre.

Avantages:

Inconvénients: «Composter uniquement des résidus de cuisine sur le balcon risque d’occasionner des problèmes d’odeur, sans parler du liquide qui pourrait s’écouler chez le voisin du dessous...» C’est un pis-aller, précise-t-elle. «Cela dit, une personne très consciencieuse qui prendrait la peine d’ajouter des matériaux bruns (feuilles séchées, sciure de bois, paille, etc.) peut tout de même tenter l’expérience.»
Dimensions: 61 x 46 x 61 cm
Capacité: 170 L
Poids: 16 kg
Matériau: cèdre non traité
Prix: 67 $ (prix du fabricant)
Points de vente: certains éco-quartiers de Montréal,
Les Ateliers d’Antoine (514-256-5557)

Le vermicompostage
Vous n’avez pas accès au moindre petit bout de terrain? La meilleure solution est le vermicompostage, ou lombricompostage. Autrement dit, ce sont des vers de terre – des vers rouges – qui transformeront vos déchets de table en compost dans un contenant appelé vermicomposteur.

Avantages: ce système est propre et efficace, requiert très peu d’espace et peut fonctionner toute l’année.

Inconvénients: il a une capacité de «recyclage» limitée et la présence de vers dans la maison peut en rebuter certains.

Fabriqué en trois formats par la ferme Pousse-menu, à Montréal, ce modèle est uniquement vendu sur place, livré ou expédié par la poste. Selon Lili Michaud, vous pouvez aussi en fabriquer un vous-même pour une dizaine de dollars seulement (vers non compris).
Dimensions: 60 x 49,5 x 33 cm (modèle de taille moyenne, pour trois ou quatre personnes)
Capacité: 73,5 L
Matériau: plastique
Quantité de vers rouges requise: 454 g
Prix: 155 $ (frais de livraison de 11 $ sur l’île de Montréal)
Renseignements: 514-486-2345

Les autres solutions

Pas besoin d’être un spécialiste pour fabriquer son propre composteur. Vous pouvez par exemple utiliser une simple poubelle dont vous aurez au préalable découpé le fond et percé la paroi de trous d’environ 1 cm de diamètre, espacés de 10 à 15 cm. Les plus bricoleurs peuvent aussi s’en construire un en bois non traité chimiquement (on trouve des plans et des conseils sur Internet et dans les livres spécialisés sur le compostage). Ce composteur artisanal sera aussi efficace qu’un modèle commercial si certaines règles de base sont respectées: pas de fond, des côtés rigides, un couvercle, une bonne aération et un accès sur le devant pour faciliter la récolte. Toutefois, évitez les contenants en métal: en été ils deviennent très chauds et, en plus, ils risquent de rouiller. Il existe des produits qui ne s'apparentent pas aux composteurs «traditionnels». En voici deux:

Les sacs de compostage
«Comme le compost est difficile à mélanger et qu’il n’est pas en contact avec le sol, cela peut générer de mauvaises odeurs. Ce système est donc moins efficace qu’un composteur classique, juge Lili Michaud. De plus, les sacs ne sont vraiment pas esthétiques dans un jardin.»


Les digesteurs domestiques
Extérieurement, ils ressemblent à un composteur en plastique ordinaire, sauf qu’ils ne possèdent pas de système d’aération. Lili Michaud affirme qu’avec ce procédé de compostage anaérobie, c’est-à-dire sans oxygène, le risque est grand d’avoir des problèmes d’odeurs.

Photos: Lili Michaud, Réjean Poudrette, Les Ateliers d'Antoine et iStockphoto

Voici une liste de ce que pouvez composter à domicile:

Pelures de fruits et de légumes

Fruits et légumes abîmés

Pâtes alimentaires, riz, légumineuses, restes de pain

Sachets de thé et de tisane, résidus de café (filtre y compris)

Coquilles d’œufs (concassées)

Papier journal (déchiqueté, encre noire seulement)

Essuie-tout (non blanchis)

Cheveux, ongles, plumes, poils d’animaux

Plantes d’intérieur et leur terre

Résidus de jardin (fleurs fanées, plantes mortes, résidus de taille)

Feuilles mortes

Petites branches déchiquetées, brindilles, aiguilles de conifères

Terre et copeaux de bois

 
Voici maintenant ce que vous ne pouvez pas composter:

Produits laitiers

Os

Viandes, poissons, crustacés, coquillages

Huiles et matières grasses

Feuilles de rhubarbe

Cendres de bois

Contenu du sac d’aspirateur

Mauvaises herbes en graines ou rampantes, plantes malades

Matières traitées aux pesticides et autres produits chimiques

Litière et excréments d’animaux domestiques ou humains

Selon Lili Michaud, agronome et auteure du livre Tout sur le compost (Éditions MultiMondes, 2007), les feuilles de rhubarbe contiennent une substance qui a des propriétés insecticides. Il n’est donc pas recommandé de les mettre au compost, car cela risquerait d’avoir un effet répulsif, voire mortel, sur les organismes responsables de la décomposition, dont certains insectes. En revanche, les tiges de rhubarbe, elles, peuvent être compostées sans problème.

Ressources utiles

Le compostage facilité: guide sur le compostage domestique
Tout sur le compost: le connaître, le faire, l’acheter et l’utiliser, Lili Michaud, éditions MultiMondes, 2007
Les vers: des croyances populaires au lombricompostage, Maurice Dumas, éditions Berger, 1996


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  • Par Valérie Bouchard-Plamondon
    20 Décembre 2012

    J'aimerais savoir qu'est ce que vous penser des composteurs intérieur. Comme par exemple, Naturemill ou encore le système Bakashi.
    Je vis en appartement et je veux faire du compost à l'intérieur, mais le vermicompostage ne m'intéresse pas.

  • Par marguerite Kephart
    30 Mai 2012

    J'habite dans un appartement et voudrais composter. Je suis célibataire. J'ai vu, lorsque j'ai téléchargé(avant d'acheter) la première page de votre série d'articles sur le compostage, une annonce sur un composteur électrique américain de la compagnie Nature Mills. En avez-vous entendu parler et que doit-on en penser? Il coûte environ 300$.

    MErci d'avasnce